Guerre en Iran : « Ce n’est pas un spectacle »… Macron descend Trump sur sa gestion du conflit et ses menaces sur l’Otan

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Il n’a pas caché une (grosse) fatigue après les nouvelles invectives, de plus en plus indécentes, de Donald Trump. Emmanuel Macron a répondu sèchement, ce jeudi, aux critiques du président américain concernant le « manque de coopération » de la France en Iran, ainsi qu’à ses menaces de désengagement de l’Otan.

« Ça parle trop, et ça va trop dans tous les sens. On a tous besoin de stabilité, de calme, de retour à la paix, ce n’est pas un spectacle ! », a lancé le chef de l’Etat français à des journalistes en marge d’une visite d’Etat à Séoul.

« Quand on veut être sérieux on ne dit pas chaque jour le contraire de ce qu’on a dit la veille »

Aux journalistes qui l’accompagnent dans sa mini-tournée au Japon et en Corée du Sud, le président français a ainsi dressé un réquisitoire très dur contre la diplomatie américaine et la communication volubile de Donald Trump.

Les menaces récurrentes de quitter l’Otan ? « Si on crée chaque jour le doute sur son engagement » au sein de l’Alliance atlantique, « on en vide la substance », a-t-il estimé, accusant les « autorités américaines » d’en prendre la « responsabilité ». S’agissant de l’Otan comme du conflit au Moyen-Orient, « il faut être sérieux, et quand on veut être sérieux on ne dit pas chaque jour le contraire de ce qu’on a dit la veille », a encore dit Emmanuel Macron.

Il a étrillé « une opération que les Américains ont décidée avec les Israéliens seuls », en ironisant sur le fait qu’ils déplorent à présent de ne pas être « aidés » par des alliés qu’ils n’ont pas consultés – et qui sont malgré tout frappés de plein fouet par la flambée des prix de l’énergie.

Une opération pour « libérer » le passage maritime stratégique par la force serait « irréaliste »

Le président américain a exhorté la France et d’autres pays à intervenir militairement pour débloquer le détroit d’Ormuz, dans le Golfe, fermé de facto par la riposte iranienne à l’offensive américano-israélienne. Ce blocage empêche le transit du pétrole du Moyen-Orient, dont sont dépendants de nombreux pays, y compris le Japon et la Corée du Sud.

Le sujet a d’ailleurs été au cœur des entretiens d’Emmanuel Macron avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi et devait à nouveau être évoqué jeudi soir et vendredi avec le président sud-coréen Lee Jae Myung. Les deux pays asiatiques figurent parmi les signataires d’une déclaration d’une vingtaine d’Etats, dont la France, qui se disent « prêts à contribuer aux efforts » pour accompagner la réouverture du détroit d’Ormuz, mais quand les armes se seront tues.

Une opération pour « libérer » le passage maritime stratégique par la force serait « irréaliste », a tranché le président français, car elle « prendrait un temps infini » et comporterait « des tas de risques ». Selon lui, la réouverture du détroit « ne peut se faire que de manière concertée avec l’Iran ».

Sans cadre, « la situation peut se redétériorer en quelques mois ou quelques années »

Il a donc encore une fois appelé à la négociation et au cessez-le-feu avec Téhéran, martelant que « ça n’est pas une action militaire ciblée, même sur quelques semaines, qui permet de régler dans la durée la question du nucléaire » iranien.

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« S’il n’y a pas de cadre de négociation diplomatique et technique, la situation peut se redétériorer en quelques mois ou quelques années. Ce n’est que par une négociation approfondie, un accord […] qu’on pourra s’assurer d’un suivi dans la durée et préserver la paix et la stabilité pour tous », a-t-il plaidé.

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