Le successeur de Khamenei est-il déjà éliminé ?
Dans un geste qui vise autant les symboles que la mécanique du pouvoir, l’armée israélienne a frappé mardi un bâtiment lié à l’Assemblée des experts iranienne, l’instance religieuse et politique chargée de désigner le guide suprême. D’après des responsables israéliens, la cible se trouvait dans la ville sainte de Qom et correspondrait à un ancien bâtiment du Parlement, aujourd’hui utilisé par cette assemblée. L’attaque aurait coïncidé avec une réunion – ou, selon certaines versions, une phase de dépouillement – de l’organe composé de 88 membres. Des médias iraniens ont affirmé que l’édifice avait été « rasé » lors des frappes.
Cette séquence s’inscrit dans la continuité de l’opération baptisée « Lion rugissant », lancée au cours du week-end contre la République islamique. Téhéran a confirmé la mort de l’ayatollah Ali Khamenei lors des premières salves, qui auraient également touché des figures clés de l’appareil sécuritaire et militaire. La disparition du guide, au cœur d’un système fondé sur la continuité institutionnelle, a accéléré l’agenda de l’Assemblée des experts : un de ses membres a assuré que le choix d’un successeur « ne prendra pas longtemps ».
Frapper l’institution au moment où elle est censée assurer la transition revient pourtant à tenter de gripper la transmission du pouvoir. Même si l’ampleur des pertes au sein de l’Assemblée reste floue, le signal est clair : Israël veut perturber la reconstitution de la chaîne de commandement iranienne, au-delà des sites militaires classiques.
Sur le plan opérationnel, l’intensité des raids est présentée comme sans précédent. L’armée israélienne affirme avoir visé environ 600 objectifs et utilisé quelque 2 500 munitions en quelques jours, au terme de plus d’un millier de sorties aériennes. Des frappes ont aussi touché des infrastructures du régime, dont le siège de la radio-télévision d’État à Téhéran. En parallèle, des échanges de tirs avec le Hezbollah au Liban nourrissent la crainte d’une guerre sur deux fronts.
À court terme, la question n’est pas seulement de savoir qui succédera à Khamenei, mais si l’Iran peut organiser cette succession sous le feu, sans fragmentation interne ni escalade régionale.
Jérémie de Jforum.fr
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