Dunkerque-Gaza : une goutte d’eau…, encore de trop ?
par Jean-Marc Alcalay
Une histoire d’amour !
La ville de Dunkerque et la communauté urbaine qui regroupe 18 communes sont depuis le 2 avril 1996, jumelées avec la ville de Gaza. On ne sait pas si c’est l’une ou l’autre ou les deux, qui sont jumelées, car le flou demeure. À l’époque, c’est Michel Delebarre, maire socialiste façon vieille gauche qui en prend l’initiative. Cerise sur le gâteau, un an et demi après, le 15 septembre 1997, il jumelle la ville ou la CUD avec la ville israélienne de Ramat Ha-Sharon, mais ça, c’est pour la façade, car il ne se passera jamais rien avec cette ville. Il n’a alors que de regards amoureux pour les Palestiniens et leur leader de l’époque Yasser Arafat. À ce moment-là, cette gauche dunkerquoise surannée qui sent encore la naphtaline des années 60, continue d’adorer les mouvements tiers-mondistes et les révolutionnaires guévaristes. Cette gauche dunkerquoise adule tellement les Palestiniens qu’elle va même jusqu’à construire une bibliothèque à Gaza-ville qui d’ailleurs n’accueille que des livres passés par l’Egypte et censurés au passage, ainsi qu’un parc urbain appelé peut-être Dunkerque. Toujours est-il que bien des proches de Michel Delebarre, pro-palestiniens ou pas, profitent alors de l’aubaine pour faire des allers-retours entre Gaza et Dunkerque, des valises parfois pleines d’aides financières « humanitaires », soutenus alors par l’association Dunkerque Gaza qui sévit encore de nos jours dans la ville. Tous ces gens se gardent bien de loger à Gaza. Ils préfèrent Israël où l’on dort plus tranquillement et où l’on mange beaucoup mieux. Pire, à l’époque, certains élus comparent même les bombardements de Dunkerque par l’aviation allemande en mai 1940 à ceux opérés par l’aviation israélienne à Gaza.
Pulsions paranoïaques !
Le tour de passe-passe rhétorique veut alors renverser le sens de l’histoire en faisant des Palestiniens de cette époque-là, les Juifs d’avant, et les Israéliens d’alors, les nazis d’hier. Essai transformé depuis le massacres commis par le Hamas le 7 octobre et après, par LFI et ses sbires, écologistes, communistes, socialistes, féministes trotskystes en accusant Israël d’État génocidaire. Procédé paranoïaque qui consiste à retourner la pulsion en son contraire en la projetant sur l’autre, l’accusant de crimes, pour qu’ LFI et les autres puissent alors dédouaner le Hamas de sa propre pulsion génocidaire, du style : « ce n’est pas le Hamas le coupable, c’est l’autre, Israël ! Le Hamas n’est qu’un mouvement de Résistants à l’occupation israélienne et Israël est le génocidaire… » On connaît que trop la chanson ! Alors LFI, le Hamas et les autres, innocents les mains pleines ! Michel Delebarre disait avoir connu le plus beau jour de sa vie même si Arafat l’avait fait poiroter 4 heures avant de consentir à le recevoir… Il faut alors peu de chose au maire de Dunkerque et président de la CUD pour se sentir heureux et comblé. Michel Delebarre, cumulard socialiste avec plus de 40 mandats était au fond un homme simple !
