Une analyse du système de sécurité révèle l’évolution des prix des cigarettes à Gaza pendant la guerre, sous l’effet des taxes du Hamas et de l’intensification de la contrebande vers la bande de Gaza.
Kol réga’ – Uriel Philip
Une analyse récente menée par les services de sécurité met en lumière les variations dramatiques des prix des cigarettes dans la bande de Gaza depuis le début du conflit. Ces fluctuations sont le résultat direct de la contrebande réussie et des taxes imposées par le ministère de l’Économie du Hamas. Avant la guerre, le prix d’un paquet de cigarettes à Gaza était de 20 NIS, et celui d’une cigarette à l’unité de 2,5 NIS.
L’explosion des prix au début du conflit
Dès le début des hostilités, les prix ont commencé à grimper en raison d’une forte demande, de la fermeture des points de passage et de l’arrêt de l’importation de cigarettes, celles-ci n’étant pas considérées comme de l’aide humanitaire. En décembre 2023, une première hausse a porté le prix du paquet à 70 NIS.
Doron Kadosh (Galatz) rapporte que durant les premiers mois, le volume de contrebande était quasi nul, faisant s’envoler les prix. En avril 2024, un seul paquet atteignait 900 NIS, et une cigarette individuelle se vendait 45 NIS. Une cartouche (10 paquets) coûtait alors 9.000 NIS.
L’impact de la contrebande et du cessez-le-feu
Par la suite, l’introduction progressive de contrebande a commencé à faire baisser les prix. En juillet 2024, la sécurité a observé une baisse modérée : entre 700 NIS pour les marques bon marché et 1 500 NIS pour les plus chères.
Au cours de l’année 2025, avec l’intensification massive de la contrebande, les prix ont chuté, atteignant un plancher après l’accord de cessez-le-feu d’octobre 2025. À cette période, environ 4 200 camions d’aide entraient chaque semaine, favorisant par la même occasion une contrebande à grande échelle. En décembre 2025, le prix du paquet était tombé à 100 NIS (parfois moins) et la cigarette à l’unité oscillait entre 9 et 20 NIS.
Situation actuelle : une nouvelle hausse lucrative pour le Hamas
Ces derniers jours, une nouvelle tendance apparaît : les prix remontent pour atteindre aujourd’hui 400 à 450 NIS le paquet. Selon les estimations, cela est dû aux discussions en Israël sur la répression de la contrebande, ce qui fait craindre une pénurie à Gaza et dope la demande. Parallèlement, des résidents rapportent que le ministère de l’Économie du Hamas impose des taxes colossales aux commerçants, empochant des centaines de shekels sur chaque paquet vendu.
Un enjeu sécuritaire majeur
Doron Kadosh souligne que le Hamas réalise actuellement des bénéfices de plusieurs millions de shekels par mois grâce à ce trafic. Le risque sécuritaire ne provient pas de la nature de la marchandise (qu’il s’agisse de cigarettes, d’oiseaux ou de chaussures de sport), mais de l’enrichissement financier du Hamas. Cet argent est directement réinvesti dans le renforcement des capacités militaires de l’organisation.
Rappel des faits récents : Hier, il a été autorisé à la publication que Bezalel Zini, le frère du chef du Shin Bet, est soupçonné de contrebande de marchandises civiles (uniquement des cigarettes) vers Gaza. La police a déposé une « déclaration du procureur » en vue d’une inculpation prochaine. Dans le cadre de cette même affaire, d’autres suspects sont interrogés pour avoir transféré des marchandises à double usage (pouvant servir au terrorisme).
Le juge Ben Harush a tenu à préciser : « Il est important que le public sache qu’il n’y a eu ni chars ni drones de contrebande, afin de dissiper les rumeurs qui circulent sur les réseaux. »
La source de cet article se trouve sur ce site

