Le nombre de limitations de puissance ou de coupures d’électricité décidées en raison de factures impayées a baissé en 2025 (-3,7 %). Mais son nombre reste très élevé. « En 2025, 1,2 million d’interventions pour impayés ont été mises en œuvre à la demande des fournisseurs de gaz et d’électricité » en raison de factures non honorées, évoque, ce mardi, le médiateur national de l’énergie.
Cette autorité publique indépendante a pour mission d’informer les consommateurs et de proposer des solutions amiables aux litiges avec les entreprises du secteur. Elle entend par « interventions » des limitations de puissance en électricité, des coupures d’électricité ou d’approvisionnement en gaz.
Elles ont augmenté de 79 % par rapport à 2019, dernière année avant le Covid-19. Après la pandémie, la reprise de l’activité économique, puis le déclenchement de la guerre en Ukraine, avaient entraîné un bond des coûts énergétiques dans le monde. Et dans une moindre mesure en France, grâce au mécanisme de « bouclier tarifaire ».
Pour recouvrer des impayés, la mesure privilégiée est la réduction de puissance, plus « simple à mettre en œuvre car téléopérée » à distance, et « plus supportable pour les foyers » que la stricte coupure de courant. Ces réductions de puissance ont été multipliées par 3,5 depuis 2019 tandis que les coupures d’électricité ont, elles, baissé de 48,7 %. Le nombre de coupures a baissé également entre 2024 et 2025, de 30 %.
« Augmentation continue de la précarité énergétique »
Le médiateur Bernard Doroszczuk se réjouit du fait que « les fournisseurs d’électricité ont été plus enclins à satisfaire » sa demande et celle de « nombreuses associations » de « ne plus couper l’électricité chez leurs clients ».
Face à « l’augmentation continue de la précarité énergétique, il réitère son appel à interdire les coupures d’électricité ». Il préconise que « le chèque énergie soit attribué à l’ensemble des ménages à partir d’un seul critère, à savoir le revenu fiscal de référence, rapporté au nombre d’unités de consommation, inférieur à un seuil déterminé ».
Hausse des prix de l’énergie
En octobre, le médiateur avait publié un baromètre selon lequel plus du tiers des foyers français (36 %) déclarent avoir peiné à payer certaines factures de gaz ou d’électricité ces douze derniers mois. Un taux inédit, sur fond de hausse des prix de l’énergie. Ces difficultés de paiement concernaient 28 % des foyers en 2024 et 18 % des foyers en 2020.
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