Guerre en Iran : Donald Trump attaque-t-il toujours en fin de semaine pour épargner la Bourse ?

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Si vous êtes un ennemi de Donald Trump, vous pouvez probablement dormir sur vos deux oreilles le lundi, mardi, mercredi et jeudi, mais méfiez-vous de la fin de semaine. Le président américain a une étrange tendance à frapper pendant le week-end. Exemple encore ce samedi, avec l’attaque « préventive » contre l’Iran et la mort d’Ali Khamenei. La dernière fois que Trump avait frappé la République islamique, c’était également le week-end, le dimanche 22 juin 2025. Autre exemple récent, le raid contre le Venezuela et la capture de Nicolas Maduro, survenu dans la nuit du vendredi au samedi 3 janvier.

Une telle occurrence se constatait également lors du premier mandat du milliardaire. Les frappes en Syrie, survenue le vendredi 7 avril 2017 et vendredi 13 avril 2018, n’avaient été annoncées par Donald Trump que le soir même. Idem pour la mort du général iranien Qassem Soleimani, survenu dans la nuit du jeudi au vendredi 3 janvier, et annoncé par le président qu’en fin de semaine.

Evitez les mouvements de panique et les effets dominos

Une telle récurrence de dates a vu Trump être affublé d’un surnom sur les réseaux sociaux : le « Week-end Warrior ». X, Reddit et autres forums ont même une théorie sur cette coïncidence : Donald Trump attaquerait le week-end en raison de… la Bourse américaine, fermée le vendredi en fin d’après-midi (elle clôture à 16 heures), tout le samedi et le dimanche. « En faisant ses actions lorsque la Bourse est fermée, Donald Trump évite les paniques immédiates sur le marché », estime Antoine Andreani, analyste senior des marchés financiers chez XTB.

Une attaque de l’Iran en plein milieu de semaine risquerait en effet de voir des mouvements de vente sous l’effet de la panique et de réactions spontanées irréfléchies. De quoi provoquer un potentiel effet domino. « Lorsque vous voyez que tout le monde vend, vous avez tendance à vendre aussi », rappelle l’expert. « On atteint alors des réactions de moins en moins raisonnées et logique. C’est ce que veut éviter Donald Trump », un président « très lié à la Bourse ».

Moins de réactions le week-end

Ce pattern du week-end ne s’applique d’ailleurs pas qu’aux interventions militaires, mais aussi à plusieurs autres grandes annonces de Donald Trump. C’est ainsi le samedi 1er février 2025 que le président annonçait de début de la « guerre des douanes », en augmentant les tarifs frontaliers pour le Mexique, le Canada et la Chine. Toujours sur les douanes, il revenait sur la décision de la Cour suprême sur ses tarifs douaniers le vendredi soir 20 février 2026, puis re-imposait 15 % pour l’Union européenne le samedi 21.

Attention toutefois à ne pas confondre coïncidence et causalité. Stéphane Audrand, consultant indépendant en risques internationaux, le rappelle :

« Il y a d’autres intérêts que la Bourse à intervenir le week-end. Parfois, il y a moins de troupes adverses de garde, mais c’est également le reste du monde qui tourne au ralenti. La Chine, l’Europe, la Russie réagissent moins vite un samedi ou un dimanche qu’en semaine. »

De quoi donc laisser aux Etats-Unis et à Israël le temps de faire des « percées décisives », avant que le monde ne reprenne son activité normale.

Même analyse chez Véronique Riches-Flores, spécialiste en prospective économique et financière internationale : « Donald Trump frappe le week-end car cela contrarie la sphère des observateurs et des analystes, ce qui lui laisse le champ libre pour imposer son narratif plus facilement. »

Le précédent Bush et le lundi

La Bourse quant à elle « ne serait pas la seule raison, mais une des justifications. Le marché réagit moins vivement après deux nuits de sommeil », évoque la spécialiste. L’effet serait peut-être autre : « Plus qu’évité un crash, cela permettrait d’anticiper certains mouvements. » Notamment en scrutant les bourses asiatiques ou européennes, qui ouvrent plus tôt. En 2003, George W. Bush avait lancé un ultimatum à Saddam Hussein de quitter le pouvoir un… lundi 17 mars, avant d’attaquer l’Irak le mercredi 19. Pendant deux jours, la Bourse, qui déteste plus que tout l’incertitude, avait dévissé. Preuve que les marchés préfèrent réagir après les faits que de devoir les prévoir, soit typiquement l’agenda de Donald Trump.

Une stratégie payante en ce lundi 2 mars, puisque la Bourse de New York n’ouvrait « qu’ » avec une baisse de 0,30 point, loin des séismes qu’elle a pu subir dans le passé. Mais même sur le plan des marchés financiers, la théorie n’est pas infaillible. Antoine Andreani le rappelle : la Bourse américaine devrait subir tôt ou tard une correction, après l’enflammade des derniers mois autour de l’intelligence artificielle. « Les marchés attendent un prétexte pour une correction financière, et baisser les prix. Trump leur a peut-être donné une, et il serait accusé d’avoir provoqué la chute de la Bourse. » Comme quoi, une bonne vieille attaque le lundi matin après le café, c’est parfois très bien aussi…

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