Israël étudie une prison entourée de crocodiles
L’idée avait d’abord fait sourire, puis réagir. Elle s’installe désormais dans le champ du possible. En Israël, un projet de prison de très haute sécurité entourée de bassins de crocodiles est passé du slogan politique à l’étude de faisabilité. À l’origine de cette proposition atypique, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, connu pour ses positions fermes en matière d’ordre public et de dissuasion pénale.
Il y a deux semaines, les services pénitentiaires israéliens ont confirmé réfléchir sérieusement à la création d’un établissement carcéral exceptionnellement sécurisé, utilisant des obstacles naturels pour empêcher toute tentative d’évasion. L’objectif affiché est clair : renforcer la dissuasion face aux détenus considérés comme les plus dangereux, tout en limitant le recours à des dispositifs technologiques coûteux ou à une présence humaine accrue.
Cette semaine marque une étape concrète. Des responsables de l’administration pénitentiaire ont effectué une visite d’étude à Hamat Gader, un site thermal réputé situé près de la frontière jordanienne. Outre ses sources chaudes, le lieu abrite une ferme de crocodiles bien connue du public et des spécialistes animaliers. Ce déplacement sur le terrain confirme que le projet dépasse désormais le stade de l’annonce politique ou de la provocation médiatique.
Hamat Gader figure parmi les emplacements potentiels précisément en raison de ses infrastructures existantes. La présence de bassins adaptés, l’expérience locale dans l’entretien des reptiles et la topographie relativement isolée du site en font un candidat crédible. Les responsables pénitentiaires cherchent à évaluer plusieurs paramètres : la sécurité du périmètre, la compatibilité avec les normes carcérales, les coûts d’entretien des animaux et la faisabilité à long terme d’un tel dispositif.
Sur le plan opérationnel, le recours à des crocodiles comme barrière dissuasive soulève de nombreuses questions. Les experts consultés évoquent la nécessité de garantir le bien-être animal, d’assurer une surveillance vétérinaire constante et de prévenir tout risque pour le personnel pénitentiaire. L’aspect juridique est également central : l’intégration d’animaux potentiellement dangereux dans un dispositif de détention devra respecter à la fois le droit israélien et les engagements internationaux en matière de traitement des détenus.
À l’étranger, le projet suscite déjà curiosité et scepticisme. Certains observateurs rappellent que des prisons entourées d’obstacles naturels — zones marécageuses, forêts denses ou déserts — existent depuis longtemps dans le monde. Toutefois, l’utilisation assumée de crocodiles comme élément central de dissuasion reste rare et symboliquement forte. Les organisations de défense des droits humains, sans condamner officiellement le projet à ce stade, surveillent de près son évolution et ses implications pratiques.
Du côté du gouvernement, les soutiens du ministre estiment que cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de fermeté pénale, visant à restaurer l’autorité de l’État face à la criminalité organisée et au terrorisme. Ils soulignent que le projet est encore à l’étude et qu’aucune décision définitive n’a été prise quant à sa localisation ou à son calendrier.
Pour l’administration pénitentiaire, l’enjeu est désormais pragmatique : transformer une idée spectaculaire en un dispositif fonctionnel, légal et soutenable. La visite à Hamat Gader marque un tournant. Elle montre que, derrière l’effet d’annonce, les autorités explorent concrètement les conditions nécessaires à la mise en œuvre d’une prison hors norme, qui pourrait bien devenir l’un des établissements carcéraux les plus singuliers au monde.
Jforum.fr
Similaire
La rédaction de JForum, retirera d’office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.
La source de cet article se trouve sur ce site

