Entre loyauté iranienne et survie libanaise, le Hezbollah tranche
La question d’une éventuelle implication du Hezbollah dans un nouveau conflit régional impliquant l’Iran suscite de vives interrogations au Moyen-Orient. Alors que les tensions entre Iran et les États-Unis se sont intensifiées, le mouvement chiite libanais a été interrogé par voie diplomatique sur l’attitude qu’il adopterait en cas d’escalade militaire, y compris si Israël venait à être impliqué.
Selon une source libanaise proche de la direction du Hezbollah, citée par des médias internationaux, le mouvement n’aurait actuellement aucune intention de s’immiscer dans un affrontement entre Washington et Téhéran. Cette position marquerait une forme de retenue stratégique, contrastant avec l’image d’un acteur régional prêt à intervenir systématiquement pour soutenir ses alliés iraniens. Les responsables du parti auraient toutefois précisé que cette réserve ne tiendrait plus si des frappes contre l’Iran venaient à menacer l’existence même du régime islamique.
Cette prudence affichée tranche avec la situation observée lors du conflit de juin dernier, durant lequel le Hezbollah était resté en retrait, alors qu’il traversait une période de fragilité militaire et financière. Depuis, le mouvement se serait sensiblement renforcé, bénéficiant d’un soutien financier accru de Téhéran et d’un réapprovisionnement partiel de ses capacités. Malgré ce redressement, la direction du parti semble désormais intégrer davantage les contraintes internes libanaises dans ses calculs.
D’après le quotidien koweïtien Al-Anba, des représentants du Hezbollah ont récemment échangé avec le président libanais Joseph Aoun. Ils lui auraient assuré que le mouvement n’avait aucun intérêt à provoquer une escalade régionale et qu’il mesurait pleinement les risques qu’une telle décision ferait peser sur la stabilité et la sécurité du Liban. Le pays traverse en effet une crise économique et institutionnelle profonde, rendant toute confrontation militaire potentiellement dévastatrice.
Dans le même temps, le Hezbollah a publiquement salué les manifestations de soutien au régime iranien, les présentant comme une preuve de la fidélité du peuple à l’autorité du guide suprême Ali Khamenei. Ce discours vise à maintenir le lien idéologique avec Téhéran, tout en évitant, pour l’instant, un engagement militaire direct.
Les plus hautes autorités libanaises affichent néanmoins une inquiétude croissante. Le président Joseph Aoun a récemment déclaré à la télévision que, dans le contexte géopolitique actuel, l’arsenal du Hezbollah était devenu un poids pour le Liban. Selon lui, ces armes, qui ont longtemps été présentées comme un outil de dissuasion, constituent désormais un fardeau non seulement pour l’État libanais, mais aussi pour la communauté chiite elle-même. Cette prise de position marque une évolution notable du discours officiel.
La réaction du Hezbollah ne s’est pas fait attendre, le mouvement exprimant son indignation face à ces propos. L’irritation a été encore plus forte après les déclarations du ministre libanais des Affaires étrangères Youssef Raji, qui a affirmé que tant que les armes du Hezbollah ne seraient pas strictement encadrées, Israël pourrait invoquer certains accords pour justifier la poursuite de ses frappes. Ces paroles ont été perçues par le mouvement chiite comme une remise en cause directe de sa légitimité sécuritaire.
Dans ce climat tendu, le Hezbollah semble chercher un équilibre délicat entre fidélité à l’Iran, préservation de ses capacités militaires et prise en compte des avertissements internes. Sa position actuelle suggère une stratégie d’attente, dans laquelle l’intervention resterait l’ultime recours, réservé à un scénario jugé existentiel pour son allié iranien.
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