Guerre en Iran : De combien les prix de l’essence ont-ils augmenté depuis le début du conflit ?

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Plus de 2 euros le litre dans certaines stations-service… Depuis le début de la guerre en Iran, les prix de l’essence ont déjà augmenté en France, selon des données consultables sur le site du gouvernement.

Depuis samedi et la guerre en Iran, le prix de l'essence a augmenté en France.
Depuis samedi et la guerre en Iran, le prix de l’essence a augmenté en France. - Francois Greuez/SIPA

Vendredi, par exemple, à Pipriac, en Ille-et-Vilaine, les carburants allaient de 1.730 euros le litre (SP95-E10) ou 1.839 euros (SP98) à 1.957 euros, pour du gazole. A Lauzerte, dans le Tarn-et-Garonne, l’essence SP95-E10 était à 1.779 euros le litre, le SP98, à 1.889 euros et le gazole, à 1.969 euros. Et à Crécy-au-Mont, dans l’Aisne, les prix affichés étaient à 1.779 euros le litre pour du SP95-E10, 1.891 euros le litre de SP98 et 1.984 euros pour un litre de gazole. Mais de combien ces prix ont-ils augmenté depuis une semaine ?

Dans une interview accordée au Parisien, Roland Lescure, ministre de l’Économie, a reconnu que « ce qui se passe aujourd’hui à Téhéran impacte les prix à la pompe de la station-service de Charleville-Mézières ». « Nous sommes particulièrement mobilisés pour suivre la situation au jour le jour », a-t-il affirmé.

Une « envolée du prix du baril » au niveau international

Avec les attaques israelo-américaines et la riposte de l’Iran, puis le blocage et la zone de guerre du détroit d’Ormuz, « on assiste à une envolée du prix du baril, au niveau international, depuis samedi dernier », indique à 20 Minutes, Blandine Ruty, porte-parole de l’Ufip-EM.

Selon la porte-parole des pétroliers en France, le baril (de pétrole non raffiné) était à 72 dollars, vendredi 27 février. Une semaine après, il est entre 85 et 88 dollars. « Le baril a augmenté au moins de 13-14 dollars en une semaine », observe-t-elle. Avant d’enchaîner : « Qui dit augmentation du baril, dit forcément une augmentation mécanique sur les cotations [le cours officiel du marché qui fixe le prix au jour le jour, selon l’offre et la demande] des produits finis issus du pétrole comme l’essence et le gazole. »

Et ces cotations sont continentales, et non pas mondiales. En Europe, elles sont à Rotterdam, aux Pays-Bas. « Donc, les cotations d’essence et de gazole ont, elles aussi, fortement augmenté en une semaine, poursuit-elle. C’est pour ça qu’à la pompe, les répercussions se font rapidement, entre 24 et 48 heures. Aujourd’hui, on constate donc bien une augmentation des prix. » En résumé, les prix à la pompe suivent les « cotations de Rotterdam », le marché de référence européen qui répercute la hausse du baril sur l’essence et le gazole.

De 5 à 10 centimes et de 15 à 20 centimes d’euros pour un litre

Blandine Ruty explique qu’elle ne peut « pas donner un prix officiel », car ils sont publiés tous les lundis par la Direction de l’énergie et du climat (DGEC) pour la semaine précédente. « Par contre, on suit l’évolution de très près car toutes les stations sont obligées de déclarer leur prix tous les jours sur le site du gouvernement », détaille-t-elle.

La porte-parole des pétroliers a tout de même constaté, en comparant à la semaine du 27 février [la veille de l’attaque des États-Unis et d’Israël en Iran], une hausse « entre 15 et 20 centimes sur le gazole » et sur les essences, « entre 5 et 10 centimes d’euro ».

Pour les stations-service qui affichent des hausses plus importantes, une « part marginale des stations » selon Roland Lescure, « des contrôles quotidiens » vont être réalisés. « Si certaines profitent de la situation, elles doivent être ramenées dans le rang », assure-t-il.

Pas de problème d’approvisionnement

La représentante de l’Ufip-EM tient également à « rassurer les automobilistes ». « Oui, il y a des augmentations liées au coût du baril mais nous n’avons pas de risque d’approvisionnement. Je viens de faire le tour des acteurs et je le répète : il n’y a pas de problème de rupture », insiste-t-elle.

Depuis lundi, il y a eu un afflux sur les pompes pour des achats de précaution, avec l’inquiétude de manquer. « Aujourd’hui, s’il y a des ruptures, c’est plus le temps logistique de réassort. Mais on a l’habitude d’avoir des pics, comme pour les départs de vacances, c’est ce qu’on est en train de vivre actuellement », ajoute-t-elle.

Notre dossier sur la guerre en Iran

Elle rappelle ainsi que la France importe « seulement 13 % de son pétrole brut du Moyen-Orient ». Blandine Ruty nuance tout de même sur le gazole. « On est un peu plus dépendant, parce que l’Europe importe 40 % de son gazole du Moyen-Orient », déclare-t-elle. Pour elle, c’est ce qui pourrait expliquer les tensions actuelles sur ce produit. « Mais à ce stade, il n’y a pas d’inquiétude », conclut-elle.

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