Son utilisation a été condamnée par la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas voyant dans ce tir le signe « clair » d’une « escalade » de la part de Moscou et « un avertissement » lancé à l’Europe et aux États-Unis. La Russie a annoncé ce vendredi avoir frappé pour la deuxième fois l’Ukraine avec l’Oreshnik, un missile de dernière génération conçu pour porter des têtes nucléaires. 20 Minutes fait le point sur cette arme dont le président Vladimir Poutine a vanté la puissance.
Capable d’atteindre des cibles entre 3.000 et 5.500 km
L’Oreshnik, qui signifie « noisetier » en russe, est un missile balistique « à portée intermédiaire » qui est capable d’atteindre des cibles comprises entre 3.000 et 5.500 kilomètres. Il n’entre donc pas dans la catégorie des missiles intercontinentaux qui ont une portée de plus de 5.500 km. Mais s’il était tiré depuis l’Extrême-Orient russe, il pourrait théoriquement toucher des cibles sur la côte ouest des États-Unis. « L’Oreshnik peut (également) menacer la quasi-totalité de l’Europe », avait relevé en 2024 Pavel Podvig, chercheur à l’Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement à Genève, dans un entretien au média Ostorozhno Novosti.
Une vitesse supérieure à 13.000 km/h
Selon Vladimir Poutine, ce missile hypersonique peut atteindre la vitesse de Mach 10, « soit 2,5 à 3 kilomètres par seconde » (environ 12.350 km/h) et « la température des éléments percutants atteint 4.000°C », soit « presque autant », selon lui, qu’à « la surface du soleil ». D’après le renseignement militaire ukrainien (GUR), la vitesse atteinte par le missile fin novembre 2024 « sur la partie finale de la trajectoire » était « supérieure à Mach 11 » (environ 13.600 km/h). L’Oreshnik serait aussi muni de têtes multiples qui suivent chacune une trajectoire indépendante lors de leur entrée dans l’atmosphère, ce qui augmenterait encore la difficulté d’interception, a affirmé le président russe.
Un missile déjà tiré sur l’Ukraine en 2024
L’existence de cet engin balistique avait été révélée le 21 novembre 2024, lorsqu’il avait frappé une grande usine militaire dans la ville de Dnipro, dans le centre de l’Ukraine. Cette frappe avait alors été présentée par Moscou comme une réponse aux attaques ukrainiennes menées à l’époque contre la Russie avec des missiles américains et britanniques ATACMS et Storm Shadow. Moscou a depuis annoncé le début de sa production en série et le Bélarus, pays allié de la Russie situé aux portes de l’UE, a indiqué qu’il a été déployé sur son territoire mi-décembre 2025.
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Un missile interdit jusqu’en 2019
Jusqu’en 2019, la Russie et les États-Unis ne pouvaient mettre en service de tels missiles, en vertu du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire signé en 1987 pendant la guerre froide. Mais en 2019, le président américain Donald Trump avait retiré Washington de ce texte, accusant Moscou de le violer, ce qui a ouvert la voie à une nouvelle course aux armements. Fin 2024, lors d’une réunion télévisée avec des responsables militaires, Vladimir Poutine avait assuré que Moscou avait une réserve de ces missiles « prêts à l’emploi ».
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