La visite d’État du Premier ministre indien, Narendra Modi, a donné lieu ce soir à des scènes inhabituelles à la Knesset. Parallèlement aux discours diplomatiques, un événement humiliant s’est déroulé sur les bancs de l’assemblée, mêlant protestation de l’opposition et démonstration d’indépendance de la part de Benny Gantz.
JDN
Le boycott : une question de protocole judiciaire
La contestation des membres de l’opposition n’a pas attendu que le Premier ministre monte à la tribune. Dès que le président de la Knesset a ouvert la séance par ses mots de bienvenue, de nombreux députés ont commencé à quitter la salle. Ce spectacle de députés sortants contrastait vivement avec l’atmosphère solennelle des bancs de la coalition.
La raison de ce boycott réside dans la décision du président de la Knesset, Amir Ohana, de ne pas inviter le juge Yitzhak Amit à la séance. Le parti « Yesh Atid » a qualifié cette démarche de « décision méprisante » et contraire à tous les usages, excluant le président de la Cour suprême. En conséquence, l’opposition a décidé de quitter la salle de manière groupée pendant les discours du président de la Knesset et du Premier ministre.
Benny Gantz : une position « entre-deux »
L’un des faits les plus marquants de la journée a été l’attitude du député Benny Gantz et de son parti, Bleu et Blanc. Alors que la majorité de l’opposition désertait les bancs, Gantz a choisi de rester. Il a été aperçu assis parmi les anciens députés invités pour honorer l’événement et combler les sièges vides laissés par l’opposition.
Cette présence a suscité de nombreuses rumeurs dans les couloirs de la Knesset. Toutefois, des sources politiques ont précisé que ce geste visait à signaler sa position actuelle : Gantz a voulu montrer qu’il n’appartient à « aucun camp » — refusant de s’associer au boycott de Yair Lapid sans pour autant s’identifier à la coalition.
Le retour pour Narendra Modi
Malgré leur départ prématuré, les membres de l’opposition ont veillé à reprendre leurs places au moment précis où Narendra Modi est monté à la tribune. L’objectif était de respecter l’alliance stratégique et d’exprimer leur estime envers un dirigeant qui s’est tenu aux côtés d’Israël.
Modi, de son côté, n’a pas déçu l’auditoire. Il a loué Israël comme une « puissance d’innovation » et a qualifié les capacités agricoles du pays dans le désert de « miracle inspirant ». Il a conclu son discours par un geste émouvant en lançant en hébreu : « ‘Am Israël Haï ! » (Le peuple d’Israël vit !), un appel qui a déclenché des acclamations sur tous les bancs de la Chambre.
Conclusion
Alors que Modi évoquait un « accord de libre-échange ambitieux » destiné à ouvrir un potentiel immense pour les deux nations, les titres en Israël se sont concentrés sur les manœuvres de sortie et de retour des députés. En fin de compte, l’esprit d’État a été maintenu de justesse, le lien avec l’Inde ne l’emportant sur les querelles internes qu’au moment où l’invité étranger occupait le centre de la scène.
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