Gel de la loi sur la conscription : silence dans les partis ‘harédim, critiques dans un journal ‘harédi

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Ynet – Shilo Fried

Lors d’une déclaration aux côtés du Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur fond de l’opération « Chaagath haAri » contre le régime iranien, le ministre des Finances Bezalel Smotrich a annoncé hier (mardi) que la loi censée régulariser l’exemption de conscription des étudiants des Yechivoth ‘harédioth à l’armée israélienne ne serait pas promue.
« Nous mettons de côté la loi sur la conscription, qui ne sera pas promue pour l’instant », a déclaré le président du parti Sionisme religieux — une mise à jour accueillie favorablement dans le système politique, y compris par certains membres de la coalition.

Au Shas et à Degel HaTorah, on avait menacé à plusieurs reprises de ne pas soutenir le budget sans avancée de la loi sur la conscription. Après avoir voté en sa faveur en première lecture malgré cette menace, il avait été expliqué qu’il s’agissait d’une procédure technique, en raison des exigences du conseil juridique de la Knesset d’approuver rapidement la première lecture, et que la menace serait reportée aux deuxième et troisième lectures prévues en mars.

À présent, à l’approche de l’approbation finale, les représentants ‘harédim ont également renoncé à cette position. Cette fois, la considération est qu’il s’agit d’une période de guerre et qu’il ne faut pas retarder un budget sécuritaire. Toutefois, ils ont exigé que les réformes annexes au budget soient elles aussi reportées.

Dans la coalition, il était difficile de faire adopter la loi d’exemption, et les partis ‘harédim ont donc dû menacer et exercer des pressions. Mais même au Likoud, il n’y avait pas d’unanimité sur l’adoption de cette loi controversée à l’approche des élections.

Les partis ‘harédim étaient pourtant heureux de soutenir le budget, considéré comme essentiel pour eux, car il comprend des augmentations de financement pour les réseaux éducatifs ‘harédim et pour le ministère des Services religieux. La guerre contre l’Iran leur permet ainsi de reculer de leur position et de soutenir le budget même sans la loi Bismuth, qui posait un défi important à la coalition.

Pour l’instant, les partis ‘harédim ont choisi de garder le silence, et la presse ‘harédith n’a pas beaucoup traité le sujet.

Dans « Yated Neeman », l’organe lituanien associé à Degel HaTorah, la suppression de la loi de l’ordre du jour n’a pas été mentionnée du tout.
Dans « Hamavaser », lié au député Meir Porush et au courant Shlomei Emunim au sein d’Agoudat Israël, pas un mot non plus.
Dans « HaDerech », proche du Shas, les propos de Netanyahu et Smotrich ont été rapportés, mais les déclarations du ministre des Finances sur le gel de la loi ont été omises.

En revanche, dans « Hamodia », journal identifié avec Agoudat Israël, un court éditorial a été consacré au sujet.

Sous le titre « On met de côté. Mais quoi au juste ? », l’éditorial expliquait que :
« Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Finances Bezalel Smotrich ont publié hier une déclaration commune selon laquelle, en raison de la guerre en cours, il est impératif d’adopter un budget qui ajoute les ressources nécessaires à la campagne. Ils ont donc décidé de “mettre de côté toutes les questions controversées”, comme la loi sur la conscription, la réforme du lait et l’impôt foncier. Très bien. Il ne fait aucun doute que la guerre exige ce qu’elle exige. Elle impose un budget spécial pour la sécurité. Il est vrai que la guerre n’est pas le moment d’ouvrir des débats conflictuels. Mais un instant : que signifie exactement mettre de côté la loi sur la conscription ? »

L’auteur de la tribune s’interroge : « La persécution sera-t-elle aussi mise de côté ? Les arrestations vont-elles cesser ? Les emprisonnements vont-ils s’arrêter ? Les détenus seront-ils libérés ? Les étudiants en Tora, dont l’étude est leur métier, ne seront-ils plus définis comme “déserteurs” ? La spoliation budgétaire des institutions de Tora sera-t-elle gelée ? Les jeunes enfants ne seront-ils plus discriminés dans les crèches ? La société haredie cessera-t-elle d’être, au moins pour l’instant, tant que la loi est mise de côté, des citoyens de seconde ou troisième catégorie ? La réponse à toutes ces questions est : absolument pas. »

La tribune conclut que : « Les ‘harédim continueront à subir les décrets. Les étudiants en Torah continueront d’être persécutés. Leurs jeunes enfants seront discriminés par rapport à tout autre citoyen appartenant à une minorité. Les policiers continueront de “livrer” des étudiants en Tora à la police militaire, qui les accusera du “crime d’étudier la Tora”. Et bien sûr, on leur demande de s’aligner, de continuer à être persécutés. Après tout, il y a une guerre, n’est-ce pas ? »

Dans l’opposition, on a exprimé une certaine satisfaction face à ces développements.
Le député Moshe Tur-Paz (Yesh Atid) a déclaré : « La lutte contre la loi d’évasion à la conscription de Bismuth exprime une coopération héroïque des forces sionistes en Israël, y compris des députés de la coalition et de l’opposition. Le quartier général que nous avons établi à Yesh Atid se réunissait chaque semaine dans le bureau du chef de l’opposition Yair Lapid. Les cinq députés qui ont défié la discipline de coalition — le ministre Ofir Sofer, Sharren Haskel, Yuli Edelstein, Dan Illouz et Moshe Solomon — les organisations de réservistes, les épouses de réservistes du sionisme religieux, et les parents endeuillés venus témoigner devant la commission avec la voix de leurs proches tombés à la guerre — tous ont formé une voix sioniste déterminée et forte. Je suis fier de faire partie de ce combat juste. Maintenant, il faut agir pour un recrutement plus large des jeunes ‘harédim et alléger le fardeau très lourd du service de réserve. »

Comme indiqué, certains membres de la coalition n’ont pas non plus caché leur satisfaction.
La vice-ministre des Affaires étrangères, la députée Sharren Haskel, a déclaré : « Je salue la décision du Premier ministre de retirer la loi sur la conscription de l’ordre du jour. C’est la décision nécessaire et juste. En tant que voix déterminée au sein de la coalition et meneuse de l’opposition à cette loi, j’ai clairement indiqué que nous ne pourrions pas soutenir une loi qui nuit à la sécurité de l’État et prive Tsahal de la main-d’œuvre dont elle a besoin pour la victoire. À une époque où le meilleur de nos fils et de nos filles — y compris le fils du ministre Smotrich et des amis proches de nous tous — risquent leur vie au front, on ne peut pas accepter une inégalité dans le partage du fardeau. Monsieur le Premier ministre, vous avez aujourd’hui empêché une fracture inutile au sein du peuple et de la coalition, qui n’aurait pas approuvé cette loi sous sa forme actuelle. Maintenant, nous devons nous concentrer sur la seule mission : une victoire totale sur nos ennemis et l’élimination de la menace au-dessus de nos têtes. Ce n’est qu’ensemble que nous vaincrons. »

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