Le nombre de missiles iraniens menace l’équilibre régional
Les inquiétudes sécuritaires montent d’un cran dans le Golfe persique alors que le programme balistique iranien continue de se renforcer, malgré les dégâts subis lors du récent conflit avec Israël. Plusieurs États de la région ont discrètement averti Washington qu’une éventuelle frappe américaine contre l’Iran pourrait entraîner des représailles directes sur leur territoire, mettant en péril des infrastructures stratégiques et des bases militaires accueillant des forces américaines.
Selon des évaluations régionales partagées avec les États-Unis, le dispositif balistique iranien a effectivement été touché durant les combats de juin. Des lanceurs et certaines installations de production auraient été endommagés. Toutefois, ces pertes n’ont pas paralysé l’arsenal iranien. Des éléments clés demeurent pleinement opérationnels, et les capacités affectées ont, pour une large part, déjà été restaurées. Ces constats alimentent les craintes des États du Golfe, qui se considèrent en première ligne en cas d’escalade.
Dans ce contexte, les menaces iraniennes se sont multipliées ces dernières semaines. Téhéran avertit qu’une attaque américaine ne resterait pas sans réponse, et que des pays alliés de Washington dans la région pourraient être ciblés. Cette perspective pèserait lourdement sur les calculs de la Maison-Blanche. La crainte d’une riposte massive et difficilement contenable expliquerait la prudence actuelle des États-Unis, tant sur l’ampleur que sur le calendrier d’une éventuelle action militaire.
Parallèlement, le Pentagone poursuit le déploiement de moyens de défense aérienne supplémentaires dans la région. Cette montée en puissance vise autant à rassurer les alliés qu’à préparer une protection renforcée des forces américaines et d’Israël. Néanmoins, selon plusieurs analyses, les capacités actuelles restent insuffisantes pour contrer une attaque balistique de grande ampleur, notamment si elle est menée de façon coordonnée sur plusieurs fronts.
Un ancien diplomate iranien, aujourd’hui basé en Irak, affirme que depuis la fin de la guerre avec Israël, l’Iran a doublé son rythme de production de missiles. Il évoque également des progrès rapides dans la remise en état des lanceurs endommagés. Certains d’entre eux auraient été déplacés vers des zones montagneuses, où le relief complique leur détection et leur neutralisation. Cette géographie constitue un avantage stratégique majeur pour Téhéran, renforçant la résilience de son dispositif militaire.
Du côté américain, d’anciens responsables de la défense soulignent le déséquilibre croissant entre capacités offensives iraniennes et systèmes défensifs du Golfe. L’Iran disposerait désormais d’un stock de missiles supérieur au nombre total d’intercepteurs déployés par les États de la région. En outre, les dispositifs de défense aérienne du Golfe restent fragmentés, répartis sur de vastes territoires et insuffisamment interconnectés, ce qui limite leur efficacité face à des salves simultanées.
Les analyses techniques indiquent que les frappes israéliennes ont surtout visé les missiles à longue portée, capables d’atteindre des cibles à plus de 1 200 kilomètres. En revanche, les missiles à courte portée, y compris les systèmes navals, seraient restés largement intacts. Des images satellitaires montrent par ailleurs des travaux de réparation sur plusieurs sites industriels iraniens, malgré des dommages parfois sévères. L’évaluation des bases souterraines demeure particulièrement complexe, mais certains indices suggèrent des opérations de déblaiement et de remise en service.
Face à cette menace persistante, plusieurs États du Golfe ont adopté une position prudente. Les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et d’autres partenaires régionaux ont clairement indiqué que leur territoire ne pourrait pas être utilisé comme plateforme pour une attaque contre l’Iran, que ce soit par voie aérienne, maritime ou terrestre. Une prise de distance révélatrice de la crainte d’être entraînés dans un conflit aux conséquences régionales majeures.
Jérémie de Jforum.fr
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