“Quand tu élèveras la tête des enfants d’Israël pour les dénombrer, chacun d’eux paiera à D’ le rachat de sa personne lors du dénombrement, afin qu’il n’y ait point de mortalité parmi eux à cause de cette opération” (Chemoth 30,12).
On raconte qu’un jour, rabbi Akiva Eiger zatsal rendit visite à un malade de sa ville. Il vit qu’il avait contracté une maladie très sévère et fit appeler un médecin de la cour royale afin de tenter de le guérir. Lorsque le médecin examina le patient, il déclara que sa maladie était incurable. Rabbi Eiger lui demanda : “Si l’un des membres de la famille royale contractait cette maladie, aurais-tu aussi affirmé qu’elle est sans remède ?”
Le médecin répondit : “Exact, un membre de la famille royale contracta un jour cette maladie, et, comme je savais que le souverain possède des moyens hors du commun, je lui expliquai qu’il existait un remède très difficile à obtenir : il s’agit de la chair d’une espèce d’oiseau que l’on trouve uniquement dans le désert d’un pays lointain. Le souverain envoya dans ce désert des bataillons entiers de soldats qui se déployèrent dans le désert et, après de nombreux efforts, réussirent à capturer un oiseau de cette espèce. Ils firent cuire sa chair et le donnèrent à manger au malade, qui guérit. Mais comme un homme ordinaire n’a pas accès à cet oiseau, j’ai déterminé que ce malade est incurable.”
Rabbi Akiva rentra chez lui, entra dans sa chambre, et se mit aussitôt à prier : “Mon Père au Ciel, Roi des rois, les enfants d’Israël sont Tes enfants, et de ce fait, nos Sages (Chabbath 111a) affirment que tous les Juifs sont des enfants de rois. L’un de Tes enfants a actuellement besoin d’un oiseau rare qui se trouve dans un désert lointain, de grâce, envoie l’un d’eux ici !”
Notre illustration : une mouette atricille, un oiseau rare – à titre d’image, car nous ne savons évidemment pas de quel oiseau il est question dans cette histoire.
Au bout de quelques minutes, un oiseau de cette espèce fit son apparition sur la fenêtre de la maison du rav Akiva Eiger. Il donna l’ordre de le capturer immédiatement et de donner sa chair au malade, qui bénéficia d’une guérison totale.
Grâce à ce récit, les propos de nos Maîtres s’éclairent : le respect du Chabbath contribue à apporter des délivrances et des guérisons au-delà de la nature. En effet, par le respect du Chabbath, nous indiquons notre croyance et le fait que nous sommes les fils d’un Père au Ciel qui pourvoit à tous nos besoins. À ce titre, le Maître du monde nous a donné le Chabbath, qui ressemble au sceptre du Roi des rois, exclusif au peuple juif. Par ce mérite, Hachem se conduit avec nous comme un père souverain qui agit uniquement dans l’intérêt de son fils.
Il existe à ce sujet de nombreuses histoires sur ce phénomène au fil des époques : par le mérite du respect du saint Chabbath, D’ protège le peuple d’Israël de ses ennemis qui cherchent son mal, de manière exceptionnelle et surnaturelle. Nos Maîtres (Chabbath 118b) expliquent que, lorsque les Bené Israël respectent le Chabbath selon la Halakha, aucune nation ou peuple ne peut les dominer.
Le roi David, dans le Séfer Tehilim (7,3) déclare : “Qu’une armée prenne position contre moi, mon cœur n’éprouve aucune crainte ; que la guerre fasse rage contre moi, même alors je garde ma confiance (Bezoth ani botéa’h).” Les Maîtres expliquent que le Chabbath se nomme “Zoth”, comme il est dit (Yechayahou 56,2) : “Heureux l’homme qui fait cela (Zoth), et le fils d’Adam qui s’y tient fortement ! Heureux qui respecte le Chabbath et ne le profane point !” À ce sujet, le roi David dit : Bezoth ani botéa’h : je suis confiant dans le mérite du respect du Chabbath, grâce auquel les ennemis ne peuvent me causer de tort.
Nos Sages affirment aussi (Chabbath 118b) qu’Amalek vint combattre Israël dans le désert, uniquement parce qu’il se trouvait parmi eux des Bené Israël qui ne respectaient pas le Chabbath selon la Halakha. En effet, s’ils avaient été tous respectueux du Chabbath, cela les aurait protégés, si bien qu’Amalek n’aurait rien pu intenter contre eux.
Il est écrit au sujet de cette guerre avec Amalek (Chemoth 17,11) : “Or, tant que Moché tenait son bras levé, Israël avait le dessus ; lorsqu’il le laissait fléchir, c’est Amalek qui l’emportait”. Nos Maîtres affirment (Roch Hachana 3,8) : “Le bras de Moché peut-il faire la guerre ou la perdre ? Cela vient nous enseigner que, tant que le peuple d’Israël levait les yeux au Ciel et soumettait son cœur à leur Père au Ciel, ils l’emportaient, et, dans le cas contraire, ils perdaient.” Moché Rabbénou leva le bras pour les inciter à lever les yeux au Ciel vers Hachem, à raffermir leur Emouna et à se rapprocher de Hachem, et ainsi, ils eurent droit à une protection supérieure.
De même, nos Sages affirment (Chabbath 119b) : “Jérusalem a été détruite uniquement parce qu’ils profanaient le Chabbath”. Les ouvrages sacrés expliquent que l’existence-même du peuple d’Israël sur sa terre nécessite une guidance miraculeuse et surnaturelle. Car d’après les lois de la nature, comment le peuple juif pourrait tenir parmi toutes les nations qui le détestent, telle une brebis parmi soixante loups ? Or, lorsque le peuple juif respecte le Chabbath, ils renforcent ainsi la croyance que Hachem est le Créateur et le Dirigeant du monde et de la nature et a le pouvoir de modifier celle-ci. Ils méritent ainsi une protection suprême, au-delà des lois de la nature. Ce n’est pas le cas lorsqu’Israël profane le Chabbath et perd cette protection.
Nous trouvons ainsi cette idée exprimée en allusion dans les propos adressés par Hachem à Moché Rabbénou : “Quand tu élèveras la tête des enfants d’Israël” : lorsque tu travailles à redresser la tête du peuple d’Israël qui saura toujours qu’il est issu du Roi des rois, “pour les dénombrer” : en temps de malheur, il faudra employer la méthode suivante : “Chacun d’eux (Venatnou Ich)” : les initiales du terme Ich forment les lettres de : Yichmerou èth Chabtotaï (comme dans Yechayahou 56,4), ce qui signifie qu’ils seront incités à se renforcer dans le respect du Chabbath avec encore plus de vigueur. De cette façon : “ils paieront à D’ le rachat de leur personne lors du dénombrement.” En effet, le Chabbath apporte une expiation des fautes, et alors : “Afin qu’il n’y ait point de mortalité parmi eux à cause de cette opération” : par le mérite du respect du Chabbath, on mérite une protection suprême et une belle et longue vie.
Chabbath Chalom !
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