Un guide suprême fantôme, entre vie et disparition
L’Iran traverse une crise interne majeure, bien au-delà de la confrontation militaire extérieure. Au sommet de l’État, le pouvoir semble paralysé. Nommé il y a seulement quelques jours après l’élimination de son père, Mojtaba Khamenei est aujourd’hui incapable d’exercer une autorité réelle sur les appareils sécuritaires du régime.
Gravement blessé lors d’une frappe aérienne israélienne le 28 février, il est hospitalisé dans une aile fortifiée de l’hôpital universitaire Sina à Téhéran, transformée de facto en quartier général militaire.
Son état exact demeure incertain, mais tout indique une incapacité à gouverner : ses messages sont diffusés par écrit ou lus par des présentateurs, alimentant les spéculations sur une condition physique critique, voire irréversible.
Certaines sources évoquent même une évacuation secrète hors du territoire iranien pour recevoir des soins, ce qui renforcerait l’idée d’un pouvoir désormais totalement déconnecté de son titulaire officiel.
Une chaîne de commandement brisée
L’absence du guide suprême a provoqué un désordre inédit dans les cercles décisionnels. Officiellement en fonction, Mojtaba Khamenei ne dirige rien. Sur le terrain, les décisions militaires s’enchaînent sans coordination centrale.
Cette désorganisation est aggravée par l’élimination simultanée de deux figures clés du régime : Ali Larijani, pivot entre politique et sécurité, et Gholam Reza Soleimani, commandant des Bassidj. Leur disparition a laissé un vide stratégique au sommet de l’appareil iranien.
Un responsable du renseignement résume la situation en des termes sans ambiguïté : l’Iran fonctionne désormais « en pilotage automatique », sans personne pour fixer une ligne ou imposer un cap.
Les Gardiens de la révolution prennent la main.
Dans ce vide, les différentes factions des Gardiens de la révolution agissent de manière autonome. Des généraux autorisent des frappes massives sans validation politique, révélant une fragmentation du pouvoir militaire.
Le président Massoud Pezeshkian tente de maintenir une forme d’ordre, mais il est largement ignoré par l’appareil sécuritaire, qui ne reconnaît plus son autorité. Parallèlement, des structures censées disparaître après la nomination du guide suprême continuent d’exercer un contrôle sur le renseignement, créant une double chaîne de commandement instable et dangereuse.
Un régime sous tension maximale.
Cette désagrégation interne inquiète fortement les capitales occidentales. Un régime privé de centre décisionnel clair devient, par définition, plus imprévisible et potentiellement plus violent. Les récentes attaques contre des infrastructures énergétiques dans le Golfe illustrent déjà cette dérive.
Même au sommet de l’État iranien, le malaise est palpable : selon des échanges rapportés, le président lui-même reconnaît être totalement exclu des décisions stratégiques, dénonçant un chaos sécuritaire et une perte de contrôle manifeste.
Un pouvoir au bord de la rupture
Plus l’absence de Mojtaba Khamenei se prolonge, plus la pression interne s’intensifie. Le régime des mollahs apparaît fragilisé comme rarement, exposé à deux risques majeurs : une implosion interne ou une prise de pouvoir totale par les Gardiens de la révolution.
Dans ce contexte, la guerre contre Israël et les États-Unis n’est plus qu’un front parmi d’autres. Le véritable enjeu se joue désormais à Téhéran : la survie même d’un système privé de leader opérationnel au moment le plus critique de son histoire.
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