Des synagogues visées par une campagne d’extorsion
À la veille du Nouvel An, plusieurs synagogues réparties sur le territoire américain ont été confrontées à une vague coordonnée de menaces d’attentat à la bombe, accompagnées d’exigences de rançon en cryptomonnaie. Derrière ces messages alarmants, un objectif clair : semer la peur au sein des communautés juives tout en tentant une extorsion financière via des adresses Bitcoin difficilement traçables.
Selon les informations communiquées par des responsables communautaires, des forces de l’ordre et des médias locaux, au moins six synagogues ont reçu des courriels détaillant la présence supposée d’un engin explosif dissimulé à proximité de leurs bâtiments. Les auteurs affirmaient pouvoir neutraliser la bombe contre paiement, tout en utilisant un langage volontairement brutal et intimidant, mêlant menaces physiques et discours idéologiques. Les messages prétendaient notamment que l’explosion ferait peu de dégâts matériels mais pourrait provoquer des victimes humaines, renforçant ainsi l’effet psychologique recherché.
Une société israélienne spécialisée dans la surveillance des transactions en cryptomonnaies a rapidement relevé des similitudes troublantes avec une série de fausses alertes à la bombe survenues en 2018 aux États-Unis. Le format des courriels, le vocabulaire employé et même la réutilisation d’un portefeuille Bitcoin déjà identifié à l’époque suggèrent fortement une opération d’imitation plutôt qu’une menace réelle. En 2018, ces campagnes visaient principalement des entreprises ; cette fois, les institutions juives semblent avoir été délibérément choisies comme cibles.
Parmi les incidents recensés, une synagogue de Maui, à Hawaï, a confirmé avoir reçu un courriel frauduleux évoquant la présence d’un explosif. Les forces de police locales ont procédé à une fouille complète des lieux sans découvrir d’engin. Dans un communiqué, la congrégation a souligné que, même si la menace n’était pas crédible sur le plan matériel, la peur suscitée était, elle, bien réelle. Des responsables communautaires ont insisté sur l’impact émotionnel de ce type de messages, en particulier sur les familles et les enfants, rappelant que l’antisémitisme demeure une réalité concrète aux États-Unis.
D’autres cas ont été signalés en Floride et dans l’Ohio, où des synagogues ont reçu des courriels quasiment identiques, exigeant des paiements en Bitcoin et avertissant contre toute intervention policière. À chaque fois, les autorités ont confirmé l’absence de danger immédiat, tout en ouvrant des enquêtes pour identifier les auteurs. Les fédérations juives locales ont dénoncé des actes d’intimidation visant à perturber non seulement les communautés juives, mais l’ensemble du tissu social.
Face à cette situation, plusieurs institutions ont annoncé un renforcement de leurs dispositifs de sécurité, notamment par l’installation de caméras supplémentaires et la recherche de financements publics dédiés à la protection des lieux de culte. Les responsables communautaires affirment toutefois leur volonté de rester ouverts et accueillants, refusant que la peur dicte leur fonctionnement quotidien.
Les experts en cybersécurité estiment que ce type de campagne repose davantage sur la manipulation psychologique que sur une capacité opérationnelle réelle. La réutilisation d’anciens portefeuilles Bitcoin et de scénarios déjà connus tend à démontrer une stratégie d’intimidation bien rodée, mais peu crédible sur le plan technique. Reste que ces menaces, même fictives, rappellent la vulnérabilité persistante des institutions religieuses et la nécessité d’une vigilance constante, tant sur le plan physique que numérique.
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