Les négociations de la dernière chance : « Trump sur le point de lancer une attaque ciblée »
Des sources proches du président estiment qu’il devrait ordonner une attaque militaire contre les ayatollahs : « Il n’a pas oublié qu’ils projetaient de l’assassiner. » Face à de fortes pressions internes, mais aussi du Qatar et de la Turquie, Trump pourrait opter pour une action ciblée plutôt que pour une offensive d’envergure. Les parties se rencontreront à Genève pour une ultime tentative de compromis : voici la proposition actuellement à l’étude.
Des sources ayant parlé au président américain Donald Trump ces derniers jours donnent l’impression qu’il serait enclin à ordonner une frappe militaire contre l’Iran, notamment en raison du complot visant à l’assassiner, commandité par les ayatollahs. Cependant, à l’instar des propos tenus par le président la semaine dernière , ces mêmes sources estiment que Trump privilégierait une attaque limitée ou ciblée, sur le modèle de l’opération Midnight Hammer de juin dernier, dans l’espoir d’amener l’Iran à accepter ses exigences lors des négociations.
( Photo : REUTERS/Jonathan Ernst, Bureau du Guide suprême iranien/WANA (Agence de presse de l’Asie occidentale)/Document fourni par REUTERS, INSS )
Une gamme d’option, de la frappe ciblée à l’écrasement totale dans les cartons
Si une attaque limitée s’avère inefficace et que les Iraniens persistent à refuser les conditions américaines, Trump cherchera à « écraser » l’Iran et à affaiblir le régime, plutôt qu’à opter pour une action radicale du type « tout ou rien ». L’armée américaine l’a convaincu qu’un renversement du régime par la force est irréaliste ; il doit donc privilégier une stratégie d’« écrasement » et inciter la population à descendre dans la rue.
Comme l’a rapporté Ron Ben Yishai , des sources américaines ont indiqué que Trump avait opté pour une « campagne d’écrasement » qui durerait des semaines au lieu d’un « coup court, puissant et décisif », car des experts du Pentagone et de l’armée américaine, ainsi que Netanyahu et de hauts responsables de la sécurité israéliens qui s’étaient rendus à Washington, l’ont convaincu qu’une opération courte, aussi puissante soit-elle, n’atteindrait aucun des objectifs.
Les pouvoirs collabos du Qatar à la Turquie et quelques Arabes sunnites « trop » modérateurs
Les sources ayant parlé au président américain ont indiqué que le Qatar et la Turquie exercent des pressions sur lui pour qu’il n’attaque pas de manière trop radicale, tout comme certaines sources proches de lui qui l’exhortent à ne pas attaquer et à poursuivre le dialogue. Ces sources ont exprimé leur inquiétude quant au fait que si les États-Unis signent un accord avec l’Iran, celui-ci portera exclusivement sur les armes nucléaires et non sur les missiles balistiques et les milices supplétives, ce qu’Israël pourrait percevoir comme très problématique.
Des négociateurs américains et iraniens devraient se rencontrer à Genève ce jeudi pour des pourparlers considérés comme une tentative de la dernière chance de parvenir à un compromis avant que Trump n’ordonne une attaque. Selon des sources proches des discussions internes au sein de l’administration, qui se sont confiées au New York Times, les deux parties devraient examiner une proposition permettant d’éviter la guerre : autoriser l’Iran à maintenir un programme d’enrichissement nucléaire limité, destiné exclusivement à des fins civiles.
Le complot iranien pour assassiner Donald Trump
En novembre 2024, le département de la Justice américain a révélé avoir déjoué un complot iranien visant à assassiner Trump, avant même la tenue de la dernière élection présidentielle. Selon l’acte d’accusation déposé devant le tribunal fédéral de Manhattan, les Ayatollahs ont chargé Farhad Shakiri, un responsable des Gardiens de la révolution, d’élaborer un plan pour suivre Trump et, à terme, l’éliminer.
Les armes saisies chez les personnes accusées d’avoir planifié la tentative d’assassinat de Trump
( Photo : Département de la Justice des États-Unis )
Pas d’effet-surprise pour Israël aux aguets
Parallèlement, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a tenu une réunion de sécurité lundi soir, en présence du ministre de la Défense Yisrael Katz et des hauts responsables du ministère des Défense. Israël se prépare à une attaque américaine imminente, qui pourrait survenir à tout moment ou être reportée à la fin du week-end ou au début de la semaine prochaine. Selon les estimations, les Américains n’agiront pas par surprise et préviendront Israël à l’avance. Il existe également une forte probabilité qu’ils demandent à Israël de participer à l’attaque. De son côté, le secrétaire d’État Marco Rubio a reporté son arrivée en Israël de samedi soir à lundi prochain.
Netanyahu a renoncé à son discours : « Nul ne sait de quoi demain sera fait. »
Le Premier ministre Netanyahu a renoncé hier à son discours initial pour le débat sur les 40 signatures à la Knesset et a prononcé un discours bref et plutôt dramatique, préparant le terrain à une guerre avec l’Iran.
« Nous traversons une période complexe et difficile, nul ne sait de quoi demain sera fait, nous restons vigilants et prêts à toute éventualité. »
Il a ajouté : « J’ai clairement fait savoir au régime des ayatollahs que s’ils commettent l’erreur la plus grave de leur histoire et attaquent l’État d’Israël, nous répondrons avec une force inimaginable. Ce n’est pas le moment des polémiques. À la veille de Pourim, en ces jours comme aujourd’hui, nous devons resserrer les rangs et faire front commun. J’ai confiance en notre force et en nos soldats », a déclaré Netanyahu.
Netanyahu en discussion sur 40 signatures ( Photo : Chaîne Knesset )
Union sacrée à la Knesset autour d’une probable campagne en Iran
Le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a répondu à Netanyahou en séance plénière : « Il est fort probable que nous soyons confrontés à une campagne en Iran. Si cette campagne a lieu – et elle doit avoir lieu –, nous mettrons tous nos différends de côté. Toute divergence d’opinion sera gelée jusqu’à ce que la colère retombe. Comme par le passé, je me mobiliserai pour renforcer le soutien israélien et le renforcement du statut international d’Israël. Comme lors de la précédente attaque, j’irai partout où cela sera nécessaire, de CNN au Parlement britannique, et je leur dirai : “Vous savez que je suis le chef de l’opposition, vous savez que Netanyahou et moi sommes rivaux, mais l’Iran doit être attaqué avec toute la force nécessaire, le règne des ayatollahs doit être renversé.” »
Lapid a exhorté Netanyahu à bombarder les champs pétrolifères iraniens, quitte à provoquer une confrontation prudente avec les États-Unis, afin de porter un coup dur à l’économie iranienne. « Ici, chez nous, je vous le répète : Israël ne doit pas reculer. Même au prix d’une confrontation prudente avec les Américains. Bombardez les champs pétrolifères et les centrales énergétiques. C’est ce qui fera tomber les ayatollahs », a-t-il déclaré.
On a aperçu des avions de transport et de ravitaillement militaires américains hier à l’aéroport Ben Gourion, dans le cadre du déploiement massif des forces américaines au Moyen-Orient, en prévision d’une éventuelle attaque contre l’Iran. Auparavant, des observateurs ont repéré le porte-avions « Gerald Ford » au large de la Crète. Il arriverait de la mer des Caraïbes, notamment pour protéger les villes israéliennes en cas de riposte iranienne.
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