TECH – Des membres du collectif No Azure for Apartheid (NOAA) ont occupé un bâtiment du siège de Microsoft à Redmond dans l’État de Washington le mardi 26 août. Depuis des mois, ce collectif constitué d’anciens et actuels employés exige que le géant de la tech coupe les liens qu’il entretient avec Israël et son armée.
D’après la chaîne CNBC, sept des membres de NOAA sont entrés dans le bureau de Brad Smith, président de Microsoft. Les militants vêtus de keffieh se sont assis, expliquant qu’ils ne partiraient pas tant que Brad Smith « ne serait pas forcé de se confronter aux crimes qu’il rend possibles ». Ils avaient apporté une banderole résumant leurs demandes, telles qu’un appel au cessez-le-feu et la protection des employés manifestant leur soutien envers la Palestine.
« Quand on leur demande de partir et qu’ils refusent, ce n’est pas OK », a affirmé Brad Smith, s’adressant à des journalistes suite à la manifestation.
Ce sit-in a eu lieu moins d’une semaine après l’arrestation d’Anna Hattle, une employée de Microsoft ayant manifesté devant les locaux. Selon la police, les militants sont devenus « agressifs » alors qu’ils tentaient de barricader une esplanade. Le collectif a aussi perturbé plusieurs évènements et conférences de Microsoft cette année. En mai, l’entreprise a de son côté bloqué les e-mails de ses salariés contenant les mots « génocide » ou « Palestine ».
Les liens étroits entre Microsoft et l’armée israélienne
Cela fait des mois que Microsoft s’attire les foudres d’une partie de ses salariés à cause de ses contrats avec Israël, qui assiège la bande de Gaza, dévastée par 23 mois de bombardements et en proie à la famine. D’après une enquête menée en février dernier par AP News, l’armée israélienne s’appuie en effet grandement sur la technologie que lui fournit la multinationale, comme ses outils IA ou Microsoft Azure, une plateforme de cloud, pour mener des frappes et surveiller la population gazaouie.
Une conclusion partagée par le Guardian, qui a enquêté sur le sujet début août. Le journal britannique a démontré que l’unité 8200 des services secrets israéliens utilisait une zone personnalisée de Microsoft Azure pour stocker des millions d’enregistrements d’appels provenant quotidiennement de la bande de Gaza et de Cisjordanie, ce qui est interdit par les conditions d’utilisation de Microsoft. Des sources internes à l’unité 8200 ont confirmé que la plateforme de cloud avait facilité la préparation de bombardements meurtriers, et permis de structurer des opérations militaires israéliennes.
Le géant de la tech a réagi à ces révélations en lançant une enquête externe « urgente », une décision critiquée par le collectif NOAA qui accuse Microsoft de traîner des pieds. L’entreprise maintient que ses dirigeants n’étaient pas au courant de cette utilisation de Microsoft Azure par les services secrets d’Israël. Selon des documents ayant fuité et auxquels le Guardian a pu avoir accès, l’entreprise savait pourtant depuis 2021 que l’unité 8200 prévoyait de déplacer de grands volumes de données confidentielles dans le cloud Azure.
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LE PLUS. Lors d’une réunion au siège de Microsoft à Seattle, fin 2021, l’ancien chef de l’unité 8200, Yossi Sariel, a obtenu le soutien du PDG de Microsoft, Satya Nadella, pour développer une zone personnalisée et isolée au sein d’Azure, facilitant le projet de surveillance massive de l’armée. Selon les sources, Sariel a approché Microsoft parce que l’ampleur des renseignements israéliens sur des millions de personennes (Gaza) était telle qu’il était impossible de les stocker uniquement sur des serveurs militaires. La capacité massive de stockage et de calcul de Microsoft a permis d’atteindre un objectif jugé ambitieux par plusieurs sources israéliennes : stocker « un million d’appels par heure ».
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