«Bombarder plus pour gagner plus ». Il est connu pour son franc-parler et ses interventions souvent jugées tranchantes (mais aussi marquantes). Le sénateur Horizons, Claude Malhuret, a encore frappé, ce mercredi, à la tribune du Sénat, lors d’un débat sur la position de la France face à la situation au Moyen-Orient.
Lors de son intervention, il s’en est une nouvelle fois pris au président américain qu’il a volontiers qualifié de « fou dangereux » au même titre que Vladimir Poutine.
Il y a un an déjà, il n’avait pas hésité à comparer la présidence de Trump à « la cour de Néron ». « Je me trompais, a-t-il admis devant ses confrères sénateurs. C’est la cour des Miracles ». Et d’en faire l’inventaire : « Un antivax, ancien héroïnomane, ministre de la Santé ; un climatosceptique, ministre de l’Ecologie ; un animateur télé alcoolique, ministre des Armées ; une ancienne agente du Qatar, ministre de la Justice ; et une groupie de Poutine, ministre de la Sécurité nationale ».
« Il n’y a pas de stratégie »
En toile de fond de ce discours, une critique acerbe de la politique étrangère menée par le président américain. « Un proverbe turc dit : « quand un clown s’installe dans un palais, il ne devient pas roi. C’est le palais qui devient un cirque » », a-t-il poursuivi, sur sa lancée.
« Qu’on me comprenne bien : je suis le dernier à me plaindre de la décapitation du régime des mollahs, et le premier à réclamer la liberté pour le peuple iranien. Mais quelle est la stratégie pour y parvenir, et les dégâts collatéraux pour les Iraniens ont-ils été mesurés ? », s’est encore interrogé le sénateur. Tranchant, il a bien vite répondu à son propre questionnement. « Il n’y a pas de stratégie », a-t-il affirmé.
Pour le parlementaire, Donald Trump est « le seul éléphant au monde qui se promène avec son propre magasin de porcelaine ». Au risque de se retrouver dans l’impasse d’avoir à choisir entre deux solutions qu’il juge « aussi mauvaises l’une que l’autre » : un retrait qu’il qualifie de « piteux » ou bien « déclencher l’escalade » militaire dont il rappelle les précédents échecs au Vietnam, en Irak et en Afghanistan.
Le double défi de la France
Enfin, Claude Malhuret a finalement conclu son discours en s’attaquant au sujet central du débat initié par les sénateurs : la position peu affirmée du Vieux continent face à la situation au Moyen-Orient. « Le problème de l’Europe, c’est qu’on ne peut stopper un désastre avec de belles phrases », a-t-il assuré, cinglant.
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Jugeant tout de même que la position de la France « est la bonne », il a précisé avec fierté que « nous sommes le seul pays européen à avoir conservé des forces aéronavales opérationnelles ». Et appelé à relever « le double défi de notre sécurité et de la remise en ordre de nos dépenses publiques ».
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