Saar en première ligne, Trump hors jeu : même dans une décision problématique, Netanyahu tient le président à l’écart des hostilités.
L’opposition israélienne à la composition du mécanisme de gestion de Gaza s’exprime à un niveau inférieur à Washington, et non directement à la Maison Blanche. Netanyahu choisit de canaliser ses critiques par l’intermédiaire de Gideon Sa’ar et Marco Rubio, évitant ainsi une confrontation directe avec Trump. Cette stratégie témoigne d’une fermeté diplomatique alliée à une prudence politique, tout en préservant un dialogue direct avec le président.
L’annonce du bureau du Premier ministre intervient après que la Maison Blanche a annoncé le passage à la phase 2 de l’opération dans la bande de Gaza, malgré l’opposition israélienne et sans le retour du dernier civil enlevé, Ran Gueli. Cependant, c’est désormais la présence du ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, au sein du Conseil de gestion de Gaza qui a rompu le silence de Netanyahu et provoqué cette vive réaction.
Le cabinet du Premier ministre a réagi ce soir (samedi) à l’annonce de la Maison Blanche concernant la composition du « Conseil de paix », déclarant que « l’annonce de la composition du Comité exécutif de Gaza, subordonné à la Conférence de paix, n’a pas été coordonnée avec Israël et est contraire à sa politique ». Le communiqué ajoute que « le Premier ministre a chargé le ministre des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, de contacter le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, à ce sujet ». Cette
ferme déclaration de Netanyahu intervient après l’annonce faite ce soir par la Maison Blanche concernant le passage à la phase II du plan en 20 points visant à mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza. Ce plan prévoit notamment la mise en place d’un gouvernement technocratique palestinien temporaire, la création d’un conseil international de paix et le déploiement d’une force internationale de stabilisation. Parmi les membres fondateurs du Conseil de paix figurent : le secrétaire d’État Marco Rubio, Steve Witkoff, Jared Kushner, Tony Blair, Mark Rowan, Ajay Banga et Robert Gabriel.
Israël a exprimé de vives réserves quant à la composition du nouveau comité exécutif pour Gaza, du fait de la présence notable du ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan. Israël a clairement fait savoir aux responsables américains que la Turquie n’est pas considérée comme une entité légitime pour administrer la bande de Gaza au lendemain de la guerre, Ankara étant perçue à Jérusalem comme un acteur ayant des liens idéologiques et politiques avec le Hamas, et comme ayant toujours adopté une position hostile à la politique israélienne dans la région.
Selon le plan présenté, le comité exécutif est censé accompagner l’administration civile technocratique à Gaza et l’aider à gérer les processus de reconstruction, de développement et de gouvernance, mais Jérusalem souligne queLa composition de cet organe ne correspond pas aux exigences israéliennes, notamment à l’exigence d’exclusion des pays perçus comme hostiles ou non neutres.
Dans un communiqué du cabinet du Premier ministre, Netanyahu a écrit qu’il avait dépêché le ministre des Affaires étrangères, Saar, pour s’entretenir avec le secrétaire d’État américain, Rubio.Il s’agit d’une tentative de Netanyahu pour éviter d’attaquer directement le président Trump et répondre de manière indirecte et ferme par le biais de son ministère des Affaires étrangères. Et ce, malgré sa position constante selon laquelle il gère directement la relation stratégique avec les États-Unis, notamment sur les questions cruciales concernant Gaza, la sécurité et l’après-guerre.
La réaction cinglante du cabinet du Premier ministre israélien à la composition du « Conseil de paix » pour Gaza apparaît de prime abord comme une confrontation directe avec Washington, mais elle révèle en réalité une tout autre réalité. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu choisit de ne pas s’opposer directement au président américain Donald Trump, mais de faire passer ses critiques par l’intermédiaire du ministre des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, au secrétaire d’État Marco Rubio. Ce choix n’est ni fortuit, ni purement technique.

Au cœur de l’opposition israélienne se trouve la présence du ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, au sein du comité exécutif pour Gaza. À Jérusalem, la Turquie est perçue comme un acteur non neutre, entretenant des liens idéologiques et politiques avec le Hamas et adoptant depuis des années une ligne hostile envers Israël. Du point de vue israélien, la présence turque au sein du mécanisme censé gérer Gaza n’est pas un détail, mais une ligne rouge.
Mais la manière dont Israël choisit d’exprimer son opposition est tout aussi importante que le fond de son propos. Netanyahu ne téléphone pas à Trump, n’affronte pas frontalement la Maison Blanche et ne provoque pas de confrontation publique avec le président américain. Il envoie plutôt Saar s’adresser à ses opposants. Le message est double : l’opposition est claire, mais la confrontation reste à un niveau inférieur.
Netanyahu, qui a pris soin pendant des années de maintenir un dialogue direct et personnel avec le président américain, n’est pas pressé de le rompre. Même face à une mesure qu’il juge problématique, il préfère ménager Trump et choisir une intervention qui permette d’exercer une pression sans pour autant rompre les ponts. Non pas une confrontation frontale, mais une gestion de crise et un moyen de freiner l’initiative par des voies détournées.
Netanyahou n’est pas le perdreau de l’année, et Trump l’apprendra très vite. Ce ne sont pas les Américains qui se sont battus à Gaza, et Gaza restera, d’une manière ou d’une autre, sous contrôle israélien.
Les rêves de promotion immobilière et les affaires en général passeront bien après les intérêts israéliens. Si Trump peut faire pression, les Israéliens ont eux aussi des arguments. L’attaque américaine du 22 juin 2025 n’a été possible que parce que les Israéliens avaient tout déblayé au préalable. Leur seul et unique apport a été le passage des bombardiers furtifs B-2 Spirit du 509e escadron, avec le largage de quatorze bombes pénétrantes GBU-57A/B de 13 tonnes — douze sur l’usine de Fordo et deux sur celle de Natanz — tandis qu’un sous-marin américain, l’USS Georgia (SSGN-729), tirait une trentaine de missiles de croisière Tomahawk. Ces cibles faisaient partie des installations nucléaires les plus sensibles et stratégiques de l’Iran. Tout cela avait été mis au point avec les Israéliens.
Certes, dans un premier temps, l’opposition ne sera pas frontale, mais Israël a un certain nombre d’atouts entre les mains.
JForum.Fr
Similaire
La rédaction de JForum, retirera d’office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.
La source de cet article se trouve sur ce site

