Violente, «antifasciste», «antisioniste», alliée des Insoumis : qu’est-ce que la Jeune Garde, accusée d’avoir participé à l’agression de Quentin tué à Lyon ?
Quentin D., jeune nationaliste de 23 ans, est mort samedi 14 février, après avoir été lynché en marge d’une conférence donnée par l’eurodéputée LFI Rima Hassan.
Quentin D., 23 ans, est mort samedi 14 février, a annoncé le parquet de Lyon. Le jeune homme assurait informellement et bénévolement la sécurité d’une action du collectif identitaire et féministe Némésis jeudi devant l’IEP de Lyon où se tenait une conférence de l’eurodéputée insoumise Rima Hassan. «C’était une action organisée par notre antenne lyonnaise, 5 ou 6 filles étaient présentes et des hommes bénévoles s’étaient postés un peu plus loin, prêts à intervenir et à faire le service d’ordre si les militantes étaient prises à partie», a expliqué Alice Cordier, la présidente du collectif, au Figaro .
Les militants nationalistes ont été violemment attaqués par des gens masqués. «À 17h40, une rixe a éclaté entre cinquante individus», confirme une source police. Une source proche du dossier évoque quant à elle une «échauffourée». Quentin D. et un de ses camarades, selon le récit de Némésis, se sont ensuite éparpillés, ont été suivi avant d’être lynchés : «Il a été balayé au sol, son crâne a tapé, puis il a été lynché à coups de pieds. Ses agresseurs étaient cagoulés, armés de gants coqués et de lacrymos, laissant peu de doute sur la préméditation de leur attaque». Les militantes assurent avoir reconnu «un homme du nom de Jacques Elie Favrot, collaborateur du député La France insoumise Raphaël Arnault et membre actif de la Jeune Garde».

La condamnation de la «violence d’extrême-gauche»
Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour «violences aggravées». Rapidement, plusieurs responsables politiques ont dénoncé «la violence de l’extrême gauche». «Le tabassage à mort de Quentin par des militants d’ultragauche est un témoignage horrifiant de l’extrême violence qui règne dans les satellites qui gravitent autour de LFI», a demandé Bruno Retailleau, qui avait prononcé la dissolution de la Jeune Garde le 12 juin 2025, lors de son ministériat à l’Intérieur. Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, a quant à lui souhaité que «la dissolution de ce groupuscule [la Jeune Garde, NDLR] soit enfin effective». «Ce climat de violences doit cesser. Personne ne doit perdre sa vie pour ses idées», a demandé Manuel Bompard, député insoumis de Marseille. «Les personnes responsables de ces violences doivent rendre des comptes dans les plus brefs délais pour que justice soit faite», a souhaité Rima Hassan.
Pour l’heure, aucune déclaration des enquêteurs n’incrimine officiellement la Jeune Garde. Créé en 2018 par Raphaël Arnault, le collectif est coutumier des violences de rues. Il assurait pourtant, dans une vidéo exhumée depuis l’agression de jeudi soir, que «vous ne verrez jamais mais jamais des militants de la Jeune Garde impliqués dans des affaires de violences dans la vie. Nous, on intervient seulement s’il y a des violences de l’extrême-droite».
Pourtant, Raphaël Arnault – élu député Insoumis du Vaucluse en 2024 – a été définitivement condamné en décembre 2025 pour «violences volontaires en réunion». Les faits, selon les informations du Figaro, remontent à février 2022. Un jeune homme de 18 ans avait été pris à partie par un groupe de six individus parmi lesquels se trouvait Raphaël Arnault. Violenté, le jeune homme avait reçu un jour d’incapacité totale de travail. L’élu est par ailleurs visé par plusieurs plaintes pour violences et menaces de morts, et fait l’objet d’une fiche relative à la «sûreté de l’État» émise par le renseignement intérieur.
D’autres membres du groupuscule «antifasciste» sont également dans le viseur de la justice. En 2024, huit d’entre eux – ils seraient 200 – «ont été mis en examen pour violences en réunion ayant entraîné une incapacité supérieure à huit jours dans un moyen de transport collectif de voyageurs en raison de la race, de l’ethnie, de la nation ou de la religion, et placées sous contrôle judiciaire», avait appris Le Figaro auprès du parquet de Paris. En cause, une agression d’un jeune homme de 15 ans dans le métro parisien le 27 mai 2024. Celui a déclaré à la justice «avoir été entouré, approché et interrogé sur son rapport à la Palestine». Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux montre la violence de l’agression. Le jeune homme est insulté traité de «sioniste» et frappé à plusieurs reprises.
«L’enregistrement audio de l’agression avait été diffusé sur le compte Instagram du groupe intitulé ’Jeune Garde’. Les faits se sont déroulés peu après des tensions entre personnes souhaitant assister au meeting de Rima Hassan (alors candidate pour LFI aux élections européennes, NDLR), et des personnes présentées comme de la Ligue de défense juive qui auraient cherché à les en empêcher», précisait le parquet. La Jeune Garde a contesté ses faits, dans un communiqué.
Bruno Retailleau dissout le groupuscule
Ces nombreux faits de violences ont amené le ministère de l’Intérieur, alors dirigé par Bruno Retailleau, à dissoudre le collectif en juin 2025. «Ses provocations répétées à des agissements violents sont très largement suivies d’effet puisque des membres du groupement sont régulièrement impliqués dans des actions particulièrement violentes qu’il assume», expliquait le décret de dissolution. «Le groupement de fait ’La Jeune Garde’ doit être regardé comme provoquant à des agissements contre les personnes et les biens», ajoutait-il.
Sur son compte X, Raphaël Arnault avait annoncé faire appel devant le Conseil d’État. «Ils ont tenté de nous détruire dans la rue, ils s’en souviennent encore. […]Et c’est l’autre peintre de Retailleau qui pense nous éteindre ?», s’interrogeait-il.
La Jeune Garde avait alors reçu un soutien ferme de la part de La France Insoumise et de nombreuses associations proches de l’extrême gauche. Le groupuscule est une «organisation alliée, liée au mouvement insoumis», avait lancé Jean-Luc Mélenchon dans une réunion publique à Auxerre le 30 avril 2025, quelques jours avant sa dissolution. «Demain le 1er mai, j’appelle tous mes camarades Insoumis à se grouper derrière la bannière de la Jeune Garde». «J’en parle avec passion car ce sont mes jeunes camarades». Une photographie, publiée sur le compte Instagram de Raphaël Arnault et de la Jeune Garde à Lyon, montrait également Rima Hassan et le député posant à côté des membres du groupuscule.
Dès sa dissolution, Jean-Luc Mélenchon avait dénoncé un «signal terrible de contresens politique». «J’exprime mes remerciements et mes félicitations aux membres de la Jeune Garde pour leur action productive et courageuse», ajoutait-il. La veille du lynchage de Quentin D., le 11 février, le groupe insoumis à l’Assemblée nationale regrettait par communiqué le «report sine die» de l’audience de recours devant le conseil d’État. «Nous le disons fièrement : la Jeune Garde est essentielle», justifiait le communiqué. «Ces intimidations ne feront taire personne : on ne dissout pas l’antifascisme».
Par ailleurs, le 24 décembre 2025, la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) et le Groupe d’information et de soutien aux immigrés (GISTI) «ont décidé d’intervenir volontairement au soutien du recours en annulation de La Jeune garde», faisaient-elles savoir par communiqué. Elles ont ainsi déposé auprès du conseil d’État une «intervention volontaire en demande» et un référé suspension.
JForum.Fr et le Figaro
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