Pour cibler ses bombardements et ses tirs de missiles, l’armée israélienne s’appuie sur des données météorologiques européennes.
Les armées utilisent en effet les données météorologiques pour programmer les vols d’hélicoptères et d’avions, calculer les trajectoires de missiles, planifier les déplacements des troupes au sol, etc. « Pour l’armée israélienne, comme pour toutes les armées dans le monde, ces données et ces précisions sont indispensables pour mener des opérations militaires », analyse le prévisionniste et secrétaire de la CGT.
Le Centre interarmées de soutien météo-océanographique des forces (CISMF), installé au Météopole de Toulouse : « La météorologie est un facteur d’une importance capitale dans la planification de toute mission militaire, quel que soit le domaine. La prévision des conditions météorologiques concourt à la réussite et la sécurité des opérations à tous les niveaux. »
Au Météopole de Toulouse — le premier campus européen de météorologie et le cœur opérationnel de Météo-France —, les services météorologiques israéliens sont « considérés comme des services européens ». « L’IMS [Israel Meteorological Service] a des partenariats avec le Centre européen de prévisions météorologiques à moyen terme [ECMWF] et le réseau de services météo européen Eumetnet ».
Pour prévoir le temps à venir, les services doivent connaître la météo en temps réel, partout sur la planète. Ces données brutes sont ensuite intégrées à un supercalculateur qui leur permet d’obtenir des prévisions précises. Ces infrastructures, prisées par les puissances mondiales, sont rares, souligne le prévisionniste : « Il n’existe pas beaucoup de supercalculateurs météorologiques dans le monde, et de nombreux pays n’en sont pas dotés — c’est le cas d’Israël. Ces pays comptent sur la coopération européenne pour avoir accès aux prévisions issues de ces supercalculateurs. Israël a notamment accès aux données du supercalculateur européen de l’ECMWF. »
La France est un poids lourd européen dans ce domaine, avec deux supercalculateurs situés sur le site de Météo-France à Toulouse. Ils sont classés parmi les 500 plus puissants au monde.
La météorologie a aussi son importance pour l’emploi de certaines armes. « Les conditions atmosphériques (vent, température, humidité, pression…) ont un impact direct sur la trajectoire des projectiles d’artillerie et de l’armement de précision. Les spécialistes du tir doivent intégrer ces paramètres pour calculer les corrections nécessaires ».
Si en France les services de météorologie civile et militaire sont séparés, ce n’est pas le cas dans tous les pays. « En Israël, par exemple, les prévisions de l’IMS servent directement à Tsahal », résume Clément Testa.
La suspension des partenariats et de l’accès aux données du supercalculateur compliquerait certaines opérations militaires menées par Israël. « Ils perdraient en précision de tir pour leurs frappes aériennes. Pour tirer des missiles à plus de 250 km, comme cela a été le cas en Iran, l’État hébreu a besoin de données météorologiques extrêmement précises, assure-t-il. S’ils n’avaient plus accès aux modèles de prévision européens, ils seraient dans l’obligation d’activer en urgence un nouveau partenariat dans ce domaine — avec les États-Unis, par exemple. »
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