La restauration israélienne sous pression
Dans un contexte économique tendu en Israël, marqué par une inflation persistante et une hausse généralisée des prix, la décision de certaines entreprises de ne pas répercuter leurs coûts sur les consommateurs attire l’attention. C’est le choix assumé par Ronen Nimni, propriétaire de la chaîne de restauration Cafe Cafe, qui a récemment expliqué publiquement pourquoi son groupe refusait, pour l’instant, toute augmentation tarifaire, malgré des difficultés croissantes dans le secteur.
Intervenant à la radio israélienne, le dirigeant a dressé un constat sans détour : la restauration traverse une crise profonde, alimentée par l’explosion des coûts d’exploitation et une pénurie aiguë de main-d’œuvre. Selon lui, le manque de personnel est aujourd’hui le principal obstacle au fonctionnement normal des cafés et restaurants. Les rares employés disponibles exigent des salaires élevés, tandis que de nombreux établissements peinent à maintenir leur activité quotidienne.
Cette pression s’ajoute à une hausse spectaculaire des investissements nécessaires pour ouvrir un restaurant. Là où un projet nécessitait il y a une quinzaine d’années un budget relativement maîtrisé, les coûts ont aujourd’hui été multipliés par quatre. Cette évolution a profondément modifié l’équilibre économique du secteur. Les marges bénéficiaires, autrefois confortables, se sont considérablement réduites, rendant la rentabilité incertaine, voire fragile, pour de nombreux exploitants.
Pour faire face à la pénurie de main-d’œuvre locale, Cafe Cafe a eu recours à du personnel étranger, notamment en provenance d’Asie du Sud. Une solution que Ronen Nimni considère comme indispensable mais insuffisamment soutenue par les autorités. Il déplore l’instauration de frais spécifiques imposés à ce secteur, tels que des cotisations annuelles par employé, absentes dans d’autres branches économiques comme l’agriculture ou l’industrie. Selon lui, ces charges supplémentaires aggravent encore une situation déjà délicate.
Le groupe qu’il dirige est pourtant l’un des acteurs majeurs du marché israélien, avec plus de 260 cafés et restaurants répartis sous différentes enseignes. Cafe Cafe, marque phare du groupe, compte à elle seule plusieurs dizaines de succursales à travers le pays. Malgré cette envergure, la chaîne n’échappe pas aux difficultés structurelles qui affectent l’ensemble du secteur.
Un autre facteur mis en avant concerne l’évolution des prix des matières premières et des importations. La baisse significative du dollar aurait pu, en théorie, alléger les coûts pour les restaurateurs. Or, selon Nimni, cette diminution ne se reflète pas dans les tarifs pratiqués par les fournisseurs, qui continuent d’augmenter leurs prix. Cette asymétrie renforce le sentiment d’impasse économique auquel sont confrontés de nombreux professionnels.
Dans ce contexte, la décision de ne pas augmenter les prix relève autant d’un choix stratégique que d’une contrainte sociale. Le dirigeant explique que la clientèle se fait plus rare, les consommateurs hésitant davantage à dépenser dans les cafés et restaurants. Le coût d’un simple café ou d’un petit-déjeuner est désormais perçu comme élevé par une partie de la population, affectant directement la fréquentation.
La pénurie de personnel a également des conséquences sur les horaires d’ouverture. Certains établissements ont réduit leur activité, allant jusqu’à fermer le jour du Shabbat, non pour des raisons religieuses, mais faute d’employés disponibles. Cette situation entraîne mécaniquement une baisse du chiffre d’affaires, accentuant la pression sur les exploitants.
Dans un environnement économique incertain, la position de Cafe Cafe illustre les arbitrages complexes auxquels sont confrontés les restaurateurs israéliens, pris entre la hausse des coûts, la fragilité de la demande et la nécessité de préserver l’accessibilité pour leurs clients.
Jérémie de Jforum.fr
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