Feu vert américain pour intervenir au Liban

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Des terroristes du Hezbollah lors d’un exercice au Sud-Liban

Feu vert américain pour intervenir au Liban

Les États-Unis ont récemment accordé à Israël un feu vert conditionnel pour une éventuelle intervention militaire au Liban, dans un cadre diplomatique étroitement balisé. Cette position américaine repose sur un constat central : les engagements pris par les autorités libanaises dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu ne sont, à ce stade, que partiellement respectés. En particulier, la question clé de la démilitarisation de la zone située au sud du fleuve Litani demeure en suspens.

Du point de vue israélien, les déclarations de l’armée libanaise affirmant que les « objectifs de la première phase » auraient été atteints ne correspondent pas à la réalité du terrain. Des responsables à Jérusalem soulignent que même certains acteurs politiques libanais reconnaissent le caractère incomplet, voire inexact, de cette affirmation. L’accord signé il y a un peu plus d’un an prévoit explicitement que l’absence de démilitarisation effective autorise Israël à agir militairement en cas de violations avérées. Dans ce contexte, les autorités israéliennes estiment que leur légitimité internationale reste intacte tant que ces engagements ne sont pas honorés.

Le feu vert américain a été confirmé lors d’échanges récents entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président Donald Trump, notamment à Mar-a-Lago, ainsi qu’au cours de discussions avec de hauts responsables américains chargés du dossier libanais. Selon plusieurs sources sécuritaires, Israël dispose aujourd’hui de plans opérationnels détaillés visant le Hezbollah, avec différents scénarios gradués et des cibles précisément identifiées dans ses zones d’implantation.

Washington a toutefois assorti son aval de conditions strictes. La première concerne la distinction claire entre les infrastructures du Hezbollah et les cibles civiles ou étatiques libanaises. Cette ligne rouge vise à préserver le gouvernement de Beyrouth et à maintenir une partie significative de l’opinion publique libanaise dans une position critique vis-à-vis du Hezbollah. Tant que les frappes israéliennes se concentrent sur les combattants, les dépôts d’armes et les stocks de roquettes, elles suscitent une compréhension tacite, même si elles s’accompagnent de condamnations diplomatiques de principe.

La seconde condition américaine porte sur la proportionnalité. L’objectif affiché n’est pas de provoquer une escalade incontrôlée, mais d’éroder les capacités militaires du Hezbollah sans déclencher une riposte massive. Des responsables israéliens rappellent que l’élimination du chef d’état-major du Hezbollah, Ali Tabatabai, en novembre, a été perçue comme un test majeur. Malgré le caractère sensible de cette opération, l’organisation n’a pas répondu par une escalade directe, signe, selon ces analyses, qu’elle ne se considère pas prête à un affrontement de grande ampleur.

Le facteur iranien demeure central dans cette équation. Depuis la disparition de Hassan Nasrallah, le Hezbollah agit de manière encore plus étroitement coordonnée avec Téhéran. Or, l’Iran traverse actuellement une période de fortes tensions internes, marquée par des manifestations et une crise économique persistante. Une flambée de violence au Liban risquerait de détourner l’attention internationale de cette situation, ce qui explique en partie la prudence stratégique observée.

Par ailleurs, la reconstruction du Hezbollah dépend largement du soutien financier et logistique iranien. Les difficultés économiques de l’Iran ont ralenti ce processus, alimentant un mécontentement interne lié au transfert de ressources vers des organisations armées étrangères. Dans ce contexte, Israël poursuit des frappes ciblées au Sud-Liban, là où l’armée libanaise n’a pas encore pleinement rempli sa mission, tout en participant à des discussions diplomatiques sous médiation américaine avec Beyrouth.

Les efforts de coordination régionale, incluant des échanges avec les autorités syriennes actuelles, visent à instaurer une forme de stabilité dans le triangle israélo-syro-libanais. Néanmoins, aux yeux des responsables israéliens, tant que l’Iran continuera de soutenir activement des organisations armées hostiles, aucune accalmie durable ne pourra être garantie sur le front nord.

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