La Turquie aura des troupes à Gaza

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La Turquie aura des troupes à Gaza

Une coalition internationale se structure pour la stabilisation de Gaza
La dynamique diplomatique autour de Gaza franchit une nouvelle étape. Lors de la réunion inaugurale du Conseil de la paix à Washington, la Turquie a confirmé qu’elle fournirait des troupes à la Force internationale de stabilisation (FSI), rejoignant ainsi plusieurs États déjà engagés dans ce dispositif sécuritaire.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a officialisé la décision d’Ankara devant les représentants de dizaines de pays. Cette annonce intervient alors que la communauté internationale tente de consolider un cessez-le-feu fragile et de créer les conditions d’une sécurité durable dans l’enclave palestinienne.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’était initialement montré très ferme face à l’hypothèse d’un déploiement de troupes turques à Gaza. Les tensions persistantes entre Jérusalem et Ankara, notamment depuis les crises diplomatiques des dernières années et les prises de position du président Recep Tayyip Erdoğan en faveur du Hamas, rendaient cette option politiquement sensible.

Si un feu vert a finalement été donné, il pourrait s’expliquer par plusieurs facteurs : un encadrement strict du mandat des forces turques au sein d’une coalition multinationale, des garanties sécuritaires renforcées pour Israël, et une pression diplomatique exercée par Washington dans le cadre plus large du Conseil de la paix. Dans cette configuration, la présence turque ne serait pas bilatérale, mais intégrée dans un dispositif international où les règles d’engagement et la chaîne de commandement seraient définies collectivement.

Autrement dit, ce qui était jugé inacceptable dans un cadre isolé peut devenir politiquement tolérable dans un mécanisme multilatéral fortement structuré et supervisé.

Le commandant de la FSI, le major-général Jasper Jeffers, a détaillé les premiers engagements concrets. Cinq pays — l’Indonésie, le Maroc, le Kazakhstan, le Kosovo et l’Albanie — ont confirmé l’envoi de contingents militaires. Deux autres États, l’Égypte et la Jordanie, ont accepté de participer à la formation des forces de police locales.

L’Indonésie se distingue par l’ampleur de sa contribution. Son président, Prabowo Subianto, a annoncé le déploiement d’au moins 8 000 soldats au sein de la force internationale. De son côté, le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev a précisé que son pays enverrait non seulement des unités militaires, mais également des équipes médicales, soulignant l’importance de l’assistance humanitaire parallèlement au volet sécuritaire.

La FSI a pour mission principale de garantir la stabilité à Gaza, d’accompagner la démilitarisation progressive et de prévenir toute reprise des hostilités. Son déploiement effectif dépendra toutefois de conditions sécuritaires sur le terrain et d’accords politiques encore en discussion.

Au-delà de l’aspect militaire, le Conseil de la paix a également annoncé des engagements financiers substantiels. Les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et le Koweït ont promis collectivement 3,2 milliards de dollars afin de soutenir l’économie gazaouie et contribuer à la reconstruction. Le vice-Premier ministre émirati, Hamdan bin Mohammed Al Maktoum, a confirmé une contribution de 1,2 milliard de dollars pour son pays, tandis que Riyad et Koweït City ont chacun annoncé un milliard.

Les États-Unis ont, pour leur part, annoncé un engagement financier de 10 milliards de dollars. À ces montants s’ajoute une promesse de 75 millions de dollars formulée par Gianni Infantino, président de la FIFA, destinée à soutenir des projets liés à la jeunesse et aux infrastructures sportives, perçus comme des leviers de stabilité sociale.

Un autre chantier crucial concerne la mise en place d’une police de transition à Gaza. Selon Nickolay Mladenov, haut représentant du Conseil pour Gaza, environ 2 000 Palestiniens ont déjà déposé leur candidature pour intégrer ces forces locales. Cette structure devra travailler en coordination avec la FSI, avec pour objectif d’assurer progressivement la sécurité intérieure.

Cette mobilisation internationale reflète une volonté collective de stabiliser durablement Gaza par une approche combinant sécurité, formation institutionnelle et soutien économique massif. Toutefois, la réussite du dispositif dépendra de la coordination entre les acteurs engagés, de la capacité à maintenir un climat de confiance sur le terrain et de l’évolution des équilibres politiques régionaux dans les semaines à venir.

Jérémie de Jforum.fr

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