Guerre en Iran : La sécurité des œuvres prêtées au Louvre Abou Dhabi inquiète en France

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La guerre au Moyen-Orient va-t-elle détruire la Joconde ? S’il y a peu de chance qu’un drone iranien atteigne le Louvre parisien, son cousin germain, le Louvre d’Abou Dhabi inquiète. Situé en plein centre du conflit, il accueille de nombreuses œuvres, dont pas mal de françaises (pas la Joconde bien sûr, c’était juste pour doper notre accroche), qui avaient pas mal collaboré avec le pays pour construire ce musée.

Pour le moment, le monument été épargné par les missiles iraniens qui ont visé les Emirats arabes unis. Mais Paris reste vigilant. Les autorités françaises « sont en liaison étroite et régulière avec les autorités des Emirats arabes unis pour veiller à la protection des œuvres prêtées par la France au Louvre Abou Dhabi », fait savoir le ministère de la Culture.

Un partenariat rémunéré, des œuvres en danger

« La sécurité de nos visiteurs, de notre personnel, ainsi que de nos collections (celles du musée ou celles en prêt) demeure notre priorité absolue », indique le musée émirati.

Une grande opacité entoure les œuvres issues des collections publiques françaises provisoirement exposées dans cet écrin de 24.000 m2, fruit d’un partenariat qui doit rapporter à terme près d’un milliard d’euros à la France, dont 400 millions pour l’utilisation de la dénomination Le Louvre.

Aucun des établissements français contactés par l’AFP, dont Le Louvre, Versailles, Beaubourg ou Orsay, ne souhaite indiquer quels tableaux ou sculptures sont en prêt à Abou Dhabi, dans le cadre d’un partenariat rémunéré à hauteur de 190 millions sur dix ans selon la Cour des comptes (hors expositions temporaires).

300 œuvres prêtées par la France dès l’ouverture

Tous renvoient à France Muséums, structure de droit privé qui accompagne le développement du Louvre Abou Dhabi, dont la collection permanente compte quelque 600 pièces. Cette agence consent à indiquer que 250 œuvres sont actuellement en prêt mais refuse d’en donner le détail.

A l’ouverture en 2017, 300 œuvres avaient été prêtées par la France, dont des toiles de Vinci, Monet, Van Gogh ou Warhol et une statue de Ramsès II. Sur son site, le Louvre indique confier « chaque année 100 chefs-d’œuvre de ses collections » à Abou Dhabi.

« Pas de péril imminent »

Sans mentionner spécifiquement le Louvre Abou Dhabi, l’Icom, l’organisation internationale des musées, a d’ailleurs exprimé « sa vive inquiétude » face « aux risques » auxquels « sont exposés les musées et les sites du patrimoine culturel » de la région. Certains se veulent toutefois rassurants s’agissant du Louvre Abou Dhabi.

« Il n’y a pas de péril imminent », certifie à l’AFP une source proche du dossier. « C’est un musée moderne dont la conception a pris en compte les risques d’attaques terroristes ou de séisme ». Le bâtiment, fait valoir le musée, est équipé « d’espaces sécurisés conçus pour protéger l’ensemble des collections ».

Un rapatriement, argumente également la source proche, ne serait par ailleurs pas sans danger : « Peut-on imaginer un pont aérien pour acheminer des œuvres en plein conflit ? ». »

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