Dans la guerre actuelle Israël-Gaza, de nombreux utilisateurs de wikipédia sont de plus en plus choqués par les dérives (virulence contre l’Etat Hébreu) de cette encyclopédie. IsraelValley va organiser début septembre à Paris un « échange d’expériences » à ce sujet.
Selon larevuedesmedias.ina.fr : « Début 2025, la page Wikipédia consacrée au journal Le Point s’est enrichie d’une nouvelle section. Son titre : « Tournant populiste après 2015 ». Désormais, un internaute cherchant à en savoir davantage sur l’hebdomadaire détenu par le milliardaire François Pinault apprend que « le journal ouvre ses colonnes à un certain nombre d’éditorialistes sulfureux proches de la mouvance complotiste ». Comme le veut l’usage sur la plus grande encyclopédie du monde, cette modification de l’utilisateur FredD — bénévole depuis dix-huit ans — n’est pas définitive et en appelle d’autres.
Sur Wikipédia, « tout le monde peut interagir de manière constructive avec la communauté pour équilibrer au mieux les points de vue et faire des changements », résume Rémy Gerbet, le directeur exécutif de l’association qui promeut l’encyclopédie, Wikimedia France. Ce processus collaboratif permet aux articles d’être progressivement améliorés, généralement dans l’anonymat le plus total. Cette fois, les choses ont pris une tournure différente.
L’escalade
Sept jours plus tard, en effet, la communauté wikipédienne se fend d’une lettre ouverte contre Le Point, signée depuis par plus de 1 000 utilisateurs. Un journaliste du magazine, Erwan Seznec, y est accusé d’avoir menacé de révéler l’identité de FredD dans un article. Ce bénévole contribue sur l’encyclopédie sous pseudonymat, une pratique recommandée par le cinquième site le plus visité au monde au point d’être devenue la norme.
« Cet usage permet d’éviter les arguments d’autorité et de ne pas être constamment exposé à la vindicte populaire », détaille FredD. Dévoiler son identité s’apparente donc à ses yeux à du doxing, une pratique qui vise à révéler des informations sur une personne dans le but de lui nuire. Un autre contributeur assure à La Revue des médias avoir, lui aussi, été victime d’intimidations de la part du même journaliste qui, en décembre, dénonçait déjà la façon dont une poignée de contributeurs distribueraient les bons et les mauvais points sur l’encyclopédie.
L’hebdomadaire contre-attaque le lendemain de la publication de cette lettre ouverte. L’article titré « Wikipédia contre “Le Point” : comment “l’encyclopédie libre” est devenue une machine à calomnier » ne révèle finalement pas le nom de FredD. Erwan Seznec y pointe le traitement subi, selon lui, par son employeur sur la plateforme : l’hebdomadaire serait depuis plusieurs mois la cible d’« une opération de désinformation » présentant le journal comme islamophobe et complotiste.
Contactés, ni le journaliste ni le directeur de la publication du magazine n’ont donné suite à nos sollicitations. En revanche, Le Point a lancé à son tour une pétition contre le site participatif. Parmi les premiers signataires : le député socialiste Jérôme Guedj, la journaliste Catherine Nay ou encore Bernard-Henri Lévy — l’un des éditorialistes de l’hebdomadaire.
Un cas unique en France, mais pas à l’étranger
D’aussi loin qu’il s’en souvienne, Rémy Gerbet n’a jamais eu à traiter en France un cas similaire. Mais il n’est pas si surpris de la tournure prise par l’affaire : « Wikipédia est de plus en plus perçu par la presse de droite comme étant trop à gauche. Plusieurs journalistes ont écrit à ce sujet, et ça ne pose pas de problème du moment où on ne brandit pas la menace d’une divulgation d’identité. » Avant Le Point, Le Figaro, Frontières ou encore Valeurs actuelles n’ont en effet pas manqué d’écrire sur la partialité supposée de l’encyclopédie.
Ces critiques ne sont pas nouvelles d’après Marie-Noëlle Doutreix, maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université Lyon 2 : « Dans les années 2000, beaucoup de personnalités publiques se sont plaintes du contenu de leur page Wikipédia, comme l’a fait Le Point. Mais c’est mal connaître son fonctionnement. C’est une encyclopédie qui se base sur des sources secondaires, et non sur les témoignages des premiers concernés. »
Ce conflit étonne doublement la chercheuse. L’article consacré au Point est considéré par la communauté wikipédienne comme « bien construit », même s’il peut être perfectionné. D’autre part, la couverture journalistique accordée à la plateforme pour ses vingt ans en 2021 semblait indiquer que son fonctionnement faisait désormais largement consensus au sein de l’univers médiatique.
« Ce projet par essence participatif dérange »
Le bras de fer entre l’hebdomadaire et Wikipédia la surprend d’autant plus qu’il pourrait se poursuivre devant les tribunaux. Une action inédite en France. Selon des informations révélées par Le Monde, les avocats du magazine ont adressé une mise en demeure à Maryana Iskander, la directrice générale de la fondation Wikimedia. Un cas similaire existe en Inde. L’agence de presse Asian News International accuse depuis quelques mois la Wikimedia Foundation de diffamation à son encontre : un paragraphe sur Wikipédia précisait qu’elle avait été « accusée d’avoir servi d’outil de propagande pour le gouvernement en place ».
Le média Forward révélait en début d’année que le think-tank conservateur Heritage Foundation, proche de l’administration Trump, chercherait lui aussi à identifier les contributeurs de Wikipédia qui « abusent de leur position » sur la plateforme. Dans une conférence en ligne, les dirigeants de la Wikimedia Foundation ont reconnu faire face à une « augmentation des menaces à la fois réglementaires et judiciaires à travers le monde ». Des menaces d’autant plus préoccupantes qu’Elon Musk, mène une guerre ouverte depuis plusieurs années contre la plateforme. « Ce projet par essence participatif dérange, veut croire Rémy Gerbet. Alors que l’information est de plus en plus aux mains de grandes fortunes et des patrons de la tech, Wikipédia échappe encore à leur contrôle. » Vincent Bresson, Journaliste ».
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