Les attaques américano-israéliennes suivies des ripostes iraniennes ont transformé, pour certains, des vacances rêvées en véritable piège. Des milliers de touristes partis profiter du soleil, se retrouvent bloqués sur place ou dans des aéroports avec des vols annulés après la fermeture des espaces aériens du Golfe.
Si ces touristes sont loin d’être les premières victimes de ce conflit au cœur du Moyen-Orient, l’incertitude, l’inquiétude et le stress sont devenus leurs principaux compagnons de voyage. Notamment pour ceux qui devraient être coincés devant un ordinateur plutôt que devant un tableau d’affichage… Et oui, pour ceux dont les congés touchaient ou touchent à leur fin, la question est devenue pressante : que se passe-t-il avec le boulot quand on ne peut pas rentrer ? Risque-t-on de perdre notre travail ? Que faut-il faire dans ces moments-là ? 20 Minutes a interrogé Me Cécile Villard, avocate spécialisée en droit du travail à Toulouse.
Prévenir son employeur de son absence et la justifier
« Cette situation actuelle rappelle fortement ce qui s’est passé pendant le Covid ou lors de l’éruption du volcan islandais [Eyjafjöll] en 2010 », lance l’avocate. Des Français bloqués, bon gré mal gré, loin de chez eux et de leur lieu de travail. Bien que le danger ne le soit pas, la situation est effectivement similaire pour les salariés : Covid, volcan ou missiles… même si ce n’est pas de votre faute, vous devez des comptes à votre employeur.
Que faire donc si c’est votre cas ? « Si le salarié est parti en congés, il doit dans cette situation réagir très vite. Dans les contrats de travail ou conventions collectives, il est prévu que le salarié doit avertir 48 heures avant de son absence. Il faut donc faire un mail le plus rapidement possible à l’employeur en expliquant la situation », énonce Me Villard. Dans ce mail, le salarié doit impérativement joindre les justificatifs, notamment si son vol a été annulé.
Un cas de force majeure pour trouver un accord
« C’est ce qu’on appelle un cas de force majeure : imprévisible et irrésistible. On ne peut pas reprocher au salarié de ne pas pouvoir rentrer, s’il a averti en temps et en heure. L’employeur ne peut pas vous licencier dans ce cas-là », détaille l’avocate. Mais il y a tout de même un revers majeur : « Le salarié est empêché de réaliser son travail, donc l’employeur peut suspendre sa rémunération. Le contrat de travail est alors suspendu. »
Plusieurs pistes peuvent être, en revanche, explorées. « On peut négocier un accord amiable pour poser des jours de RTT ou des congés payés restants. » Si ce n’est pas possible, le télétravail peut être également envisageable, « en fonction du décalage horaire, de la bonne connexion Internet et des besoins de l’entreprise ». A l’employeur alors d’accepter des alternatives pour compenser l’absence du salarié sur le lieu de travail. « Si un accord est refusé entre les deux, ça peut, en revanche, être source de contentieux… »
Un salarié en mission sous la responsabilité de l’employeur
Mais si l’absence dure trop longtemps ? « Ça reste un cas de force majeure, l’employeur ne peut pas vous licencier même si vous êtes bloqué un mois, normalement », répond Me Villard avant de nuancer : « Après, si ça désorganise l’entreprise et que l’employeur le prouve, il pourrait effectivement le licencier mais sur un temps court, de quelques semaines, par exemple, je ne pense pas que ce soit justifié. Ça serait un licenciement abusif. »
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A noter que le cas change radicalement quand le salarié était en mission pour le compte de son employeur. « Dans ces cas-là, c’est à la charge de l’employeur de placer son salarié en sécurité, de le rapatrier et de le rémunérer. C’est de sa responsabilité et de son ressort », précise l’avocate.
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