« Gratitude et humilité »… Pourquoi le Dalaï-Lama a-t-il reçu un Grammy Award ?

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Des artistes musicaux majeurs ont été récompensés lors de la 68e cérémonie des Grammy Awards : Kendrick Lamar, Lady Gaga, Bad Bunny, Billie Eilish… Et au milieu de tout ce petit monde, un lauréat surprend nettement plus que les autres : le Dalaï-Lama.

Il ne s’agit pas du nom de scène d’un artiste émergent de la scène « rock, metal ou alternatif » – l’une des catégories –, mais bien du célèbre chef spirituel de la communauté tibétaine.

Mais quelle récompense a-t-il bien pu recevoir dimanche soir lors de cette soirée consacrée aux succès musicaux ? Celui du meilleur feat de l’année ? Mettons fin tout de suite au suspense, il a reçu le Grammy du « meilleur livre audio ».

Un livre audio disponible sur les plateformes

A 90 ans, le Dalaï-Lama vit en exil en Inde. Lauréat du prix Nobel de la paix, il est connu dans le monde entier pour son combat en faveur d’une plus grande autonomie du Tibet, aujourd’hui partie du territoire chinois. De son côté, Pékin l’accuse d’être un séparatiste.

Lors de la 68e édition des Grammy Awards à Los Angeles, le chef spirituel tibétain s’est vu décerner une récompense pour son livre audio Méditations : Réflexions de Sa Sainteté le Dalaï-Lama.

Disponible sur les plateformes musicales, il a notamment été réalisé avec la participation de la chanteuse pop féministe Maggie Rogers et du compositeur américain Rufus Wainwright, qui a reçu dimanche la récompense au nom du lauréat.

Dans la même catégorie, le Dalaï-Lama concourrait notamment face à l’avocate et juriste Ketanji Brown Jackson pour son livre Lovely One : A Memoir ou encore Trevor Noah (le présentateur de cette cérémonie des Grammy) pour Into the Uncut Grass.

Une récompense accusée « d’instrumentalisation » par la Chine

« Je reçois cette distinction avec gratitude et humilité », a déclaré le Dalaï-Lama dans un message publié sur les réseaux sociaux. « Je ne la considère pas comme un honneur personnel, mais comme reconnaissance de notre responsabilité universelle commune », a ajouté celui qui est, depuis l’âge de deux ans, le 14e chef spirituel et politique des Tibétains.

« Je crois vraiment que la paix, la compassion, le souci de notre environnement et la compréhension de l’unité de l’humanité sont essentiels au bien-être collectif des huit milliards d’êtres humains », a-t-il ajouté.

Le Dalaï-Lama n’avait que 23 ans lorsqu’il a fui Lhassa, la capitale tibétaine, craignant pour sa vie après l’écrasement d’un soulèvement par les troupes chinoises en 1959. Il n’y est jamais revenu.

« Comme chacun le sait, le 14e Dalaï-Lama n’est pas qu’une simple personnalité religieuse, mais un exilé politique qui, sous couvert de religion, se livre à des activités séparatistes hostiles à la Chine », a réagi lundi Lin Jian, un porte-parole de la diplomatie chinoise. « Nous nous opposons fermement à l’instrumentalisation […] d’un prix artistique à des fins de manipulation politique dirigée contre la Chine », a affirmé Lin Jian lors d’un point presse régulier.

Des hommes politiques et des actrices récompensées

Ce n’est pas la première fois qu’une personnalité en dehors de la sphère musicale est distinguée lors de cette cérémonie. L’an dernier, l’ex-président américain Jimmy Carter avait remporté un Grammy Award à titre posthume récompensant la version audio d’un recueil de ses discours. Les présidents américains Barack Obama et Bill Clinton en ont aussi chacun remporté deux dans cette catégorie.

Les Grammy Awards ont également déjà salué l’essayiste Michelle Obama, les actrices Julie Andrews et Whoopi Goldberg ou encore la journaliste Rachel Maddow. D’autres célébrités ont quant à elles été nominées, comme l’acteur Morgan Freeman mais aussi la romancière et prix Nobel de littérature Toni Morrison.

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