«La prévisibilité a de la valeur. Nous l’avons montrée toutes ces dernières années, et oserai-je dire encore ces dernières semaines. Nous sommes là où vous savez que nous irons ». Lors de son deuxième jour de visite officiel au Japon, Emmanuel Macron a critiqué clairement, mais sans le nommer, Donald Trump. Ceux qui disent « nous, on va beaucoup plus vite ». Mais « vous ne savez pas si après-demain ils seront encore à cet endroit et si demain ils ne vont pas prendre une décision qui peut vous heurter sans même vous prévenir ».
L’allusion à la guerre lancée fin février par le président américain et Israël contre l’Iran, est sans ambiguïté, alors que la riposte bloque de facto le détroit d’Ormuz, dans le Golfe, voie maritime de passage du pétrole exporté depuis le Moyen-Orient. Le Japon dépend de cette région pour 95 % de ses importations de brut et souffre donc des répercussions du conflit, qui a fait aussi flamber les coûts de l’énergie et touche ainsi également l’Europe.
« Avec la même constance, nous sommes là aussi du côté du droit international » et « du retour de la diplomatie », « nous croyons en une solution négociée », a martelé le chef de l’Etat. Le président français a donc exhorté les acteurs économiques japonais à « regarder la France et l’Europe avec des yeux nouveaux ». Objectif : « Faire beaucoup plus et beaucoup plus fort » dans les partenariats franco-japonais, notamment dans les domaines du quantique, de l’intelligence artificielle, des semi-conducteurs, du spatial et de la défense.
Emmanuel Macron a assuré voir une convergence entre « la stratégie française et européenne » et « la stratégie japonaise », visant à « bâtir une prospérité du XXIe siècle qui soit équilibrée ». Le tout « dans un environnement de paix » et de « valeurs démocratiques », et ce sans « dépendre de puissances hégémoniques », comme la Chine et les Etats-Unis.
Plaidoyer pour une « coalition des indépendants »
« La conflictualité croissante entre les deux principales puissances crée des problèmes pour nous tous réunis », a prévenu Emmanuel Macron, qui rencontre la Première ministre japonaise pour la deuxième fois après un bref échange en marge d’un sommet international à l’automne.
Il a plaidé pour que « le lien entre le Japon et la France » devienne « la base » d’une « coalition des indépendants », telle qu’il l’avait esquissée l’an dernier à Singapour, entre les pays européens, des Etats asiatiques et quelques grands émergents comme l’Inde et le Brésil. « On n’a pas envie que nos solutions technologiques dépendent d’une grande puissance qui veut nous vassaliser. On n’a pas envie qu’au fond, nos modèles économiques soient au service d’agendas géopolitiques qui ne sont pas les nôtres », a conclu le président français.
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