Joshua Zarka, l’ambassadeur d’Israël en France, était l’invité de « Tout est politique » samedi 7 mars sur franceinfo. Il a répondu aux questions de Jeanne Baron sur la deuxième phase lancée par Israël dans la guerre en Iran.
Jeanne Baron : Pourquoi est-ce que la diplomatie est une diplomatie qui échoue aujourd’hui, malgré l’humain, malgré nous, malgré vous, malgré ce monde dans lequel nous vivons ?
Joshua Zarka : Pour que la diplomatie réussisse, il faut que les deux côtés acceptent l’idée d’une solution qui permet aux deux côtés d’avoir quelque chose. Les Iraniens ont défini notre destruction comme leur but. Pour eux, l’idée même d’accepter notre vie, l’existence de l’État d’Israël, n’est pas acceptable. Quand des négociations diplomatiques avaient lieu, le petit-fils de Khamenei a annoncé que, quoi qu’il arrive, le régime islamique iranien n’acceptera jamais la présence d’Israël au Moyen-Orient. La diplomatie ne peut pas réussir quand l’un des côtés dit ce genre de choses.
Laurent Joffrin : Pour comprendre la guerre d’aujourd’hui, il y avait une négociation diplomatique autour du sujet du nucléaire. Il y avait un certain nombre de diplomates et d’experts qui disaient qu’on avait réussi à obtenir de l’Iran qu’il ralentisse son programme et qu’on en avait pour dix ans de tranquillité relative.
Dans le dernier tour de négociation, il était clair que les Iraniens n’acceptaient pas. Il n’y avait pas de zone d’accord possible entre les deux côtés sur le nucléaire. Le minimum demandé par Donald Trump était très loin du maximum que pouvaient donner les Iraniens. Pour les Iraniens, ils voulaient avoir des capacités d’enrichissement et ce qu’on appelle la possibilité d’arriver à la bombe relativement rapidement s’ils le voulaient. Pour les Américains et pour nous, il faut le dire aussi, c’était totalement inacceptable. L’idée que l’Iran puisse aujourd’hui, dans cinq ans, dans dix ans, dans quinze ans, développer une bombe nucléaire sans qu’on puisse l’arrêter est totalement inacceptable, parce que nous avons affaire à un régime qui dit d’une façon très claire qu’il veut notre destruction et qui développe la possibilité de le faire.
L’intérêt de la négociation, c’est qu’il y avait des visites prévues, une surveillance…
D’abord, il est assez clair que nous avons une très bonne compréhension de ce qui se passe à l’intérieur de l’Iran grâce à nos renseignements. C’est vrai que s’il y avait une solution, dans le cadre de cette solution, il y aurait aussi une vérification.
Si on a du mal à saisir la stratégie et les buts de guerre américains, les Israéliens ont évoqué un passage vers une seconde phase de la guerre. Alors, on sait que c’est très difficile, en tant que diplomate, de révéler la seconde phase de la guerre. Mais qu’est-ce que vous pouvez nous dire sur cette phase qui devrait durer et qui est, pour les Israéliens, une phase encore ciblée ? Qu’est-ce que dit Tsahal concernant cette seconde phase ? À quoi est-ce qu’on doit s’attendre ?
Ça a commencé aujourd’hui. Nous avons attaqué aujourd’hui un centre de production d’armes. La deuxième phase, ce sont les centres de production d’unités qui sont liés au programme nucléaire. Il y a deux aspects. D’abord, attaquer les capacités de production d’armes du régime iranien, et deuxièmement, aussi continuer d’affaiblir le régime. Donc, que ce soit des personnes qui sont liées à la direction du régime, des têtes pensantes, des preneurs de décisions, des membres de l’armée, des Gardiens de la Révolution, des bases des Gardiens de la Révolution, afin que la population puisse sentir cette liberté que nous essayons de leur créer.
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