«Ce n’est pas Instagram ». Sarah Lopez, influenceuse révélée dans Secret Story, répond à celles et ceux qui minimisent ou critiquent la situation à Dubaï. Comme tous les pays du Golfe, la cité-Etat subit depuis ce samedi les frappes iraniennes en riposte à l’attaque israélo-américaine, semant la panique au sein de l’importante communauté d’influenceurs qui y est installée depuis plusieurs années. « Ne vous réjouissez jamais de l’angoisse de quelqu’un. Un peu d’humanité ne coûte rien », ajoute la jeune femme.
Sarah Lopez fait partie des nombreux influenceurs venus vivre à Dubaï pour la qualité de vie, entre luxe et sécurité, qu’ils estimaient ne plus trouver un France. Mais les sempiternels clichés de restaurants de luxe, sacs griffés et autres centres commerciaux grandioses ont laissé place depuis quarante-huit heures à des photos et vidéos de missiles et de drones. Des frappes qui ont, dans un premier temps, induit panique, confusion et terreur, au point d’en pousser certains, comme Maeva Ghennam, à demander la protection du gouvernement français.
Du rêve à la réalité
Comme beaucoup d’influenceurs, la brune de 28 ans révélée dans Les Marseillais s’est montrée démunie face à la vague de missiles et de drones envoyés depuis Téhéran. Dans une story postée sur Instagram, elle immortalise l’une de ces frappes interceptée dans le ciel de Dubaï, juste au-dessus de sa maison. « Le bruit était encore plus fort que les autres fois. Oh non, j’ai trop peur », déclare l’influenceuse en pleurs avant de dire qu’elle va quitter sa maison. Kamila, Milla Jasmine, Fidji, Laura Lempika, Benjamin Samat ou Yousra Lkh, d’anciens candidats de téléréalité pour la plupart, ont tous partagé leurs inquiétudes et leur détresse dès samedi, craignant pour leur vie et celle de leurs proches.
Installés aux Emirats arabes unis depuis plusieurs années, Manon et Julien Tanti, couple emblématique des Marseillais, n’étaient eux pas sur place au moment des frappes. Partis en tournage en Thaïlande juste avant la fermeture de l’espace aérien émirien, ils ont fait demi-tour et tout tenté pour rejoindre leurs enfants restés à Dubaï. « Une priorité », comme l’a souligné la mère de famille qui a filmé cette épopée nocturne. Le couple s’est d’abord envolé pour Oman, puis a fait plus de quatre heures de route pour rejoindre la frontière, et enfin deux heures de plus pour accéder au centre de Dubaï. « Mes enfants, ma vie, c’est tout ce qui compte », a conclu Manon Tanti à son arrivée dans la capitale sans encombre.
« Nous avons choisi ce pays et nous le soutenons »
Mais ces réactions à chaud ont progressivement cédé leur place à des messages plus lisses, et plus rassurants, suivant le ton donné par les autorités. Chacun y allant de son post pour dire qu’il se sentait parfaitement protégé par les autorités dubaïotes. « Les Emirats gèrent la situation avec énormément de sérieux et de précision. Dubaï est un pays extrêmement sécurisé et nous nous sentons protégés », a rassuré Jessica Thivenin.
Authorities have confirmed that sounds heard in various areas of Dubai are the result of air defence interception operations. Relevant teams continue to monitor the situation and take all necessary measures to ensure public safety. The public is urged to rely solely on official…
— Dubai Media Office (@DXBMediaOffice) March 1, 2026
Maeva Ghennam s’est elle adressée à ceux « qui se réjouissent de la situation », indiquant se sentir en sécurité et protégée malgré la peur. Certains influenceurs, comme Thibault Garcia et Laura Lempika, ont eux simplement partagé un cliché ponctué du message « Nous avons choisi ce pays et nous le soutenons ».
Il faut dire que s’ils sont soutenus par la plupart de leurs abonnés, ces Dubaïotes d’adoption essuient aussi de nombreuses critiques et railleries, et ce malgré le caractère dramatique de la situation. Le revers de la médaille, comme n’hésite pas à le dire une poignée de détracteurs en commentaires. Sur X, Tibo InShape a ouvertement taclé les principaux concernés : « Les influenceurs de Dubaï, finalement on est bien en France, n’est ce pas ? ». Une publication qui a enflammé les réseaux sociaux, fait vriller les principaux concernés, et qu’il a finalement nuancée : « La situation reste bien sûr tragique et une pensée pour toutes les personnes présentes ou bloquées sur place ».
« La vie continue », les placements de produits aussi
Ce lundi, le ton a encore évolué sur les réseaux sociaux. D’une seule et même voix, les influenceurs clament désormais haut et fort que la vie continue à Dubaï. Benjamin Samat a notamment fait savoir qu’en dehors des écoles fermées, tout était (quasi) normal. Même constat pour Jessica Thivenin qui affirme que « tout va bien » et que « [s] a petite vie continue ». Et d’autres, comme Sarah Lopez, Maeva Ghennam ou Yousra Lkh, continuent même à promouvoir çà et là des huiles anti-cellulite, des sérums capillaires ou des parfums de lessive. « On continue à vivre. On continue à travailler, parce que la peur ne doit pas arrêter une vie », a justifié Sarah Lopez.
Face aux critiques et à la belle vitrine que représentent ces influenceurs pour Dubaï, il reste difficile de connaître leurs véritables ressentis et aspirations pour les jours à venir. L’ambassade de France aux Emirats arabes unis leur conseille pour le moment « de suivre strictement les consignes diffusées par les autorités locales », l’espace aérien demeurant fermé. Dans le même temps, le gouvernement s’est dit prêt à évacuer les ressortissants français présents dans la zone exposée à ces frappes « quand la situation le permettra ». De quoi leur ouvrir une porte…
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