Guerre en Iran : L’Espagne refuse l’utilisation de bases militaires américaines, Trump se fâche et menace

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L’Union européenne s’est dite mercredi « prête à réagir » pour défendre ses intérêts et ceux de ses Etats membres, face aux menaces de Donald Trump contre l’Espagne en matière commerciale. On fait le point.

Que reproche Trump aux Espagnols ?

Le président américain a menacé mardi de rompre les relations commerciales entre les Etats-Unis et l’Espagne, après le refus du gouvernement espagnol de laisser Washington utiliser, dans le cadre de la guerre contre l’Iran, deux bases militaires américaines situées en Andalousie. Il s’agit de la base navale de Rota et de la base aérienne de Morón, héritées d’un accord signé en 1953 entre les Etats-Unis et l’Espagne, à l’époque dirigée par Franco.

Donald Trump reproche également à l’Espagne, comme il l’a déjà fait ces derniers mois, de ne pas avoir augmenté à 5 % du PIB ses dépenses militaires, conformément au nouvel objectif fixé aux pays de l’Otan sous l’impulsion de Washington. « L’Espagne a été très, très peu coopérative », a regretté le chef d’Etat.

Des objectifs « pas clairs » contre l’Iran ?

Mercredi, le Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sánchez a pris la parole à ce sujet. « Non à la guerre ! […] Nous sommes opposés à ce désastre », a-t-il poursuivi dans une allocution, estimant que cette position était partagée par « de nombreux autres gouvernements » et « des millions de citoyens et de citoyennes qui, dans toute l’Europe, en Amérique du Nord et au Moyen-Orient, ne demandent pas pour demain plus de guerre ou plus d’incertitude ».

« Nous ne serons pas complices de quelque chose qui est mauvais pour le monde et qui est également contraire à nos valeurs et à nos intérêts, simplement par peur des représailles », a-t-il souligné, ajoutant que les objectifs de Washington et d’Israël contre l’Iran n’étaient « pas clairs ».

« Ce que nous savons en revanche, c’est qu’il n’en sortira pas un ordre international plus juste », a-t-il regretté, jugeant « inacceptable » que « des dirigeants […] utilisent l’écran de fumée de la guerre pour dissimuler leur échec ». Le Premier ministre espagnol a une nouvelle fois appelé à « la cessation des hostilités et une résolution diplomatique » entre toutes les puissances impliquées.

Des conséquences pour l’Espagne ?

Dans un communiqué, le gouvernement espagnol a réagi mardi soir aux propos du président américain en assurant que l’Espagne était « un partenaire commercial fiable pour 195 pays dans le monde », dont les États-Unis.

« Si l’administration américaine souhaite revoir (sa relation commerciale avec l’Espagne), elle devra le faire dans le respect de l’autonomie des entreprises privées, de la légalité internationale et des accords bilatéraux entre l’Union européenne et les Etats-Unis », indique ce communiqué. « Notre pays dispose des ressources nécessaires pour contenir d’éventuels impacts, aider les secteurs qui pourraient être affectés et diversifier les chaînes d’approvisionnement », est-il aussi écrit.

Que dit la Commission européenne ?

« La Commission va s’assurer que les intérêts de l’Union européenne soient pleinement protégés. Nous sommes solidaires de tous les Etats membres et de leurs citoyens et sommes prêts à réagir si nécessaire, à travers notre politique commerciale commune, pour défendre les intérêts de l’UE », a précisé un porte-parole.

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« L’UE et les Etats-Unis ont conclu l’an dernier un accord commercial majeur », et la Commission « attend des Etats-Unis qu’ils respectent entièrement leurs engagements », a ajouté ce porte-parole, tout en réaffirmant que l’Europe « continuerait à œuvrer pour des relations commerciales transatlantiques stables, prévisibles et mutuellement bénéfiques ».

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