Souvent critiquée pour sa faible autonomie ou pour son prix à l’achat, la voiture électrique n’a jamais été aussi convoitée. Alors que le prix du carburant ne cesse d’augmenter, sur les réseaux sociaux les heureux propriétaires de Tesla, Renault Zoé et autres modèles silencieux n’ont pas perdu de temps pour se vanter de leur passage à l’électrique.
Lundi, le gazole a passé la très redoutée barre des 2 euros le litre. En parallèle, le SP95-E10 a augmenté d’environ 15 centimes. Une hausse des prix remarquée dès de début de la guerre en Iran et le blocage du trafic d’hydrocarbures dans le détroit d’Ormuz. Interrogés sur cette situation, les lecteurs de 20 Minutes qui ont fait le choix de l’électrique ne repasseraient au modèle thermique pour rien au monde… ou presque.
Un achat précipité par les crises du carburant
Ce n’est pas la première fois que les usagers subissent cette augmentation à la pompe. En 2022, la barre symbolique des 2 euros avait également été franchie, quelques semaines après le début de la guerre en Ukraine. Romain a sauté le pas cette même année, hanté par le souvenir de ne plus savoir où trouver de l’essence il y a quatre ans. Avec l’électrique, fini la galère des files d’attente à rallonge devant la station-service. Dorénavant, Romain charge sa voiture « directement sur son lieu de travail » ou à son domicile (ce qui n’est pas donné à tout le monde).
Lassé des crises à répétition, Simon a lui aussi laissé tomber son ancien véhicule thermique. Ce changement lui aura valu une flopée de commentaires de la part de ses collègues, aujourd’hui bien embêtés devant le prix du baril. « Eux qui étaient si prompts à me taquiner sur Elon Musk, l’usure de batterie et l’autonomie bien moindre que celle de leur diesel… Je n’ai jamais osé leur dire que je roulais pour moins de 2,5 euros les 100 km ! »
« Souci d’économie »
De son côté Jay a toujours été « partisan » des voitures thermiques, mais par « souci d’économie », il raconte avoir troqué son SUV pour une citadine électrique. « L’économie en carburant payait à elle seule le crédit de la voiture, affirme-t-il. Le thermique, c’est fini. »
Pour cet autre lecteur, il n’y a pas photo. Franck dépense une centaine d’euros par mois pour recharger sa voiture électrique « contre 300 euros de gasoil » pour la même période avec son ancien véhicule. Même constat pour Loïc qui fait régulièrement la comparaison : « le mois dernier j’ai parcouru environ 1.000 km pour un coût d’électricité compris entre 20 et 25 euros grâce à une recharge à domicile en forfait heures creuses. Rapporté au kilomètre, c’est très avantageux ».
Economique, mais pas très pratique ?
Considéré comme un investissement sur le long terme pour beaucoup, le modèle électrique ne semble pas adapté à tous les automobilistes. « Les voitures électriques, c’est super, mais il ne faut pas habiter en milieu rural », rappelle Marie-Claire. La conductrice s’est retrouvée bien embêtée lors d’un trajet de 120 kilomètres, incapable de trouver une borne de recharge alors que niveau de batterie de sa voiture fondait comme neige au soleil. Résultat, « je suis revenue en dépanneuse ». A la suite de cet épisode, elle raconte avoir fait reprendre sa voiture électrique avant de repasser au thermique.
« Je pense que le passage à l’électrique est un choix pertinent à condition d’adapter ses habitudes, reprend Loïc, ce n’est pas une solution uniforme pour tous les Français. Chacun doit pouvoir réfléchir à la pertinence de l’électrique en fonction de ses besoins, de ses usages et de ses possibilités de recharge. »
Notre dossier sur la guerre en Iran
Sujet de réflexion pour les automobilistes, rien ne prouve une réelle hausse de la demande électrique lors des périodes de forte augmentation du carburant, rappelle Yves Carra, porte-parole et directeur général de l’association de défense des automobilistes Mobilité Club France. « On parle d’un achat à plusieurs milliers d’euros. L’électrique, ça s’anticipe. »
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