L’incapacité américaine à démanteler les installations nucléaires iraniennes enfouies risque de pousser Washington à accélérer le développement du successeur de sa bombe anti-bunker la plus puissante, le GBU-57.
Si les États-Unis sont parvenus à imposer un terme à la guerre contre l’Iran moins de 48 heures après leur entrée dans le conflit, difficile pour Washington de crier victoire : les GBU-57 Massive Ordnance Penetrator, des bombes anti-bunker de 13 tonnes qui devaient dévaster les installations nucléaires souterraines iraniennes, semblent avoir échoué en partie dans leur mission.
Un programme nucléaire loin d’être totalement anéanti
Un rapport préliminaire de l’agence du renseignement de la Défense américaine cité par Reuters indique en effet que les frappes américaines n’ont retardé le programme nucléaire de Téhéran que de quelques mois à peine, loin de la destruction complète revendiquée par la Maison Blanche.
La première utilisation en situation réelle des GBU-57, théoriquement capables de pénétrer 60 mètres sous terre avant d’exploser, est donc loin d’être satisfaisante pour l’armée américaine. Cette dernière s’intéresse déjà depuis le début des années 2010 à la conception d’un Next Generation Penetrator (NGP), selon le site spécialisé The War Zone, et devrait désormais accélérer le développement de cette bombe anti-bunker.
NGP et B-21, nouveau couple au cœur de la puissance conventionnelle américaine ?
Les dernières informations publiques concernant le NGP datent d’un avis de marché publié en février 2024, détaillant que l’ogive de la bombe devait peser moins de 10 tonnes et être « capable d’effets de souffle, de fragmentation et de pénétration ». Les concepteurs de la nouvelles bombe devront tirer des leçons de l’opération contre l’Iran, et l’engin sera vraisemblablement adaptée au successeur du B-2, le bombardier B-21 Raider, qui doit être déployé dans les prochaines années.
Ce bombardier furtif devrait, en attendant le développement de la bombe, être en mesure d’employer des GBU-57. Les États-Unis ne disposeraient que d’un stock assez faible de ces bombes très coûteuses, alors qu’elles peuvent jouer un rôle vital dans les opérations américaines, que ce soit pour détruire des bunkers de commandement nord-coréens, des cibles militaires chinoises ou des installations nucléaires iraniennes.
Selon Bloomberg, Washington, conscient de cette faiblesse, a investi des ressources durant la présidence de Joe Biden pour tripler sa production de GBU-57 ; reste à savoir si la Maison Blanche aura reconstitué un stock suffisant pour de possibles conflits dans la région Pacifique dans les années à venir, alors qu’elle vient d’utiliser 14 bombes anti-bunker sans atteindre son objectif.
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