l’« État de Palestine » existe au point de passage de Rafah

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l’« État de Palestine » existe au point de passage de Rafah

Une controverse sensible a récemment émergé au sein de l’exécutif israélien autour du fonctionnement du point de passage de Rafah. Lors d’une réunion gouvernementale, le chef du Shin Bet a confirmé une information jusqu’alors non assumée publiquement : les Palestiniens transitant par Rafah voient leurs passeports tamponnés avec la mention « État de Palestine », à l’aide de cachets officiels relevant de l’Autorité palestinienne. Cette révélation a ravivé de profondes tensions politiques, notamment au sein de la coalition de droite au pouvoir.

Selon plusieurs éléments rapportés dans la presse israélienne, la ministre des Missions nationales Orit Struk avait exprimé des soupçons précis quant à l’utilisation de symboles étatiques palestiniens au passage de Rafah. Elle a exigé des éclaircissements lors d’une réunion du cabinet. Le chef du Shin Bet, David Zini, a alors confirmé que ces pratiques étaient bien effectives. Aucune confirmation officielle n’a toutefois été fournie par les services de communication de l’agence de sécurité, qui ont refusé tout commentaire public.

Cette situation place le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans une position délicate. Le chef du gouvernement a, à plusieurs reprises, affirmé son opposition catégorique à toute implication de l’Autorité palestinienne dans la gestion future de la bande de Gaza. L’apparition de symboles évoquant une reconnaissance étatique palestinienne, même indirecte, entre donc en contradiction avec la ligne politique officiellement défendue auprès de ses partenaires de coalition.

Depuis la réouverture partielle du point de passage de Rafah, Israël continue de refuser l’entrée à Gaza d’un « gouvernement technocratique » palestinien. Pourtant, la composition de cette structure administrative aurait été coordonnée en amont avec les services de sécurité israéliens, y compris le Shin Bet. Cette approche paradoxale nourrit les critiques de ceux qui estiment que l’absence d’une alternative civile crédible favorise, de facto, le maintien du Hamas comme acteur dominant sur le terrain.

La question des symboles n’est pas nouvelle dans ce contexte. Lorsque le gouvernement technocratique pressenti a dévoilé un logo officiel reprenant les armoiries traditionnelles de l’Autorité palestinienne, avec l’emblématique « aigle de Saladin », une vive polémique a éclaté en Israël. Benjamin Netanyahu avait alors déclaré que des engagements lui avaient été donnés quant à l’utilisation d’un symbole différent, jugé moins chargé politiquement.

Au-delà de l’aspect symbolique, des interrogations plus concrètes subsistent. Lors d’une réunion du cabinet, le ministre Ze’ev Elkin s’est notamment interrogé sur le financement des salaires des gardes-frontières palestiniens opérant à Rafah. La question de l’origine de ces fonds, qu’ils proviennent d’instances palestiniennes, de soutiens internationaux ou de mécanismes indirects, reste floue. Aucun élément public ne permet de savoir si une réponse précise a été apportée à cette préoccupation.

L’ensemble de ces éléments met en lumière la complexité de la situation à Rafah, où décisions sécuritaires, symboles politiques et équilibres diplomatiques s’entremêlent. Le simple usage d’un tampon administratif y prend une portée stratégique, révélant les ambiguïtés persistantes autour de la gouvernance de Gaza et du statut politique palestinien.

Jérémie de Jforum.fr

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