Khamenei ordonne l’usage de la force contre les manifestants – et reçoit une réaction inattendue de la scène internationale

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Septième nuit consécutive de protestations en Iran : manifestations dans 174 foyers répartis sur 60 villes. Au moins 16 morts, des centaines d’arrestations et usage de munitions réelles. Le Guide suprême exige une répression ferme, mais les critiques dépassent les frontières.

David Fochtanger

La contestation civile en Iran est entrée cette nuit (de samedi à dimanche) dans son septième jour consécutif, en s’élargissant tant par son ampleur que par son intensité. Selon des organisations de défense des droits humains et des sources locales, des manifestations ont été signalées dans 174 points différents, dans 60 villes, réparties sur 25 provinces du pays. Le bilan des affrontements est monté à 16 morts15 manifestants et un membre des forces de sécurité — auxquels s’ajoutent des centaines d’arrestations et de blessés.

D’après les données disponibles, au moins 582 personnes ont été arrêtées depuis le début du mouvement, dont de nombreux mineurs, et 44 autres ont été blessées par des tirs à balles réelles ou de balles en caoutchouc. Des témoignages font état d’un durcissement des méthodes de répression des forces de sécurité : usage massif de gaz lacrymogène, coups de matraque, tirs directs contre les manifestants et raids nocturnes aux domiciles d’activistes.

La ville de Malekshahi, dans la province d’Ilam au sud-ouest de l’Iran, est devenue à ce stade la scène la plus meurtrière. Les forces de sécurité y ont ouvert le feu à balles réelles sur les manifestants, causant plusieurs morts et blessés. L’agence Fars, proche des Gardiens de la révolution, a confirmé la mort de trois personnes dans la ville. Des sources locales font état d’une surcharge inhabituelle des hôpitaux et d’une grave pénurie de poches de sang.

Des affrontements violents ont également été signalés à Shiraz, Mashhad et Téhéran, où des passages à tabac de civils par les forces de sécurité et un usage massif de moyens de dispersion ont été documentés. Parallèlement, des slogans hostiles au régime et au Guide suprême ont retenti jusque dans des quartiers centraux de la capitale.

Dans ce contexte d’escalade, le guide suprême iranien Ali Khamenei a publié un message virulent qualifiant les manifestants de « fauteurs de troubles » et appelant à une répression résolue du mouvement. Dans un message publié sur le réseau X, Khamenei a écrit que « l’Iran ne se soumettra pas à ses ennemis ». Fait inhabituel, ce message a suscité une réaction publique d’Elon Musk, qui lui a répondu brièvement : « Dans tes rêves. »

Le président iranien Massoud Pezeshkian a tenté d’atténuer les critiques en accusant des acteurs étrangers d’attiser l’instabilité, tandis que d’autres voix se sont fait entendre au sein même de l’establishment. Le député iranien Ahmad Naderi a reconnu que l’inflation galopante, l’effondrement de la monnaie et l’incertitude économique constituent les principales causes de la colère populaire.

Sur le terrain, la protestation ne se limite pas aux manifestations. Des grèves étendues ont été signalées parmi les commerçants du Grand Bazar de Téhéran et dans d’autres villes, ainsi que l’adhésion d’étudiants et d’universitaires. Des étudiants en art à Téhéran ont publié une déclaration publique de soutien au mouvement, et à l’université de Shiraz, une affiche à l’effigie de Qassem Soleimani, figure emblématique du régime, a été incendiée.

Le prince en exil Reza Pahlavi a appelé les manifestants à bloquer des axes majeurs afin de perturber les mouvements des forces de répression, saluant le « courage exceptionnel » des jeunes dans les rues. Selon lui, le régime perd progressivement le contrôle et la contestation a franchi un point de non-retour.

Parmi les victimes identifiées ces derniers jours figurent Amirhossein Bayati, un jeune marié abattu à Hamedan ; Sajad Valamanesh, 20 ans, tué à Lordegan ; et Ahmadreza Amani, avocat stagiaire, mort à Azna. Les familles des victimes rapportent de fortes pressions des autorités, qui retardent la restitution des corps et exigent d’attribuer les décès à une « violence interne des manifestants ».

La communauté internationale commence à réagir. L’Union européenne et l’Allemagne ont exprimé leur profonde inquiétude face à l’ampleur des violences, appelé les autorités iraniennes à la retenue et souligné la nécessité de respecter les droits humains et la liberté d’expression, tandis qu’à Téhéran on se prépare déjà à d’autres nuits d’affrontements.

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2 Commentaires

  1. L’Union européenne et l’Allemagne ont exprimé leur profonde inquiétude ! risible. si elles pensent que Khomeini va en etre impressionné c’est qu’elles croient aux conte de fées

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