Le Conseil de sécurité a approuvé la proposition inhabituelle promue par Bahreïn au nom des États du Golfe condamnant les attaques iraniennes. La Russie a tenté d’adoucir la démarche et d’empêcher une condamnation explicite de l’Iran, mais s’est abstenue lors du vote, aux côtés de la Chine.
Ma’ariv
Le Conseil de sécurité de l’ONU (notre photo) a adopté ce soir (mercredi) la résolution présentée par Bahreïn au nom des États du Golfe, condamnant les attaques iraniennes contre les pays de la région. La résolution a été adoptée par 13 voix, tandis que la Russie et la Chine se sont abstenues — ce qui constitue un succès diplomatique important pour le camp arabo-occidental qui cherchait à obtenir une condamnation explicite de Téhéran au sein du Conseil de sécurité.
Selon le texte adopté, les attaques menées par l’Iran contre les pays de la région constituent une violation du droit international et une menace pour la paix et la sécurité internationales. Le Conseil a appelé à la cessation immédiate des attaques et des menaces de Téhéran, tout en envoyant également un message clair concernant la liberté de navigation et la sécurité régionale, dans un contexte de tensions sur les routes commerciales et énergétiques dans le Golfe.
La proposition de résolution a également reçu le soutien de 135 États membres de l’ONU, un chiffre exceptionnel destiné à montrer qu’il ne s’agit pas seulement d’une initiative des pays du Golfe, mais d’un effort visant à mobiliser une large majorité internationale contre la conduite iranienne.
Le vote de ce soir a mis fin à une intense bataille diplomatique menée ces derniers jours dans les coulisses de l’ONU. Bahreïn, qui a dirigé l’initiative au nom des États du Conseil de coopération du Golfe (GCC), voulait faire adopter une résolution claire et directe, affirmant explicitement que l’Iran est la partie agresseuse.
À l’inverse, la Russie a tenté de promouvoir un texte alternatif plus modéré qui n’aurait pas attribué de responsabilité directe à Téhéran. Finalement, la proposition bahreïnie a été adoptée, tandis que la proposition russe a échoué : quatre pays l’ont soutenue, deux s’y sont opposés et neuf se sont abstenus.
Avant le vote, l’ambassadeur de Bahreïn avait souligné que le projet de résolution concernait les attaques menées par l’Iran contre Bahreïn, d’autres pays du Golfe et la Jordanie au cours des douze derniers jours. Selon lui, ces attaques ont visé des infrastructures civiles, des zones résidentielles et des installations sensibles, causant des victimes civiles. Il a averti qu’il s’agit d’une escalade dangereuse menaçant non seulement la stabilité régionale mais aussi la sécurité énergétique, les chaînes d’approvisionnement et l’économie mondiale.
Après l’adoption de la résolution, le représentant de Bahreïn a déclaré que celle-ci reflète une position claire de la communauté internationale face aux menaces contre la paix et la sécurité internationales. Il a souligné que la région du Golfe constitue une artère vitale pour l’économie mondiale, et que sa sécurité est une responsabilité internationale partagée. Bahreïn a également réaffirmé le droit des États du Golfe à la légitime défense conformément à l’article 51 de la Charte des Nations unies.
Le Royaume-Uni et la France ont salué la décision, estimant qu’elle envoie un message clair à l’Iran. Londres a déclaré que le Conseil adresse une condamnation ferme des « attaques imprudentes » de Téhéran contre les États du Golfe et la Jordanie, et a souligné que l’Iran doit cesser immédiatement toutes les attaques, menaces et provocations, y compris par l’intermédiaire de ses alliés. Les Britanniques ont également mis en garde contre les menaces pesant sur la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz.
La France a également soutenu le texte avec vigueur, qualifiant la résolution de message puissant adressé à l’Iran et d’« condamnation nécessaire » des attaques indiscriminées contre les voisins de Téhéran. Paris a lié l’escalade militaire au programme nucléaire iranien, à son programme de missiles balistiques et à son soutien aux milices dans la région, affirmant que Téhéran porte une responsabilité majeure dans l’escalade et l’élargissement du conflit.
En Israël, le résultat du vote est considéré comme un succès important dans les efforts visant à isoler diplomatiquement l’Iran. L’ambassadeur israélien à l’ONU, Danny Danon, a déclaré : « L’Iran tire sur les pays de la région par désespoir, car il comprend que le monde commence à voir son véritable visage. Le régime de Téhéran tente d’exporter le terrorisme et la destruction, mais même au Conseil de sécurité la patience face à l’agression iranienne touche à sa fin. »
La Russie a expliqué son abstention en affirmant que la résolution est « très déséquilibrée » et qu’elle ne contribue pas réellement au maintien de la paix et de la sécurité internationales. Selon le représentant russe, il est impossible d’aborder les attaques contre les pays de la région sans mentionner les causes profondes de l’escalade, notamment les actions militaires des États-Unis et d’Israël contre l’Iran.
La Chine s’est également abstenue, estimant que la résolution comporte « le risque de pousser tout le Moyen-Orient vers un abîme dangereux ». Pékin a déclaré que les attaques contre l’Iran menées par les États-Unis et Israël sans mandat du Conseil de sécurité violent les principes de la Charte de l’ONU et qu’une poursuite des opérations militaires ne fera qu’aggraver la situation.
La Chine a appelé à une cessation immédiate des opérations militaires, au retour au dialogue et à la négociation, et à la recherche d’un règlement pacifique du conflit afin de rétablir la paix et la stabilité au Moyen-Orient.
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