La tension est montée d’un cran entre les Etats-Unis et Téhéran ce vendredi. Depuis la base militaire de Fort Bragg, en Caroline du Nord, Donald Trump a évoqué l’hypothèse d’un renversement du pouvoir en Iran, sur fond de négociations fragiles concernant le programme nucléaire et les capacités balistiques de la République islamique.
Interrogé sur un possible « changement de régime », le président américain a répondu : « Il semble que ce serait la meilleure chose qui puisse arriver ». Il a aussi dénoncé l’attitude des dirigeants iraniens depuis la Révolution islamique : « Depuis 47 ans, ils parlent et parlent et parlent. Et pendant ce temps nous avons perdu beaucoup de vies », a-t-il déclaré en quittant la base.
Deuxième porte-avions déployé dans le Golfe persique
Dans le même temps, Donald Trump a confirmé l’envoi « très bientôt » d’un deuxième porte-avions américain dans la région, après le déploiement en janvier de l’USS Abraham Lincoln. Le Gerald Ford doit rejoindre le Golfe persique à une date encore incertaine. Les cibles potentielles d’une éventuelle intervention ne sont pas précisées, mais le président a menacé jeudi l’Iran de conséquences « traumatisantes », rappelant le bombardement de sites nucléaires iraniens lors d’une guerre de douze jours déclenchée par Israël en juin.
Les discussions indirectes entre les deux pays ont repris le 6 février à Oman, sans garantie de succès. Washington, encouragé par Israël, souhaite inclure dans un éventuel accord les missiles balistiques et le soutien iranien à des groupes armés régionaux comme le Hamas ou le Hezbollah. Téhéran affirme ne vouloir négocier que sur le nucléaire et insiste pour conserver ses capacités d’enrichissement d’uranium.
Un accord « possible » selon l’AIEA
Sur le plan diplomatique, le secrétaire général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a jugé vendredi qu’un accord sur les inspections était « possible », mais « terriblement difficile ». L’Iran avait refusé en novembre que l’AIEA inspecte plusieurs sites bombardés en juin.
Parallèlement, la contestation intérieure reste vive. Reza Pahlavi, fils exilé du dernier chah d’Iran, a appelé à manifester samedi à Munich, Toronto et Los Angeles et exhorté les Iraniens à s’y associer depuis l’intérieur du pays. Selon Human Rights Activists News Agency, au moins 7.008 personnes ont été tuées lors des protestations début janvier et plus de 53.000 arrêtées. Les autorités iraniennes avancent pour leur part plus de 3.000 morts, attribués à des « terroristes » soutenus, selon elles, par Israël et les Etats-Unis.
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