Paracha Chemoth
Vaincre la jalousie grâce à la Émouna
« Déjà même il s’avance à ta rencontre et à ta vue, il se réjouira dans son cœur » (Chemoth/Exode 4,14)
La jalousie est l’un des traits de caractère qui bannissent l’homme de ce monde, et même de grands Tsadikim peuvent y succomber ; or, avec les Tsadikim, le Maître du monde se conduit très strictement (Yevamoth 121b).
Nous découvrons que Léa Iménou dit à Ra’hel (Beréchith 30,15) : « N’est-ce pas assez que tu te sois emparée de mon époux », alors même que sa sœur Ra’hel lui avait permis d’épouser Ya’akov en faisant preuve d’une grande abnégation, mais la jalousie détruit tout.
De même, Yossef Hatsadik voulait que Ya’akov pose sa main droite sur la tête de son aîné, Menaché, bien qu’il sût par esprit prophétique ce que Ya’akov Avinou exprima, que son jeune frère serait plus grand que lui. En effet, il craignait la jalousie, bien qu’ils fussent tous deux des justes.
De même, les frères de Yossef, qui étaient des Tsadikim, pensaient avoir décelé chez lui des défauts, en raison de la jalousie, et c’est pourquoi ils voulurent le tuer. Mais au final, ils le vendirent. En conséquence, après l’avoir vendu et que leur jalousie disparut, ils se rendirent compte qu’ils avaient fait erreur et ils furent tous brisés, regrettèrent leur acte et œuvrèrent beaucoup pour l’union et l’amour, contre la jalousie, la haine et les honneurs.
Nous le constatons clairement : parfois, certains s’en prennent un à un homme qui s’élève dans la Tora et les Mitsvoth, et cela est dû à une grande jalousie. On connaît à ce sujet les propos du Ba’al Chem Tov, que son mérite nous protège : un homme qui veut commencer à progresser dans sa pratique religieuse, on orchestre du Ciel qu’il soit persécuté et moqué. Il explique que la raison de cette conduite trouve son origine dans la même idée : cet homme effectue un travail sur soi et s’élève plus qu’eux, et, de ce fait, mus par la jalousie, ils s’acharnent à l’importuner.
Le conseil essentiel pour se renforcer contre la jalousie vient de la faculté de la croyance que tout émane du Ciel. Yossef Hatsadik excellait dans cette croyance. Même à dix-sept ans, sa Émouna était solide, et de ce fait, malgré ses souffrances, il déclara : tout ce que Hachem fait est pour le bien.
Il partit en mission pour son père, en se soumettant à la Mitsva de l’honneur rendu au père, même lorsque Gabriel lui dit : « Ils (les frères) se sont départis de tout sentiment de fraternité à ton égard. » Il croyait en effet aux propos de la sainte Tora, qui promet la longévité à celui qui fait honneur à ses parents. Lorsqu’on jeta Yossef dans un puits rempli de serpents et de scorpions, il se renforça dans sa Émouna.
De même, lorsqu’on le vendit, il se fortifia encore dans la croyance que c’était pour son bien. Il se renforça dans toutes les situations tragiques dans lesquelles il se retrouva, à l’instar d’Avraham Avinou.
De la même façon, lorsqu’on le jeta en prison, il se fortifia dans sa situation, et pensa qu’il était désormais dispensé du travail éreintant d’esclave et dispensé de grandes épreuves. Yossef Hatsadik étudia et ne se découragea pas et s’éleva au-delà de la nature.
En conséquence, il dit ensuite à ses frères : « Ne soyez pas irrités contre vous-mêmes de ma vente. » En effet, Hachem, loué soit-Il, l’avait envoyé dans son intérêt, et grâce à lui, tout le monde serait délivré.
De cette façon, Yossef contribua, au début de l’exil en Égypte, à affaiblir la jalousie chez les Bené Israël et à accroître la force de la Émouna, et ainsi, ils méritèrent au final d’être libérés de l’oppression égyptienne.
De même, nous découvrons qu’Aharon Hacohen mérita d’être choisi, parmi toute la tribu de Lévi, pour être assigné au service de la Kehouna, car il s’était consacré toute sa vie à développer la paix et à œuvrer pour l’union, comme l’indique le Zohar Hakadoch (Emor 88a) : « Parle aux Cohanim, fils d’Aharon » : Aharon est le serviteur de tous les Cohanim du monde, et en lui réside le Saint, béni soit-Il, afin d’apporter la paix dans le monde. Et c’est pour cette raison qu’Aharon a été élevé à cette position, car tous les jours, il s’efforçait d’apporter la paix dans le monde.
Aharon Hacohen pratiquait l’amour et poursuivait la paix, et éliminait la haine et la jalousie entre l’homme et son prochain, grâce à la grande Émouna qu’il enseigna aux Bené Israël, comme il est dit (Malakhi 2,7) : « C’est que les lèvres du Cohen doivent conserver le Da’ath (conscience juive) » : il enseigna aux Bené Israël que tous les événements ne proviennent que de Hachem, dans l’intérêt de l’homme. Ainsi, l’homme ne doit pas jalouser son frère, qui possède plus que lui, et il ne faut pas avoir recours à la médisance et à la dissension qui détruisent la vie de l’homme.
C’est pour cette raison qu’on faisait venir le Metsora’ (atteint de la lèpre) chez le Cohen. En effet, nos Maîtres affirment (Erekhin 15b) : ces plaies surviennent suite à la faute des propos interdits, de la médisance et du colportage, etc. qui se trouvent chez les personnes avides ; or, le Cohen enseignait au Metsora’ la voie de la Tora et de la Émouna qui se transmet en héritage chez les Cohanim, descendants d’Aharon Hacohen, grâce à laquelle on accède à l’union.
De ce fait, avant la sortie d’Égypte, lorsque Hachem demanda à Moché Rabbénou de sauver les Bené Israël, il fallait que le moment opportun se présente, grâce à cette vertu extraordinaire. Ensuite, Hachem dit à Moché Rabbénou : « Aharon ton frère sera ton prophète ».
Moché Rabbénou, que la paix soit sur lui, se dit que son frère étant lui-même prophète et dirigeant, même s’il est un grand Tsadik, de manière naturelle, il risque d’être en colère et pointilleux de devoir servir son jeune frère. De ce fait, Hachem, loué soit-Il, le rassura : « Il se réjouira dans son cœur », au contraire, Aharon s’en réjouira.
Et lorsque, en toute sincérité, Aharon renonça à son honneur et partit l’aider dans la joie, la délivrance eut lieu lors de la sortie d’Égypte, à l’encontre de la nature et de la logique, et ils méritèrent la présence de la Chekhina dans le service du Michkan (sanctuaire), et comme l’affirment nos Sages (Chabbath 139a) : « Par le mérite de ‘t’avoir vu et de s’être réjoui dans son cœur’, Aharon mérita de porter le ‘Hochen Hamichpat (pectoral) sur son cœur. »
Chabbath Chalom !
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