Le robot LG redéfinit le foyer

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Le robot LG redéfinit le foyer

L’annonce faite par LG lors du CES 2026 ne se limite pas à une démonstration de confort domestique haut de gamme. La présentation du robot CLOiD marque l’aboutissement d’une stratégie industrielle mûrie depuis plus de dix ans par la Corée du Sud pour s’imposer comme puissance centrale de la robotique de service. Derrière des fonctions spectaculaires, comme le pliage du linge ou la préparation autonome de repas, se dessine une infrastructure technologique capable de remodeler durablement les équilibres énergétiques, industriels et informationnels mondiaux.

La Corée du Sud consacre déjà une part exceptionnelle de sa richesse nationale à la recherche et au développement, dépassant les 10 % du PIB selon plusieurs estimations récentes. Avec CLOiD, cette politique atteint un seuil critique : l’intelligence artificielle ne se limite plus au logiciel ou aux écrans, elle devient physique, intégrée au cœur même de l’espace domestique. Le salon se transforme en micro-usine automatisée, pilotée par des algorithmes capables d’interagir avec un environnement complexe et imprévisible.

L’usine domestique et la maîtrise du silicium
Le robot CLOiD repose sur une architecture matérielle particulièrement avancée. Son aptitude à manipuler des objets souples, comme des vêtements ou des aliments, nécessite une précision inférieure au millimètre. Cette finesse d’exécution est rendue possible par une puce gravée en 3 nanomètres, capable de traiter en temps réel des flux visuels considérables. À cela s’ajoute une maîtrise poussée des micro-moteurs et des actionneurs piézoélectriques, un domaine dans lequel la Corée du Sud et la Chine détiennent aujourd’hui la majorité des brevets mondiaux.

Le contraste avec l’Europe est frappant. Là où le continent européen concentre ses efforts sur la régulation et les cadres éthiques de l’intelligence artificielle, Séoul déploie des machines concrètes, prêtes à saturer l’espace domestique. Chaque unité CLOiD consomme environ 450 watts en phase d’activité intensive. À l’échelle de plusieurs millions de foyers équipés, cette nouvelle demande représente des térawattheures supplémentaires, posant un défi direct aux réseaux électriques et à la sécurité énergétique nationale.

Données domestiques et souveraineté logicielle
L’enjeu central ne réside toutefois pas uniquement dans la puissance matérielle. CLOiD cartographie l’intérieur des habitations grâce à des capteurs LiDAR et à des caméras stéréoscopiques, générant un flux de données pouvant atteindre 2,5 gigabits par seconde. Une grande partie du traitement est effectuée localement, en périphérie, afin de limiter les risques de fuite. Néanmoins, les métadonnées comportementales remontent vers les serveurs du constructeur, alimentant des modèles d’apprentissage toujours plus performants.

Cette accumulation de données confère à la Corée du Sud un avantage stratégique majeur. Elle permet d’affiner des intelligences artificielles comportementales à une vitesse inégalée. Pour les pays européens, l’enjeu est sensible : accepter ces robots dans les foyers revient à déléguer une part de l’autonomie domestique à des systèmes dont le code et l’évolution échappent au contrôle national. En 2026, la puissance d’un État se mesure aussi à sa capacité à refuser ou à encadrer l’installation de technologies qu’il ne maîtrise pas.

Démographie, ressources et puissance industrielle
L’offensive de LG s’inscrit également dans une logique démographique. Confrontée à l’un des taux de fécondité les plus bas au monde, la Corée du Sud automatise les tâches du quotidien pour compenser l’érosion de sa main-d’œuvre. Ce modèle, exportable, devient un levier économique puissant. En diffusant CLOiD à l’international, LG exporte une réponse à la stagnation de la productivité occidentale, tout en verrouillant la chaîne d’approvisionnement des composants robotiques.

Cette domination repose toutefois sur un facteur critique : l’accès aux terres rares nécessaires aux moteurs et aux aimants permanents. Le néodyme et le dysprosium, indispensables aux moteurs brushless, restent majoritairement raffinés en Chine. La robotique de service apparaît ainsi indissociable d’une géopolitique minière tendue, dans laquelle l’Europe demeure largement dépendante.

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