Comment s’appellera le successeur du Charles-de-Gaulle ? Attendu ce mercredi après-midi sur le site Naval Group de Nantes-Indret, Emmanuel Macron doit visiter les prémices du chantier du futur porte-avions français. Si l’information n’a pas été confirmée par l’Elysée, beaucoup supposent que le président de la République profitera de cette occasion pour dévoiler le nom du prochain bijou de la marine nationale.
Avec ses 77.000 tonnes (contre seulement 42.000 pour le Charles-de-Gaulle), ce porte-avions sera le plus gros navire militaire jamais construit en France. Pour le moment, le poids lourd flottant n’a pas encore de nom et se fait appeler « PA-NG » pour « Porte-Avions Nouvelle génération ». Un sigle qui se prononce « P-A-N-G » et non « PANG ! ». Mais peu importe, puisque c’est son nom définitif que tout le monde veut connaître et, pour un tel monument, le choix est loin d’être anodin.
Les marins proposent, le président dispose
On connaissait le Clemenceau, le Foch, le Béarn… Pour le moment les porte-avions français ont toujours reçu des noms propres. En réalité il n’existe aucune charte et Emmanuel Macron pourrait décider de nommer le PA-NG « le piou piou » que personne n’aurait rien à dire.
Mais le choix est tout de même très réfléchi. « Il y a tout un protocole », détaille Stéphane Audrand, consultant en risques internationaux. « D’abord on interroge les historiens de la marine, cela passe en premier par le chef d’État-major qui fait ensuite des propositions au gouvernement. » Les propositions sont ensuite discutées en Conseil des ministres puis directement avec le président de la République : « lui seul a le dernier mot. »
« Le nom du porte-avions, ça relève du président, c’est lui qui décidera de l’annoncer ou non », a confirmé Damien Appirou, capitaine de vaisseau et adjoint au chef d’État-major particulier du président de la République lors d’un entretien accordé à la presse lundi. Si Emmanuel Macron annonce le nom du PA-NG mercredi où au cours de sa dernière année de mandat, il est probable que celui-ci ne soit pas définitif. Le début de la navigation du bateau est prévue pour 2036 et ce dernier sera parfaitement opérationnel en 2038. D’ici là, c’est le successeur d’Emmanuel Macron, voire le successeur de son successeur, qui aura le dernier mot.
Référence historique et « enjeu politique »
« Le nom d’un porte-avions, c’est un signal qu’on donne, rappelle Stéphane Audrand, il ne doit jamais être anodin car il y a un réel enjeu de communication pour le pays ». Le spécialiste cite l’exemple d’un porte-avions américain mis en service pendant la guerre froide et sobrement appelé USS America.
Dans le cas du prochain porte-avions français, tout dépendra « de ce qu’Emmanuel Macron a envie de dire au monde, prévoit le consultant, un porte-avions est un bâtiment symbolique et visible contrairement aux sous-marins, son appellation est un enjeu politique ». Dans un contexte international tendu, le nom du PA-NG sera donc déterminant.
Marie-Curie, Richelieu…
Depuis l’annonce de la construction de ce nouveau navire, les hypothèses sont nombreuses. Dans les plus probables on retrouve le nom de Marie-Curie en référence au nucléaire ou celui de Richelieu, premier nom choisi pour le Charles-de-Gaulle. « Certains pensent aussi à « Simone-Veil, un nom féminin qui fait consensus », ajoute Stéphane Audrand.
Le spécialiste rappelle que le président de la République apprécie tout particulièrement les « choix iconoclastes » mais souligne aussi son côté « europhile ». Dans ce cas pourquoi pas troquer le nom d’une figure française pour « L’Europe » ? « Tout est possible, mais ce ne serait pas très consensuel en France, explique le consultant. Le Charles-de-Gaulle ayant eu une carrière plutôt réussie, on peut aussi imaginer qu’un prochain porte-avions portera son nom. »
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