Le régime iranien fissuré par ses propres fuites

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Le régime iranien fissuré par ses propres fuites

Au cœur d’une crise politique et sociale persistante, l’Iran est confronté à un phénomène nouveau : des fuites répétées provenant de responsables du régime vers des médias occidentaux. Ces révélations, jugées crédibles par Institut de la guerre, témoignent d’une dissidence interne croissante et fragilisent le discours officiel des autorités iraniennes.

Selon ce groupe de réflexion américain non partisan, plusieurs responsables iraniens auraient transmis des informations confidentielles sur la gestion des manifestations récentes. Ces fuites contredisent frontalement la version officielle, selon laquelle des groupes terroristes soutenus de l’étranger seraient à l’origine des violences. Au contraire, des sources proches du pouvoir affirment que la répression aurait été directement ordonnée au plus haut niveau de l’État.

Deux responsables informés des décisions du guide suprême Ali Khamenei ont ainsi confié au New York Times que les forces de sécurité avaient reçu l’ordre explicite d’ouvrir le feu sur les manifestants, avec instruction de ne faire preuve « d’aucune pitié ». Ces déclarations remettent en cause la communication officielle adoptée par Téhéran devant la communauté internationale.

Les chiffres avancés par d’autres sources accentuent encore ce décalage. Deux hauts responsables iraniens ont indiqué au magazine TIME que près de 30 000 personnes auraient été tuées lors des événements des 8 et 9 janvier. Ces estimations s’opposent radicalement aux données présentées par l’Iran lors d’une session du Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies, où les autorités évoquaient un bilan d’un peu plus de 3 000 morts.

Cette divergence alimente l’idée, défendue par l’Institut de la guerre, d’une « opération d’information permanente » visant à masquer l’usage de la force létale contre les civils. Des ONG de défense des droits humains ont également dénoncé des pratiques coercitives, affirmant que des familles auraient été contraintes de déclarer leurs proches tués comme membres de la force Basij, milice rattachée aux Gardiens de la révolution islamique.

Sur le plan international, Washington a condamné le cas d’un soldat menacé d’exécution pour avoir refusé de tirer sur des manifestants, estimant que ce refus constituait « le seul choix moral possible ». En parallèle, la question du rétablissement d’Internet révèle des fractures internes au régime. Tandis que certaines factions craignent qu’un retour de la connectivité ne relance la contestation, d’autres redoutent l’impact économique durable de la coupure.

Malgré les promesses de médias proches des Gardiens de la révolution, comme Tasnim, l’ONG NetBlocks a confirmé que l’accès au réseau restait largement restreint, hormis de brèves interruptions. Ces divergences de ligne ont été publiquement démenties par le ministère iranien des Technologies de l’information.

Enfin, les signaux de rupture se multiplient à l’étranger. Le média dissident Iran International a révélé qu’Alireza Jeyrani Hokmabad, haut diplomate iranien à Genève, aurait quitté son poste et envisagerait l’asile en Suisse. Selon plusieurs sources diplomatiques, il ne serait pas un cas isolé : d’autres responsables étudieraient également la possibilité de rompre avec le régime, illustrant l’ampleur des tensions internes qui traversent aujourd’hui l’appareil d’État iranien.

Jérémie de Jforum.fr

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