Le rabbi de Kalov, par. Tsav : apprendre aux enfants à trouver grâce aux yeux de Hachem

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« Aharon et ses fils exécutèrent toutes les choses que l’Éternel leur avait fait enjoindre par Moché. » Et Rachi commente : pour faire leur éloge, en ce qu’ils ne se sont écartés ni à droite ni à gauche (Vayikra 8,36).

Voici la cause principale de la déchéance des jeunes gens à notre époque : leur entourage, qui les pousse à imiter les personnes peu recommandables de la rue, dans le but de leur plaire, et, de ce fait, ils quittent le droit chemin.

Il est donc impératif qu’ils sachent que la volonté de l’homme de plaire aux hommes de la rue vient de l’idée erronée qu’ils sont en mesure de leur venir en aide. Or, tout dépend de Hachem, Créateur et dirigeant de l’univers. Ainsi, le but essentiel de l’homme doit consister à trouver grâce aux yeux de Hachem, car s’il transgresse la volonté divine, il finira par être perdant.

Celui qui vit avec cette conscience mérite de suivre le droit chemin et d’accéder au monde futur, comme il est dit au nom du Ba’al Chem Tov, que son mérite nous protège. Il interprète ce récit de la Guemara (Ta’anit 22a) sur « deux hommes bouffons » qui avaient prétendu avoir accès au monde à venir. En vérité, ils ne prenaient pas en considération l’avis des hommes sur leur service divin, et, de ce fait, ils ont mérité le monde futur.

Avant la sortie d’Égypte et le don de la Tora, Hachem prescrivit aux Bené Israël de prendre un agneau, une divinité égyptienne, et de l’attacher au lit. Nos Maîtres affirment que lorsque les Égyptiens le verraient et les interrogeraient à ce sujet, les Bené Israël répondraient avec audace : « Nous réservons ces agneaux pour les abattre et les offrir en sacrifice pour le Korban Pessa’h (sacrifice pascal), conformément à l’ordre de Hachem. »

Les enfants d’Israël répondirent effectivement de cette façon aux Égyptiens, et ils eurent droit au miracle d’être épargnés de la réaction des Égyptiens. Pour commémorer ce grand miracle, le Chabbath qui précède Pessa’h se nomme « Chabbath Hagadol », comme l’indique le Tour.

Au bout de quatre jours, ils abattirent l’agneau et accomplirent la Mitsva divine de placer du sang sur les linteaux des maisons, bien que ce fût très étrange. Ils ne prirent pas en considération les probables moqueries qui suivraient et ne redoutèrent pas d’être attaqués dans ce sillage.

C’était une préparation en vue du don de la Tora : ils s’étaient habitués et avaient aussi montré à leur famille qu’on ne doit pas tenir compte de l’avis de l’entourage lorsqu’on suit fidèlement les commandements du Créateur. Ils devinrent alors dignes de sortir d’Égypte et de recevoir la Tora dans le but de l’accomplir.

À ce sujet, on raconte qu’un Tsadik eut un jour l’occasion de passer devant un groupe important de soldats qui marchaient avec leurs commandants de manière extraordinairement ordonnée. Pendant un bon moment, il les observa de côté. Il confia ensuite à ses proches qu’il en avait déduit une règle essentielle dans l’avodath Hachem. Il avait remarqué que, pendant toute la durée de la marche, tous les soldats marchaient le dos droit et en ligne droite, et aucun d’entre eux ne se retourna pour regarder à droite ou à gauche, leur visage était tourné vers l’avant, conformément aux lois militaires. Nous devons en tirer la leçon suivante : il nous faut avancer avec l’audace de la sainteté, en suivant la voie qui nous conduit au but : mener à bien la mission qui nous a été confiée par le Roi des rois : devenir des soldats dans ce monde pour pratiquer Ses Mitsvoth. Il nous incombe de ne pas nous tourner de côté, vers des choses ou des personnes qui pourraient nous faire dévier de notre mission sacrée.

Au sujet de l’éducation des enfants, le pilier du judaïsme, il est connu que les enfants apprennent davantage de la conduite de leurs parents que des instructions qu’ils leur adressent verbalement.

C’est le commentaire du verset (Michlé 22,6) : « Donne à l’enfant de bonnes habitudes dès le début de sa carrière », en d’autres termes : l’enfant est élevé selon la voie du père. La nature de l’enfant le pousse à suivre la conduite observée chez son père, et de ce fait : « même avancé en âge, il ne s’en écartera point. »

La Guemara (Soucca 56b) mentionne un récit sur une jeune fille issue d’une famille de Cohanim qui épousa un fonctionnaire grec. Lorsque des Grecs pénétrèrent dans le sanctuaire, elle donna un coup de pied avec sa sandale sur l’autel où l’on effectuait les sacrifices et déclara : « Loup, loup, jusqu’à quand vas-tu consommer l’argent des enfants d’Israël ? » Lorsque les Sages furent informés de son acte, ils punirent sa famille.

Nos Sages affirment que la raison pour laquelle ses parents ont été punis tient à cette idée : « Ce qu’un enfant dit sur la place du marché vient de ses parents. » Elle avait entendu ses parents s’exprimer dans cette veine, en affirmant que l’on perd de l’argent en accomplissant les Mitsvoth, et cela la conduisit à abandonner le droit chemin. Elle dit à l’autel : « Loup, loup », à savoir que tout comme le loup dévore le troupeau et le réduit à néant, il en va de même pour l’autel sur lequel on offre les sacrifices. En effet, ceux qui ne croient pas que tout provient de la Providence de D.ieu, béni soit-Il, pour accomplir les Mitsvoth, estiment qu’offrir des sacrifices revient à gaspiller de la viande animale et à perdre de l’argent inutilement. D’où sa remarque : « Jusqu’à quand vas-tu consommer l’argent d’Israël ? » C’est ce qui la conduisit à abandonner la pratique de toutes les Mitsvoth, étant persuadée de perdre de l’argent par leur pratique. C’est pourquoi elle fut attirée par les Grecs, pensant que le pouvoir de l’argent se trouvait entre leurs mains.

Il est donc impératif pour chaque père de montrer à ses enfants, par sa conduite, qu’il ne cherche pas à plaire aux hommes qui ne sont pas en mesure de l’aider, mais uniquement aux yeux du Créateur et dirigeant de toutes les créatures. Lorsqu’on ancre cette croyance dans le cœur des enfants dès leur enfance, ils sont protégés de toute mauvaise influence.

Nous retrouvons cette idée dans le verset de notre paracha : « Aharon et ses fils exécutèrent toutes les choses que l’Éternel leur avait fait enjoindre par Moché. » Et Rachi commente : pour faire leur éloge, en ce qu’ils ne se sont écartés ni à droite ni à gauche. L’idée est qu’Aharon lui-même servit d’exemple à ses enfants, en ne déviant ni à droite ni à gauche, en cherchant à connaître l’avis des autres. Il mérita ainsi que lui et ses enfants accomplissent toutes les Mitsvoth divines comme il se doit.

Chabbath Chalom !

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