Des Rafale français ont mené « des opérations de sécurisation du ciel », au-dessus des bases françaises aux Emirats arabes unis, a-t-on appris mardi. Dimanche, au deuxième jour de la guerre en Iran, une attaque de drones iraniens avait visé une base navale d’Abou Dabi accueillant des forces françaises, provoquant un incendie au niveau d’un hangar, sans faire de victime.
La France a par ailleurs affirmé qu’elle était prête à venir en aide aux pays du Golfe (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman) et à la Jordanie, touchés par la guerre en Iran. Elle mobiliserait alors certainement ses forces réparties dans la région, du Levant à Djibouti. 20 Minutes fait le point sur cette présence française, qui réunit quelque 4.000 militaires.
Les Forces françaises aux Emirats arabes unis
Une « implantation militaire française permanente », avec environ 650 soldats, existe depuis 2009 aux Émirats arabes unis (EAU), dans le cadre d’un partenariat stratégique. La région est en effet désignée « comme une zone d’intérêt majeure », explique le ministère des armées.
La France y compte trois bases, notamment la base navale d’Al Salam à Abou Dabi, qui peut accueillir tous types de bâtiments de la marine nationale à l’exception du porte-avions, ce dernier pouvant accoster à proximité immédiate, dans le port de commerce de Mina Zayed.
A 60 km de là, la base aérienne 104, implantée au sein de la base aérienne émirienne d’Al Dhafra, accueille l’escadron de chasse 1/7 « Provence », équipé de sept Rafale. La base est aussi conçue pour accueillir d’autres aéronefs (avions de chasse mais aussi transporteurs A400M, ravitailleurs…) Enfin, à 65 km d’Abou Dabi, le 5° Régiment de Cuirassiers (5°RC), implanté à Zayed Military City, compte un escadron de commandement et de logistique, un escadron blindé à trois pelotons de chars Leclerc et une section d’infanterie sur VBCI (Véhicule blindé de combat d’infanterie), un sous groupement Caesar renforcé d’une équipe de contrôle aérien avancé.
« Avec près de 900 militaires et civils de la défense, les FFEAU constituent l’une des bases opérationnelles avancées françaises à l’étranger la plus à l’est, explique le ministère des Armées. À ce titre, elle appuie les moyens militaires français déployés dans le golfe Arabo-Persique et le Nord de l’océan Indien ».
Les Forces françaises au Levant
Quelque 600 militaires français sont déployés en Irak dans le cadre de l’opération Chammal, le volet français de l’opération internationale Inherent Resolve, rassemblant 80 pays et 5 organisations internationales, dans la lutte contre Daesh.
Si les forces de la coalition internationale n’effectuent plus d’opération au sol depuis 2022, les forces françaises continuent « d’assurer un soutien militaire aérien et maritime aux Forces de sécurité irakiennes (FSI), ainsi qu’un accompagnement du commandement irakien dans sa mission de stabilisation de la région » explique le ministère des armées.
Les Forces françaises stationnées à Djibouti
Pour « garantir son autonomie d’appréciation de situation et la sécurité des Français en Afrique mais aussi au Moyen-Orient, la France bénéficie d’une base militaire à Djibouti », une ancienne colonie française, explique le ministère des Armées. Avec 1.500 militaires, c’est même le plus gros contingent de soldats français à l’étranger.
« Les Forces françaises stationnées à Djibouti (FFDJ) s’articulent autour de plusieurs emprises, détaille le ministère des armées : le 5e régiment interarmes d’outre-mer ; la base aérienne 188 ; la base navale ; le centre d’entraînement au combat et d’aguerrissement au désert de Djibouti ».
La France dispose sur place de quatre canons CAESAR, 52 véhicules blindés 9 blindés AMX-10 RC et de trois hélicoptères Gazelle et quatre Caiman, pour l’armée de Terre. L’armée de l’Air y déploie trois avions de défense aérienne Mirage 2000-5, deux avions de défense aérienne Mirage 2000D, un avion de transport tactique Casa et deux hélicoptères Caracal.
Notre dossier sur le Moyen-Orient
La présence de forces françaises à Djibouti est d’autant plus stratégique que le pays donne sur le Bab el-Mandeb (BEM). Ce détroit entre la mer Rouge et l’océan Indien est un verrou maritime stratégique, par lequel transitent chaque année 15 % des marchandises échangées dans le monde.
Les missions internationales
La France est aussi présente dans la région en soutien à diverses opérations internationales, comme la mission de l’Union européenne Aspides (bouclier protecteur en grec) en mer Rouge, qui vise à protéger le transport maritime, et pour laquelle 200 marins français sont mobilisés. Deux navires militaires français viendront renforcer dans les prochains jours cette mission, composée actuellement de trois navires de guerre, dont déjà un français.
Quelque 750 militaires français participent aussi à la Force intérimaire de l’ONU (Finul) au Liban, dans le cadre de l’opération Daman.
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