Elle découvre que son chauffeur est du Hezbollah
À Paris, une simple course en taxi s’est transformée en moment de frayeur pour une jeune Israélienne. Sheva Dov Kolter, étudiante en cuisine dans la capitale française, rentrait d’une soirée avec une amie après avoir commandé un véhicule via une application. Le trajet devait être banal ; il prend un tour inattendu lorsque le chauffeur, un ressortissant libanais, affirme avoir appartenu au Hezbollah.
Au début, la scène a tout d’un trajet ordinaire. Le conducteur parle un anglais fluide, se montre serviable, aide les deux amies à régler une réservation de restaurant pour le lendemain et plaisante avec elles. L’ambiance est détendue, presque conviviale, au point que Sheva se sent à l’aise.
C’est en parlant des origines de chacun que la tension apparaît. À la question « vous venez d’où ? », le chauffeur répond qu’il est du Liban. Fidèle à son habitude, Sheva indique qu’elle vient d’Israël et dit ne jamais mentir sur ce sujet. Elle raconte que, dès cet instant, le visage du chauffeur « devient tout blanc » et que l’atmosphère change brusquement. Elle lui lance qu’elle comprend qu’il ne les apprécie pas.
L’homme tente alors de se justifier. Selon son témoignage, il affirme ne pas avoir de problème avec « les gens d’Israël », seulement avec leurs dirigeants, citant Benjamin Netanyahou et Itamar Ben Gvir. La discussion glisse sur la situation politique. Lorsque Sheva ose lui demander ce qu’il pense du Hezbollah, il répond simplement : « Je suis du Hezbollah. » La jeune femme réalise qu’elle est enfermée avec un homme se réclamant d’une organisation considérée comme terroriste par la France, l’Union européenne et de nombreux États.
La peur s’installe. Il reste encore quelques minutes de trajet. Plutôt que de rester silencieuse, Sheva explique avoir décidé de profiter de ce temps pour raconter “son” Israël. Elle évoque le 7 octobre 2023, l’attaque du Hamas contre Israël, et le massacre du festival de musique Nova près de Re’im, où des centaines de jeunes ont été tués et des dizaines pris en otage. Elle confie qu’elle a perdu trois amies ce jour-là. L’échange reste tendu, mais elle veut montrer au chauffeur la réalité vécue de son côté.
Ce face-à-face dans un taxi parisien illustre la façon dont le conflit dépasse aujourd’hui les frontières du Moyen-Orient. Depuis le 7 octobre, de nombreux Israéliens et Juifs en Europe décrivent un climat d’insécurité croissant. En France, les actes antisémites ont été multipliés par quatre en 2023 par rapport à 2022, et près de 1 600 incidents ont encore été recensés en 2024, des chiffres sans précédent récent. Pour certains, chaque rencontre fortuite peut devenir source de malaise, voire de peur.
Parallèlement, plusieurs études soulignent que l’Europe, et la France en particulier, ont servi de base à des réseaux liés au Hezbollah, actifs dans la levée de fonds, le blanchiment d’argent et la propagande. Ces éléments nourrissent les interrogations sur la capacité des autorités à suivre ces structures, mais aussi sur la vulnérabilité d’espaces du quotidien comme les transports urbains ou les plateformes de VTC.
La course de Sheva s’achève sans incident. Arrivées à destination, les deux jeunes femmes paient, et le chauffeur leur propose son numéro de téléphone pour de futurs trajets. Elles lui laissent un faux numéro, signe que la peur n’a pas disparu malgré un ton redevenu plus calme. De retour chez elle, l’étudiante choisit de témoigner auprès des médias israéliens. Son récit ne résout pas les dilemmes de sécurité ou de coexistence, mais il rappelle que, pour beaucoup d’Israéliens à l’étranger, le conflit n’est jamais très loin : il peut surgir au détour d’une simple course en taxi.
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