L’affaire explosive qui secoue l’appareil sécuritaire
L’affaire révèle une faille majeure au cœur même du dispositif de sécurité israélien. Le parquet de l’État a déposé cette semaine des actes d’accusation contre treize personnes soupçonnées d’avoir participé à un vaste réseau de contrebande de marchandises vers la bande de Gaza, en pleine guerre. Parmi les inculpés figure un nom particulièrement sensible : Bezalel Zini, frère de David Zini, l’actuel chef du service de sécurité intérieure israélien.
Les suspects sont poursuivis pour des chefs d’accusation d’une extrême gravité, dont l’aide à l’ennemi en temps de guerre. Selon le parquet, les prévenus avaient pleinement conscience que les marchandises introduites clandestinement pouvaient parvenir au Hamas. Les enquêteurs estiment même que les accusés considéraient comme « presque certain » que leurs actions contribueraient directement à renforcer l’organisation terroriste engagée dans le conflit contre Israël.
Le dossier met en lumière le rôle précis attribué à Bezalel Zini. Officier de réserve, il commandait alors la « Force Uriah », une unité chargée de la destruction de bâtiments à Gaza. Cette fonction lui donnait un accès opérationnel aux camions et aux points de passage vers l’enclave, notamment celui de Sufa. C’est par l’intermédiaire d’un soldat placé sous ses ordres que Zini aurait été approché par des contrebandiers, avant d’accepter de participer au trafic en échange de pots-de-vin.
Selon l’acte d’accusation, une première opération a permis l’introduction clandestine d’un carton de cigarettes dans Gaza. Les marchandises ont été transférées près du kibboutz Sufa, puis convoyées à travers le point de passage officiel. Pour cette seule transaction, Zini et un complice auraient perçu 30 000 shekels, répartis équitablement. Ce schéma s’est ensuite répété à plus grande échelle.
Les documents judiciaires décrivent une organisation structurée et extrêmement lucrative. Douze opérations de contrebande ont été recensées, dont la majorité ont abouti. Les biens introduits incluaient principalement des cigarettes et des téléphones portables, mais également du matériel électronique et médical. Fin août 2024, une seule opération portant sur 26 cartons de cigarettes aurait généré près de 4 millions de shekels.
Au fil des mois, plusieurs cargaisons de téléphones ont également été acheminées vers Gaza. Des centaines d’iPhones et d’appareils mobiles ont franchi les points de contrôle, parfois accompagnés de matériel destiné à des usages civils en apparence anodins. Chaque opération rapportait plusieurs centaines de milliers de shekels aux participants, les gains étant redistribués selon une hiérarchie bien établie.
Une tentative de contrebande de grande ampleur a toutefois échoué. Les forces de sécurité ont intercepté une cargaison comprenant des batteries, des composants pour systèmes solaires, des pièces automobiles et des équipements domestiques. Cette opération devait elle aussi transiter par Sufa, mais a été stoppée avant son entrée dans la bande de Gaza.
Les faits se sont déroulés à partir de l’été 2024, alors que Gaza était déclarée zone militaire fermée. L’accès y était strictement limité et soumis à des inspections rigoureuses. Selon le parquet, ces marchandises ont contribué à la survie économique du Hamas et ont été utilisées par ses membres, renforçant ainsi ses capacités dans un contexte de guerre prolongée.
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