Fusillades et dons, Ackman au cœur du débat
Le milliardaire et investisseur Bill Ackman s’est retrouvé au centre de l’actualité américaine après avoir apporté un soutien financier remarqué à une levée de fonds destinée à la famille d’Alex Pretti, un homme tué par des agents fédéraux de l’immigration à Minneapolis. Selon des informations relayées par le Wall Street Journal, Ackman a versé 10 000 dollars à une cagnotte GoFundMe mise en place à la suite de la fusillade survenue ce week-end.
La collecte de fonds, destinée à aider les proches de Pretti à faire face aux conséquences humaines et financières du drame, avait déjà dépassé le million de dollars en quelques jours. Le nom du milliardaire figure parmi les donateurs les plus visibles, ce qui a rapidement attiré l’attention des médias et relancé le débat autour des opérations menées par les agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) dans la région.
Alex Pretti est la deuxième personne tuée par balle par des agents fédéraux de l’immigration à Minneapolis au cours du même mois. Cette série d’incidents intervient dans un contexte sécuritaire tendu, marqué par le déploiement de milliers d’agents armés et masqués dans la ville, dans le cadre d’une politique d’expulsions renforcée voulue par le président américain Donald Trump. Interrogé sur cette fusillade, le président a déclaré que son administration « examinait l’ensemble des éléments » et qu’une décision serait prise après analyse, tandis que plusieurs responsables fédéraux ont défendu l’action des agents malgré l’existence de vidéos remettant en cause la version officielle.
Ce geste d’Ackman n’est pas isolé. Plus tôt dans le mois, il avait déjà versé 10 000 dollars à une autre cagnotte GoFundMe, cette fois en faveur de Jonathan Ross, un agent de l’ICE impliqué dans une précédente fusillade mortelle ayant coûté la vie à Renee Good, première victime de ce type à Minneapolis sur la période récente. À l’époque, Ackman avait expliqué vouloir soutenir le principe d’une défense juridique équitable pour les personnes mises en cause, indépendamment de la pression médiatique. Il avait également précisé qu’il aurait souhaité aider la famille de la victime, mais que la collecte de fonds correspondante avait déjà atteint son objectif de 1,5 million de dollars.
Cette posture s’inscrit dans une ligne d’engagement plus large du milliardaire, habitué à intervenir publiquement sur des dossiers politiquement sensibles. Après les attaques du 7 octobre en Israël, Ackman s’est imposé comme une voix très active contre la montée de l’antisémitisme sur les campus universitaires américains, notamment à Harvard University, où il a étudié.
Deux jours après ces attaques, plusieurs associations étudiantes de Harvard avaient publié un communiqué mettant en cause Israël, déclenchant une vive réaction d’Ackman. Celui-ci avait publiquement demandé que les noms des signataires soient rendus publics, affirmant ne pas vouloir voir de sympathisants du terrorisme bénéficier du soutien institutionnel ou financier de l’université. Cette prise de position avait conduit certaines associations à retirer leurs déclarations.
Par la suite, Ackman a critiqué ouvertement la direction de Harvard et sa présidente de l’époque, Claudine Gay, appelant à une réponse plus ferme face aux manifestations jugées hostiles et incitant certains donateurs à suspendre leur soutien financier. À travers ses dons récents et ses interventions publiques, le milliardaire continue ainsi de peser sur des débats où se croisent sécurité, justice, liberté d’expression et responsabilité institutionnelle.
Jérémie de Jforum.fr
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