Un Hamas Blanchi au-dessus de tout soupçon
Depuis cette époque bénie pour la gauche dunkerquoise et les Palestiniens, les temps ont un peu changé. Yasser Arafat est mort en 2004 et Michel Delebarre, jamais remis de sa défaite aux municipales de 2014 s’est éteint en 2022. Paix à son âme. Patrice Vergriete, socialiste pendant 12 ans sous Michel Delebarre s’est levé contre son mentor et lui a ravi la place en 2014. Depuis il est devenu divers gauche, puis ministre éphémère (2024-2024) sous Macron avant de reprendre sa place de maire et de se représenter en 2026. Depuis sa première élection il y a 12 ans, il avait mis en sourdine les amours dunkerquoises avec Gaza, bien que les pro-palestiniens de la ville et de la CUD n’aient jamais baissé les bras. Il y a encore quelques mois, même après le 7 octobre 2023, une douzaine de pelés s’agitaient encore sur la place principale de la ville avec femmes voilées et autres, dénonçant bien sûr les crimes israéliens… Mais pas de condamnations des crimes du Hamas par la ville ou la CUD. Pas de condamnations non plus du terrorisme palestinien, ni de soutien à la ville « jumelée » avec Dunkerque, de Ramat Ha-Sharon lors de l’attentat du 27 octobre 2024 quand un camion a percuté des passants et a fait un mort et 35 blessés dont 6 dans un état grave. Silence assourdissant de la ville et de la CUD !
Une goutte d’eau ?
Puis, cette année, élections 2026 obligent, la CUD, pour s’allier aux élections municipales, communistes, écologistes, socialistes, tous antisionistes, sinon antisémites, a voté en novembre 2025 l’octroi d’une somme de 10 000 euros pour les civils gazaouis en passant par l’association Cités Unies France, elle-même travaillant avec deux ONG qui approvisionnent en eau les civils gazaouis. Une goutte d’eau me direz-vous ! Mais difficile de savoir d’ailleurs à qui va l’argent puisque des civils gazaouis ont participé aux massacres d’israéliens le 7 octobre, puisque d’autres ont emprisonné des otages, puisque d’autres encore sont affiliés au Hamas ou à d’autres groupes terroristes, ou, ont dans leur famille et leurs proches des membres affiliés à ces groupes terroristes. Même l’ONU dit ne pas savoir si ses aides vont aux civils gazaouis sans qu’ils aient du sang sur les mains, ou sans savoir si ses aides sont confisquées par le Hamas. Une goutte d’eau disais-je mais quand ces 10 000 euros sont multipliés par 20, puisqu’une vingtaine d’autres villes associées à Cités Unis ont contribué à cette aide, dont Lille, jumelée sous Martine Aubry avec Naplouse. Il est légitime de nous poser la question, mais on nous rassure, comme l’ONU et l’UNRWA nous rassuraient encore. Aucune aide ne va au Hamas ! Nous voudrions bien y croire. Affaire à suivre…
Jean-Marc Alcalay
Jean-Marc Alcalay est psychologue clinicien, formé à la psychanalyse. Il vit à Dunkerque et y travaillait jusqu’ à sa retraite. Il a écrit plus de trois cents articles.
Il a écrit un premier livre sur les liens qu’avait André Malraux avec Dunkerque : André Malraux et Dunkerque, une filiation (Société Dunkerquoise d’Histoire et d’Archéologie,1996), puis en 2007, La plume et le fusil (Ysec Éditions) toujours Dunkerque, la guerre, les écrivains, puis encore en 2012, à propos d’un autre écrivain qui lui tient à cœur, Marguerite Duras, publié à Jérusalem, en français, où il a fait deux conférences. Son titre : MD la juive, les écritures juives de Marguerite Duras, diffusé en France et publié aux Éditions Elkana en 2012. Son quatrième livre, intitulé Lé-haim, A la vie, Israël 1948, est paru en septembre 2014 aux Éditons Ysec. Un cinquième livre publié en 2021 ( א Éditions- diffusé sur Amazon) intitulé : Histoire des combattants juifs de la Brigade Blindée Indépendante Tchécoslovaque, Dunkerque 1944-1945, puis a coordonné l’édition en 2023 d’un livre collectif sur le sculpteur Herzi, intitulé : Herzi, Chrysalides des ombres/sculpter un Mémorial de la Shoah, Collection Molda, Éditions Jacques Flament.
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