Etats-Unis : A Minneapolis, « la peur est partout » et l’économie vacille, témoigne le pasteur Victor Martinez

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Aux Etats-Unis, Minneapolis est plongée dans une atmosphère de tension permanente. Car l’intervention massive des agents fédéraux de l’ICE, qui a entraîné la mort de Renée Good et Alex Pretti, bouleverse le quotidien des habitants. Une situation que beaucoup vivent comme un harcèlement. Même l’annonce du maire, affirmant que des agents fédéraux vont quitter Minneapolis, ne rassure pas complètement. « Tout le monde regarde, tout le monde attend », résume Victor Martinez, Pasteur de la New Generation Church, qui témoigne pour 20 Minutes.

Malgré l’annonce du départ de certains agents fédéraux, la tension reste intacte : « Tout le monde regarde, tout le monde attend », résume le pasteur Victor Martinez.
Malgré l’annonce du départ de certains agents fédéraux, la tension reste intacte : « Tout le monde regarde, tout le monde attend », résume le pasteur Victor Martinez. - V. Martinez/Facebook

« Les gens sont en colère, bouleversés »

Installé à Minneapolis depuis de nombreuses années et très impliqué dans la vie locale, il décrit un profond sentiment d’abandon. « Nous cherchons de l’aide », explique-t-il. « Il y a eu des discussions entre le président Donald Trump, le maire, le gouverneur Tim Walz, et ça nous donne un peu d’espoir. Mais sur le terrain, ce que les gens ressentent surtout, c’est que la pression sur notre communauté doit baisser. »

Dans les quartiers populaires, la colère s’ajoute à la peur. « Les gens sont bouleversés, épuisés », insiste Victor Martinez. « Ils ont l’impression que personne ne fait rien pour eux. Aucun responsable politique, aucun élu n’est vraiment là. Pendant qu’ils se battent politiquement contre Trump, la situation devient de pire en pire pour les familles. »

« Tous les immigrés ont peur, même les légaux »

Cette inquiétude touche désormais toute la communauté immigrée. « Tous les immigrés ont peur, même les immigrés légaux », confirme encore le pasteur. Il raconte l’histoire d’un ami récemment détenu. « Il a été arrêté et gardé trois semaines. Quand ils l’ont relâché, ils lui ont dit : “Garde ce papier sur toi, parce que tu pourrais être arrêté à nouveau.” Il est libre, mais il vit dans la peur. » S’il n’a rien en soi contre la police de l’immigration, il dénonce les méthodes expéditives de ses agents.

Dans ce climat glacial à plus d’un titre, les conséquences se font sentir dans toute la ville. « Les centres commerciaux sont presque vides, les restaurants aussi », observe Victor Martinez. « Les commerces latinos ferment les uns après les autres. Certains ne reviendront peut-être jamais. La communauté asiatique est également très touchée. C’est toute l’économie locale qui ralentit et quand tout ça sera fini, les dégâts vont rester. »

Les habitants tiennent la ville

Face à l’absence de réponses institutionnelles et en pleine vague de froid, l’entraide devient donc essentielle. « La communauté fait tout le travail », explique-t-il. « Les gens s’organisent pour nourrir les familles, pour aller voir les voisins, pour demander s’ils vont bien. Ce sont les habitants qui tiennent la ville debout, pas les autorités. »

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Pour l’avenir, Victor Martinez ne formule pas de revendication politique précise. Son souhait est plus simple, presque intime. « Je veux juste la paix », dit-il. Et il conclut en pasteur : « Aujourd’hui, plus que jamais, nous avons besoin de Jésus. Nous avons besoin qu’il nous aide, parce que c’est la seule chose qui peut encore nous apporter la paix. »

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