La Russie consolide son axe avec Damas
La Russie et la Syrie ont récemment réaffirmé la solidité de leur coopération stratégique lors d’une rencontre à Moscou entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue syrien Ahmed al-Charia. Au cœur des discussions : la situation sécuritaire en Syrie, l’évolution du contrôle territorial du pays et la possibilité d’un renforcement de l’aide militaire russe au Moyen-Orient.
S’exprimant au Kremlin, Vladimir Poutine a salué ce qu’il a qualifié de progression notable du processus de rétablissement de l’intégrité territoriale syrienne. Cette déclaration intervient après plusieurs avancées militaires des forces gouvernementales syriennes, qui ont repris de larges zones précédemment contrôlées par des forces kurdes. Moscou voit dans ces évolutions un signe de stabilisation progressive du pays après plus d’une décennie de conflit.
Ahmed al-Charia, qui effectue sa deuxième visite officielle en Russie depuis son arrivée au pouvoir en 2024, a pour sa part remercié le président russe pour son soutien constant. Il a souligné le rôle joué par Moscou dans la stabilisation de la Syrie et, plus largement, dans l’équilibre sécuritaire régional. La Russie, alliée historique de Damas, demeure un acteur clé sur le plan militaire et diplomatique, notamment à travers sa présence sur les bases syriennes et son appui aux forces gouvernementales.
Cette rencontre intervient dans un contexte diplomatique particulièrement dense. La veille, Ahmed al-Charia s’était entretenu par téléphone avec Donald Trump, signe que la Syrie tente désormais de maintenir un dialogue ouvert avec les grandes puissances, malgré des intérêts souvent divergents. Washington cherche avant tout à préserver un cessez-le-feu fragile dans l’est du pays, une région stratégique marquée par la présence de forces kurdes soutenues par les États-Unis.
Ces forces, regroupées au sein des Forces démocratiques syriennes, jouent depuis plusieurs années un rôle central dans la lutte contre Daech. Appuyées par l’armée américaine depuis 2015, elles contrôlent encore certaines zones sensibles, notamment autour de sites de détention de combattants jihadistes. Les États-Unis supervisent actuellement le transfert de prisonniers affiliés à l’État islamique vers l’Irak, une opération délicate qui nécessite une stabilité sécuritaire minimale sur le terrain.
Dans ce contexte, Moscou et Damas affichent une convergence d’intérêts. Pour la Russie, soutenir le gouvernement syrien permet de consolider son influence au Moyen-Orient et de se positionner comme un acteur incontournable face aux initiatives occidentales. Pour la Syrie, l’appui militaire et politique russe reste essentiel afin de renforcer son autorité sur l’ensemble du territoire national et de limiter l’autonomie des zones échappant encore à son contrôle.
Les discussions ont également porté sur l’avenir de la coopération militaire bilatérale. Sans annonce formelle, les propos tenus laissent entendre que la Russie pourrait accroître son aide logistique et sécuritaire, dans un environnement régional toujours instable. Cette perspective suscite l’attention des États-Unis et de leurs alliés, soucieux d’éviter toute escalade susceptible de remettre en cause les équilibres actuels.
À travers cette séquence diplomatique, la Syrie tente de naviguer entre Moscou et Washington, tandis que la Russie confirme sa volonté de rester un pilier central du jeu moyen-oriental, en misant sur la stabilisation progressive de son allié syrien.
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